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Chers aventuriers égarés, bienvenus dans mon royaume souterrain où le Chaos, les Ténèbres et la Folie sont les seuls maîtres à bord ...

10 Sep

" MAGICIEN " 1. L'Apprenti, de Raymond E. Feist, (1982) 2005

Publié par Benedict Mitchell  - Catégories :  #Alcôves

La seconde édition de Bragelonne de 2015 (de la Collection " Bragelonne Stars "), un véritable plaisir tactile et visuel !

La seconde édition de Bragelonne de 2015 (de la Collection " Bragelonne Stars "), un véritable plaisir tactile et visuel !

Après avoir découvert le grand Raymond E. Feist dans " Faërie ", je décide d'entrer dans le vif du sujet, car l'auteur (l'un des plus gros vendeurs de Fantasy) est réputé pour ces différents cycles qui ont tous pour point commun de s'ancrer dans le même univers, d'une richesse incroyable, celui de Midkemia. Et comme il est important, lorsqu'on a affaire à des cycles et des sagas qui s'entremêlent les unes avec les autres, de respecter une certaine chronologie : je commence donc par le début avec le 1er tome de LA GUERRE DE LA FAILLE, qui s'intitule " Le Magicien " et qui se découpe en deux autres tomes, dont le premier est L'Apprenti (suivi de Le Mage).

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Pug, un jeune orphelin, vint un jour du royaume des Isles.

Il devint l'apprenti du maître magicien de la cour de Crydee, sur les terres de Krondor. Son courage lui valut une place à la cour et le cœur d'une adorable princesse, mais l'approche traditionnelle de la magie ne le satisfaisait pas.

C'était avant que n'éclate la Guerre de la Faille avec l'invasion d'un étrange peuple de guerriers surgi d'un empire lointain. Alors, celui qu'on appelait Pug dut faire face à son véritable destin. Le jour viendrait où il détiendrait le sort de deux mondes entre ses mains.

Un petit aperçu de la cité portuaire de Crydee (et de son château imprenable !)

Un petit aperçu de la cité portuaire de Crydee (et de son château imprenable !)

Alors dans bon nombre de cycles, il faut d'abord se familiariser avec l'univers de l'œuvre dans le premier tome, d'où généralement certaines longueurs, notamment introductives. Bon, ça peut passer pour un jugement quelque peu hâtif (car je n'ai lu, pour l'heure, que 2 livres de Feist) mais j'ai l'impression qu'une nette tendance aux longueurs inutiles sembleraient être la spécialité de l'auteur. J'avais trouvé, par exemple, que dans Faërie, les 200 premières pages étaient d'un ennui monumental et qu'il fallait vraiment s'accrocher pour être subjugué par le seconde partie. En effet, il aurait été dommage d'abandonner en cours de route...

Pour L'Apprenti, c'est un peu le même constat. La première moitié du livre est " classique ". Pug, un jeune orphelin qui travaille dur à la cour du château, rêve de son avenir. Vient le jour où tous les jeunes adolescents de son âge doivent trouver une formation, en fonction de leurs compétences, et qui déterminera leurs carrières futures, ainsi que leurs perspectives d'évolution sociale. Mais Pug est le laissé pour compte... heureusement pour lui, quelques temps plus tôt, il avait fait la rencontre de Kulgan, le maître-magicien du duc de Crydee, qui avait décelé chez le jeune garçon des facultés très particulières...

Dans cette première partie, qui nous narre un peu le quotidien de Pug et son apprentissage du monde de la magie, on s'ennuie, oui, avec les péripéties hormonales liées à l'adolescence et à la jeune princesse Carline, dont notre héros s'éprend très vite (et qui n'est pas forcément réciproque au début). Ce n'est que lorsqu'un étrange navire échoue à deux pas du château que les choses se mettent enfin en marche. Bon, certes, il faudra encore se montrer patient, car notre héros accompagnera le duc et toute sa clique armée à l'autre bout du royaume, vers Rillanon, la cité du roi, afin de prévenir le monde du danger que représente la présence d'envahisseurs énigmatiques... venus d'on ne sait où !

D'autre part, le roman est aussi construit d'une manière un peu originale. Je m'attendais à suivre la formation de l'apprenti magicien et en fait l'auteur a la bonne idée d'accélérer le temps, pour se concentrer uniquement sur les moments clés de l'histoire, et plus particulièrement des débuts de la Guerre de la Faille.

