Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Chers aventuriers égarés, bienvenus dans mon royaume souterrain où le Chaos, les Ténèbres et la Folie sont les seuls maîtres à bord ...

31 Jul

" Entropia " (Cycle AUTRE-MONDE Tome 4), Maxime Chattam, 2011

Publié par Benedict Mitchell  - Catégories :  #alcôves

" Entropia " (Cycle AUTRE-MONDE Tome 4), Maxime Chattam, 2011

" La Guerre est finie. Entre Pans et Cyniks, condamnés à s'entendre, l'équilibre reste fragile. Au nord d'Eden apparaissent un impénétrable brouillard et ses cohortes de monstres.

La Grande Tempête qui a balayé l'Amérique reviendrait-elle détruire la nouvelle civilisation que les Pans tentent de créer ?

L'Alliance des Trois pourra-t-elle s'opposer à la menace d'Entropia, royaume du chaos et de la mort ?

Autre-Monde est loin d'avoir livré tous ses secrets... "

" Entropia " (Cycle AUTRE-MONDE Tome 4), Maxime Chattam, 2011

Le second cycle d'Autre-Monde laisserait presque présager des temps de paix, étant donné que la guerre qui opposait les Pans aux Cyniks/Gloutons est terminée et que les deux clans collaborent désormais, bien que de manière un peu forcée (pour une partie d'entre eux).

Dès le prologue, on réalise qu'une nouvelle menace, pire encore que celle des Cyniks ou même feu le Raupéroden, est sur le point de déferler sur le territoire d'Eden, en provenance du Nord.

Même Eden, la ville fortifiée et paisible des Pans voit sa sécurité sérieusement compromise un an jour pour jour après la Tempête qui a fait de l'Ancien Monde cet Autre-Monde. Un être pire que tout ce que nos héros ont pu affronter jusque-là les attaque chez eux, l'incarnation même de la Mort, capable de relever les morts et qui semblerait bien être invincible (et pas seule)... le Tourmenteur.

Matt va très vite se mettre à penser que le tourmenteur n'est autre qu'un Raupéroden bis... et imaginer être la cible de ce nouveau monstre. Peut-être se trompe-t-il ? Certaines choses auraient pu lui échapper ?

Ambre, nouvelle égérie des Pans, considérée même par certains comme une divinité, porte en elle une énergie incommensurable, le Cœur de la Terre. La guerre d'il y a quelques mois a laissé des traces, les altérations des Pans s'étant renforcées. Une source de pouvoir qui n'est pas sans attirer une certaine convoitise - à la fois chez un certain Buveur d'Innocence, qu'il a fallut nommer ambassadeur de la nouvelle alliance, mais aussi chez une nouvelle menace qui vient tout droit du nord, l'Entropie : Entropia.

L'entropie, par définition, a trait à l'état de désordre d'un système. Autrement dit, c'est le chaos.

Tout au long du livre, de nombreuses similitudes semblent exister entre Entropia et la Tempête du 26 décembre, d'il y a un an. Des éclairs tentaculaires et griffus rouges et bleus qui vaporisent ce que bon leur semble, faisant fuir la faune, dissimulée derrière un énorme mur de brumes laiteuses qui dissimulent bien des horreurs, des abominations, des mutations génétiques effrayantes, et qui avance inexorablement vers le Sud, détruisant, avalant, corrompant toute forme de vie sur son passage.

La Tempête du 26 dévembre, depuis New York... Et si l'histoire se répétait ?

La Tempête du 26 dévembre, depuis New York... Et si l'histoire se répétait ?

Alors là encore il y aurait beaucoup à dire, surtout au niveau des influences de l'auteur.

Tout d'abord, ces passages d'animaux morts revenus à la vie et servant d'espions aux Tourmenteurs et à Entropia, digne des Marcheurs Blancs de Game of Thrones ou même des zombies. Autant dire que lorsque cette énergie noire se met à posséder des Pans... tous aux abris !

Et que dire du Cœur d'Entropia et de ce qui la commande, de ce qui se trouve à l'intérieur des Tourmenteurs, de cette sorte de nouveau virus " Ggl " ou encore " Gageulle " qui n'est pas sans rappeler un certain Google de l'Ancien Monde. L'idée est très intéressante et en effet, très plausible compte tenu de ce qui semble être arrivé à la planète ainsi qu'aux vivants qui la peuplent. Tout ce qui était néfaste jadis n'a pas disparu pour autant avec la Tempête, il a été stocké quelque part et avide de puissance il avance, obsédé par l'énergie. Une menace bien plus terrible guette nos survivants et, en particulier, l'un des membres de l'Alliance des Trois, source d'une énergie positive incroyable à présent traquée. Cet état de fait, révélé par La Quête des Peaux de Malronce, et qui concerne Ambre, pourrait bien entraîner nos trois héros vers d'autres contrées et d'autres sources énergétiques naturelles. La suite de leurs aventures s'annoncent donc des plus épiques et passionnantes, surtout après les révélations du chapitre final ainsi que de l'épilogue.

