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Chers aventuriers égarés, bienvenus dans mon royaume souterrain où le Chaos, les Ténèbres et la Folie sont les seuls maîtres à bord ...

27 Mar

" Ragdoll " de Daniel Cole (2017)

Publié par Benedict Mitchell  - Catégories :  #Alcôves

" Ragdoll " de Daniel Cole (2017)

La Bête Noire, c'est une collection aux petits oignons... J'ai pas encore tout lu mais ça ne saurait tarder tant j'en entends le plus grand bien !

Quand Ragdoll  est arrivé au boulot, sa couverture m'a d'emblée interpellé. " Un corps, six victimes ". D'accord. Et puis après tu fais la traduction en anglais et là, tu te dis que ça a l'air bien tordu... Pis faut pas oublier l'aiguille sur la couv'... quand t'as le temps, t'aime bien manier l'aiguille aussi. Oh, pas pour faire des poupées grandeur nature, hein, mais pour assembler des étoffes ensemble, alors forcément, la couv' elle t'a bien parlée.

Après tu vois que l'auteur a le même âge que toi, et que c'est son premier roman. Et vu tout le foin qu'on fait déjà autour de son livre (bah ouais, tu suis d'autres blogueurs sur les réseaux sociaux, comme ça ta PAL elle diminue jamais !), t'as qu'une envie, c'est l'ouvrir ! En plus on le compare déjà à Seven (un de tes films préférés) et on te dit déjà que le livre va faire l'objet d'une série TV... La pression est lourde ! Tu vas aimer ou pas ? Parce que les tueurs en série, quand c'est convenu et pas original, t'en a ras le fion. Il te faut un truc en plus... et Ragdoll va te le servir sur un plateau sans que tu t'y attende !

 

4ème de couverture :

 

Votre nom figure sur la liste du tueur.

La date de votre mort aussi…

 

" Un « cadavre » recomposé à partir de six victimes démembrées et assemblées par des points de suture a été découvert par la police. La presse l’a aussitôt baptisé Ragdoll, la poupée de chiffon.

Tout juste réintégré à la Metropolitan Police de Londres, l’inspecteur « Wolf » Fawkes dirige l’enquête sur cette effroyable affaire, assisté par son ancienne coéquipière, l’inspecteur Baxter.

Chaque minute compte, d’autant que le tueur s’amuse à narguer les forces de l’ordre : il a diffusé une liste de six personnes, assortie des dates auxquelles il a prévu de les assassiner.

Le dernier nom est celui de Wolf. "

 

Coup d’essai, coup de maître pour ce thriller déjà vendu dans plus de 35 pays avant parution et en cours d’adaptation pour une série TV.

 

« À vous couper le souffle ! Si vous avez aimé Seven, vous adorerez Ragdoll. »

M. J. Arlidge, auteur d’Am Stram Gram

 

Daniel Cole, 33 ans, a été ambulancier dans une vie antérieure. Guidé par un besoin irrépressible de sauver les gens, il a également été membre actif de la Royal Society for the Prevention of Cruelty to Animals, l'équivalent anglais de notre SPA. Plus récemment il a travaillé pour la Royal National Lifeboat Institution, une association dédiée au sauvetage en mer le long des côtes britanniques. Cet altruisme est-il la manifestation de sa mauvaise conscience quant au nombre de personnes qu'il assassine dans ses écrits ? Il vit sous le soleil de Bournemouth, et on le rencontre souvent sur la plage alors qu'il devrait être en train d'écrire son second roman.

 

-> "Je suis (pas) une poupée de cire, j'ne suis pas faite qu'en garçons... " (air connu de Serge Gainsbourg... ou pas)

 

On vous le dit d'emblée dans le résumé donc faites pas les surpris. Et puis ça arrive très vite, juste après le prologue.

C'est clair qu'un cadavre qui est en fait composé de six cadavres, on voit pas ça tous les jours. Sauf peut-être dans un épisode de la (formidable et appétissante... hum... hum...) série Hannibal. Bref. T'as la mise en scène et tout ça, parce que la "poupée" elle est pas juste abandonnée par terre. Bah non, ce serait trop facile, et pas assez percutant. Parce que c'est bien connu, les serial killer ils aiment quand ça claque et quand ça marque les esprits. Sinon ça sert à rien. Autant jouer à la dinette...

Wolf en a gros sur la patate. Il y a quelques années, il avait arrêté un horrible tueur en série, surnommé le tueur crématiste, ben parce qu'il cramait ses victimes. Et v'là le procès et tout le toutim... et bam ! Le jury qui déclare le tueur non coupable. Et Wolf qui pète les plombs dans le tribunal, complètement ahuri ! Et bim ! Un ticket pour l'asile... et quelques années plus tard, il réintègre enfin la police londonienne, après un divorce et un déménagement. Le v'là qui emménage dans un quartier un peu craignos et Ragdoll commence par un coup de fil. Le boulot. Scène de crime... juste en face de son nouveau Home Sweet Home. Y a parfois des hasards dont on se passerait, n'est-ce pas ?