Midkemia

Midkemia

Kelewan, terre d'origine des envahisseurs Tsurani (ça a l'air d'être bien le bordel là-bas, rien qu'à voir la carte !)

Kelewan, terre d'origine des envahisseurs Tsurani (ça a l'air d'être bien le bordel là-bas, rien qu'à voir la carte !)

Raymond Feist nous présente assez largement l'univers de Midkemia dans ce premier tome introductif. Si l'action principale se passe dans le duché de Crydee, situé sur la Côte Ouest, nous allons quand même parcourir tout le territoire avec Pug et ses compagnons pour découvrir les peuples des Nains, des Elfes " sylvestres " d'Elvandar, de leurs frères ténébreux : les Frères des Ténèbres ou Moredhels (des elfes noirs), les gobelins mais aussi d'autres créatures inconnues venues avec l'envahisseur Tsurani. La magie, au début du roman, n'est pas très présente. On se demande même en quoi Kulgan est-il un maître magicien car il ne fait pas vraiment étalage de ses capacités, et même quand le moment se présente, il n'y a vraiment pas de quoi casser 3 pattes à un canard. Pour Pug, c'est différend. Le gamin ressent la magie presque instinctivement. La théorie le perd plus qu'elle ne le perfectionne, et très vite on se rend compte que cet apprenti sera sans conteste promis à un destin extraordinaire (une intuition), de même que la Guerre de la Faille n'en est qu'à ses balbutiements.

Sans surprise, beaucoup de questions nous submergent à la fin de la lecture de ce premier tome (que j'ai pris le temps de lire, une fois n'est pas coutume). Bon j'avoue, je n'ai pas ressenti cette ivresse enivrante, cette envie dévorante de m'approprier le livre, d'en consumer son histoire, son univers. J'ai quand même acheté le second tome, Le Mage, avec le fol espoir d'en apprendre plus sur Pug. Car une centaine de pages avant la fin, Pug disparaît de la narration alors qu'il est en fâcheuse posture. Et puis, chez les Tsurani, c'est un peu le bordel niveau organisation. On en sait pas grand chose d'eux, on devine ce qui semble être leur principale motivation pour l'invasion de Midkemia mais sans plus. En tout cas ils ont l'air très énigmatiques et on crève même d'en apprendre plus sur leur histoire, sur le pourquoi du comment, quoi !

Les personnages un peu niais évoluent aussi au cours du roman, certains même un peu trop. Je pense à Tomas, le meilleur ami de Pug qui va vivre sa propre destinée en compagnie des nains, et qui évoluera considérablement après s'être lié d'amitié avec un dragon mourant...

La princesse Carline, heureusement, évolue elle aussi en bien, devenant moins " précieuse " et plus courageuse. Hé oui, la guerre, la séparation, l'âpreté de la vie ça peut vous changer une princesse nombriliste !! Si ! Si !

Une représentation de Pug (Marvelisé, certes...)

Une représentation de Pug (Marvelisé, certes...)

< EXTRAITS >

" Le chemin tournait en suivant la courbure. Quand ils s'avancèrent dessus, ils furent accueillis par un spectacle à couper le souffle. Au beau milieu de la caverne se trouvait une gigantesque cascade qui tombait d'une formidable langue de pierre suspendue dans le vide. Elle se déversait une centaine de mètres au-dessus d'eux, allant s'écraser contre la paroi d'en face pour se faire engloutir par ses ténèbres souterraines. Elle emplissait la caverne de tels échos que l'on n'entendait même plus le bruit de l'eau en bas, à tel point que nul n'aurait pu en estimer la profondeur réelle. A travers la cascade dansaient des lumières colorées qui semblaient briller d'un feu interne. Des rouges, des ors, des verts, des bleus et des jaunes scintillaient dans la blancheur de l'écume, glissant le long du mur, lançant de brefs et intenses éclats lorsque l'eau frappait la pierre, créant une féerie de couleurs dans les ténèbres. "

(...)

" Un soldat doit garder la tête froide tout le temps s'il ne veut pas la perdre. "

(...)

" - Je suis honoré, Votre Grâce, bégaya Pug. Je ne sais que dire.
- Alors ne dis rien, Pug, Tu auras l'air d'un sage quand tous les autres s'agitent
. "

(...)