" Entropia " (Cycle AUTRE-MONDE Tome 4), Maxime Chattam, 2011

< EXTRAITS >

Quelques fragments de passages qui m'ont particulièrement impressionnés et estomaqués !

" (...) Plus ils s'enfonçaient dans Entropia, plus le monde devenait froid et dévasté. Même la géologie avait subi l'impact de la Tempête. Les collines s'étaient effritées, des coulées de terrain dessinaient des falaises nouvelles, des escarpements étaient apparus un peu partout, et tout ce que le sol contenait de rochers ressortait pour former un paysage de plus en plus agressif, cependant que les créatures devenaient de plus en plus énormes.

Ils croisèrent un pince-oreille de la taille d'un autocar, avant de se tétaniser face à la silhouette d'une patte d'araignée de plusieurs dizaines de mètres qui surgit de la brume pour se poser brusquement devant eux avant de disparaître sans que sa propriétaire les ait repérés.

Si Entropia atteignait Eden, c'en serait fini de leur monde.

Pire encore : si elle se répandait sur tout le globe, ni les Pans ni les Maturs ne pourraient survivre plus de quelques semaines.

Ambre et Tobias contemplaient la fin du monde.

L'enfer libéré.

Qui était ce Gageulle, cette entité qui commandait à Entropia, aux Tourmenteurs ?

D'où venait-il ?

Était-il à l'origine de la Tempête qui avait transformé la civilisation des hommes ? Plus Ambre et Tobias se rapprochaient de lui, plus ils en doutaient. La Tempête avait corrigé les hommes, elle les avait remis à leur place, pour les rappeler à plus d'humanité, elle avait redonné à la nature une force nouvelle afin de rivaliser, reprendre l'ascendant, pour imposer un respect nécessaire à l'espèce humaine qui l'avait perdu avec le temps.

Tout était question d'harmonie globale.

Or, Entropia ne véhiculait aucune harmonie, rien que le chaos.

Le désordre, la confusion.

L'horreur.

La mort.

" Non, pas tout à fait ", s'était corrigé Tobias mentalement, " il y a une vie ici. Différente. Un nouvel équilibre. Entropia, c'est le chaos pour l'homme, mais un chaos qui a engendré autre chose. "

Au soir de ce quatrième jour, le cœur d'Entropia leur apparut enfin.

Des éclairs rouges et bleus à quelques kilomètres, un maelstrom de lumières pulsant à travers l'épaisse brume grise, et le bruissement étrange de centaines de voix qui s'en échappaient. "

(...)

" (...) Dès qu'il entra en contact avec le tissu soyeux comme de la peau humaine, les étoiles filantes le traversèrent.

Le contact créa une passerelle.

Des dizaines de kilo-octets de données.

Les étoiles filantes étaient des lignes d'information. Matt sut que Rêpbouck était le nom de tous les Tourmenteurs en Entropia. Et qu'ils étaient les vecteurs d'information, les émissaires d'Entropia.

En son cœur, Ggl centralisait toutes les données. Il était le cerveau du réseau, le collecteur de flux.

Une entité synthétique. Assoiffée de connaissance. Et d'entropie. Un chaos fait d'autres chaos.

Un agglomérat de tout ce que le monde des hommes avait produit de sale, de destructeur, de corrompu.

Et d'un coup, Matt sut ce qu'était véritablement Entropia.

Pollution, intelligence artificielle, saturation de matières synthétiques, machines autonomes, et un gigantesque maillage quasi vivant de données, comme un réseau de veines parcourues d'électricité, à l'instar d'un sang prêt à donner la vie.

La Tempête avait eu une autre conséquence, imprévisible, elle avait engendré une nouvelle forme d'existence.

En nettoyant la planète de sa pollution physique - hydrocarbures, voitures... - et virtuelles - électricité, Internet... -, la Tempête avait concentré toute cette matière néfaste en un point précis. Car rien ne peut se détruire totalement. Elle l'avait compactée pour l'isoler et redonner son éclat à la nature, comme un drap sale qui aurait recouvert le monde et qui aurait été plié jusqu'à n'être pas plus grand qu'un mouchoir rangé tout au fond d'un placard.