" Le dragon ferma les yeux un moment, puis les rouvrit et les fixa sur Dolgan.

- Sache, Nain, que les choses n'ont pas toujours été telles qu'elles le sont maintenant. Ton peuple est ancien, mais le mien est le plus ancien de tous, à l'exception d'un seul. Nous étions là avant les Elfes et les Moredhels. Nous servions ceux dont les noms ne doivent pas être prononcés et nous étions heureux.

- Les Seigneurs Dragons ?

- C'est ainsi que vous les nommez dans vos légendes. C'étaient nos maîtres et nous étions leurs serviteurs, tout comme les Elfes et les Moredhels. Quand ils ont quitté ces terres, pour un voyage qui dépasse l'imagination, nous sommes devenus le plus puissant des peuples libres, avant même la venue des Nains et des Humains. Nous régnions sur les cieux et sur toutes choses, car nous étions plus puissants que les autres.

Il y a des millénaires de cela, les hommes et les Nains ont atteint nos montagnes. Pendant un temps nous vécûmes en paix. Mais les choses changèrent et il y eut des dissensions. Les Elfes chassèrent les Moredhels de la forêt que l'on nomme maintenant Elvandar et les hommes et les Nains se tournèrent contre les dragons.

Nous étions puissants, mais les Humains sont comme les arbres de la forêt, ils sont innombrables. Lentement, mon peuple dut s'enfuir vers le sud. Je suis le dernier des miens à vivre dans ces montagnes. Je vis ici depuis des milliers d'années, car je me refuse à quitter mon foyer.

Grâce à la magie, j'ai réussi à renvoyer ceux qui cherchaient ces trésors et à tuer ceux dont les arts pouvaient lutter contre mes charmes d'oubli. Mais j'ai fini par être écœuré de toutes ces morts et me suis juré de ne plus prendre de vie, même lorsqu'elles sont aussi ignobles que celles des Moredhels. C'est pour cela que j'ai renvoyé ces gens-là au loin et c'est pour cela que j'ai aidé ce garçon, car il ne méritait pas qu'on lui fasse du mal. "

Pug, l'apprenti magicien, en pleine démonstration...

Pug, l'apprenti magicien, en pleine démonstration...

MA NOTE : 3/5

Une introduction qui tient ses promesses...

Pour moi, la lecture du premier tome de LA GUERRE DE LA FAILLE, décrite comme " un classique absolu et un best-seller international " n'a pas été vraiment transcendante.

Néanmoins, ça reste un récit bien structuré, bien écrit, quoique parfois un peu niais et convenu, sans doute très stéréotypé " Fantasy " avec dragons, gobelins, nains, elfes (sylvains et noirs), magiciens, le tout dans un univers médiéval-fantastique. Certes, il faut le resituer dans son contexte et sa date de publication initiale : 1982. À l'époque c'était novateur, très certainement.

Alors je ne peux pas vous dire que j'ai adoré, ni que j'ai détesté, d'où la note moyenne qui est la mienne, et qui je l'espère, évoluera avec le prochain tome.

L'univers de Krondor est très riche, et d'autres récits (à d'autres époques) m'attendent, aussi j'espère vraiment une nette évolution qualitative.

Par contre, mention spéciale à Raymond Feist pour les actes de barbarie infligés aux animaux (en particulier les chevaux) ! J'ai jamais vu autant de chevaux tués violemment (et je parle pas des furets, des ânes etc..) dans un seul & même roman ! Chapeau !! Mieux vaut ne pas être trop sensible de la cause animale car vous risquez d'insulter copieusement l'auteur de ce livre. Oui, je sais, la guerre nous pousse à préserver notre instinct de survie au détriment des autres espèces animales, mais pousser les chevaux jusqu'à épuisement... J'aime clairement pas !

Quand à ce cher Pug, le héros du cycle de LA GUERRE DE LA FAILLE, il ne m'a pas enchanté plus que ça. Oui un pauvre petit orphelin dont les origines nous seront peut-être révélées plus tard, qui réussit à force de bravoure et d'une complète abnégation à se hisser à un statut social supérieur que celui qui est le siens au début du récit. Je ne sais pas si ça tient au fait qu'il ne soit au fond qu'un gamin, mais j'espère que le Pug adulte sera plus " badass " !

Le mot de la fin : une affaire à suivre !

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