Le réseau avait pris vie. Il s'était aggloméré au reste. Télécommunications, déchets, pollutions diverses, machines, tout cela avait fusionné pour prendre corps.

Entropia était née.

Avec pour cerveau le centre du monde virtuel : Ggl. GA-GUEU-LLE.

Car l'Internet n'avait pas disparu avec la Tempête, il s'était replié, ramassé dans tous ces rebuts, et pire : il avait donné à ce corps informe une conscience. A cet être chaotique fait de tout ce qui était contre nature une intelligence, une personnalité. La pollution était son oxygène, les machines son corps, et Internet son esprit, son âme.

Matt le sut à travers l'âme du Tourmenteur, Ggl était indestructible en soi. Créature synthétique, il avait vu le jour au centre de la tempête entropique et si Ambre l'approchait, il l'assimilerait pour lui dérober le Cœur de la Terre.

Cette énergie formidable qui saturerait son propre réseau pour l'étendre encore plus.

Car Ggl n'avait qu'une seule ambition : toujours plus.

S'étendre. Savoir. Assimiler. Maîtriser.

Pour que tout ne soit plus que lui. Et lui tout.

Il allait dévorer les Pans, ceux qu'il appelait Inertiens. Et le monde. "

(...)

" ...

- C'est tout de même surprenant, poursuivit le moustachu tout maigre, un simple anneau, fait d'un alliage peu complexe, en somme, suffit à vous ôter toute volonté propre. Le retour du cordon ombilical matriciel vous paralyse ! J'adore ! Comme un réflexe naturel en définitive. Tels ces chats qu'on saisit par le cou et qui, réflexe atavique, se soumettent totalement !

- Nous ne sommes pas des chats ! s'indigna Zélie. Vous torturez des êtres humains ! Des enfants !

- Ce n'est que pour nous protéger ! coupa le Buveur d'Innocence aux côtés de son sinistre acolyte. Vous autres, gamins, n'êtes pas capables d'obéir sans chercher tôt ou tard à renverser l'ordre établi ! Ce n'est qu'une question de temps avant que vous cherchiez à tout bouleverser ! "

Maxime Chattam, en pleine séance de dédicaces d'Entropia

Maxime Chattam, en pleine séance de dédicaces d'Entropia

MA NOTE : Sans surprises, toujours un 5/5 !

Fascination, émerveillement, tremblements, émotions, horreurs, haletant... bien des mots pour définir ce quatrième tome toujours aussi bien réussi, peut-être même plus que les trois premiers (pour l'heure). La nation du Paradis perdu, de l'enfance innocente brisée est toujours bien présente, renforcée par cette nouvelle force qui déferle sur Autre-Monde, le Chaos (dont les adultes sont une fois de plus responsables avec toutes les merdes qui constituaient l'Avant).

Finalement, tout tourne autour des énergies, bonnes comme mauvaises, positives comme négatifs, d'équilibre, d'harmonie. La Nature a envoyé la Tempête pour nettoyer le monde et donner une seconde chance à l'humanité. Hélas elle n'avait pas anticipé que toute la merde liée à l'ancienne civilisation ne disparaîtrait pas pour autant et se regrouperait en une entité, un royaume. Entropia.

Chattam n'épargne toujours pas les nombreux morts, avec des détails toujours bien glauques. Heureusement, les chiens des Pans n'ont pas à souffrir dans ce tome-ci, même si à un moment on craint beaucoup pour Plume, la chienne de Matt.

J'ai trouvé intéressant de comprendre davantage les changements apportés par la Tempête. Et puis la suite des aventures de l'Alliance des Trois pourra enfin répondre à de nombreuses questions : quel est le visage du reste du monde ? Qu'en est-il de l'Europe, parce que les États-Unis et le Canada ça va bien un moment, on aimerait bien savoir comment ça se passe chez nos compatriotes français, ou du moins de ce qu'il en reste !

Avec le tome 5, Oz, nul doute que Maître Chattam répondra à tout cela... et à bien plus encore (je l'espère).

Enfin, une mention spéciale pour les arachnophobes ! Après Maléfices, le dernier tome de la Trilogie du Mal, Maxime Chattam se régale (certainement) de nous pondre des araignées gigantesques, qui vont même jusqu'à servir de montures pour les Tourmenteurs (et qui symbolisent leur système digestif avec le Dévoreur). Bon, faudrait pas que ça devienne une habitude hein !

Commenter cet article

À propos

Chers aventuriers égarés, bienvenus dans mon royaume souterrain où le Chaos, les Ténèbres et la Folie sont les seuls maîtres à bord ...