Commence alors un jeu de pistes, très macabre. Et pour pimenter le tout (sinon c'est pas drôle, décidément faut tout vous répéter, hein !), son ex femme (à Wolf), elle est journaliste. Le genre "salope prête à tout pour un scoop". Elle l'a mauvaise contre son ex (comme d'hab'). Et elle reçoit un pli à son boulot : une enveloppe qui contient les photos de la fameuse Ragdoll et une liste. Non, pas la liste de Schindler. LA liste : 6 noms et 6 dates. Les prochaines cibles que le mystérieux tueur butera. Et le dernier nom sur la liste n'est autre que Wolf. Aïe, y a comme une couille dans le potage ma bonne dame !

La police londonienne a fort à faire, le compte à rebours est lancé. Et les journalistes sont dans la place, faisant de cette traque une horrible téléréalité. C'est à celui qui parviendra à capter les images des meurtre en direct. Et puis t'as la death clock, le compte à rebours macabre pour chacune des cibles. C'est beau la télé, hein ? La police va tenter de protéger les cibles et de comprendre pourquoi elles, bah le tueur aura toujours un point d'avance. Et toi, pauvre lecteur, tu continues à t'enfiler les pages, boulimiques que t'es, et surtout impatient de comprendre tout ce mic-mac. Pis t'as peur pour Wolf. Ah ! t'es chiant(e), tu te demande pourquoi le mec il porte un nom aussi ridicule (ou pas) ? Bah c'est les initiales de son nom complet... William etc... Fawkes mais Wolf ça va plus vite et puis ça claque sa mère !

Bon, v'là donc le topo. Un point de départ original et qui a le mérite de plonger direct dans l'ambiance. Te voilà attrapé(e). Mais est-ce que tout ça fait sens ? V'là la question. Question qui apparemment divise. Nous on trouve pas...

 

 

Une p'tite photo de circonstance. Pourquoi ça ? Ben t'as qu'à lire "Ragdoll" et tu sauras ! Non non... ça ne concerne pas Wolf. Et bam ! Dans ta tronche !

Une p'tite photo de circonstance. Pourquoi ça ? Ben t'as qu'à lire "Ragdoll" et tu sauras ! Non non... ça ne concerne pas Wolf. Et bam ! Dans ta tronche !

-> Au-delà du réel...

 

Pourquoi un intitulé aussi si énigmatique ? Et pourquoi pas " aux frontières du réel " tant que t'y es ? Bah parce que... cherche pas.

Tout d'abord, Ragdoll c'est un condensé de folie furieuse à l'état pure. Bah oui, parce que faut quand même être sacrément siphonné du bocal pour s'amuser à bricoler... à coudre un machin pareil ! Bon, et puis aussi parce que le Wolf, il a sa p'tite fixette (comme tout le monde, quoi). Oui, tout porte à croire que la poupée elle a un rapport avec le tueur crématiste. Sauf qu'il est en tôle aujourd'hui. Bah oui, parce que je t'ai pas dit, mais le gars il a fini par aller en prison malgré son acquittement initial. Mais je t'en dirai pas plus, t'as qu'à lire. Et comme t'auras deviner (j'espère), tout le défi pour Wolf et ses copains flics, ça va être de démêler ce sac de noeuds. Mais le soucis, c'est que celui qui se cache derrière la poupée et la liste, bah il a plus qu'une araignée au plafond si tu veux mon avis. Enfin voilà, pourquoi la folie furieuse et tout...

Alors, on en a entendu des critiques sur ce livre. Curieuse que je suis, j'ai été un peu farfouillée. Parce que c'est vrai que j'en avais entendu du dithyrambique (pendant ma lecture). Ouais, quand t'as Gérard Collard qui te claque " un chef d'oeuvre... le polar - étranger - de l'année ", ça te met comme un p'tit coup de pression pendant ta lecture. Mais comme c'était plutôt bien parti de ton côté, pas de raison de t'en faire. Et puis on t'alerte sur le négatif... et tu farfouilles. Et tu tombes sur une critique... waouh ! Bien vilaine ! Tu termines le bouquin... et là tu comprends pas. Alors je vais te résumer en quelques mots ce qu'on reproche à Ragdoll : " ridicule... un personnage principal omniprésent... qui tient pas la route... malgré un point de départ original et couillu ".

Aussi, je vais te prévenir : si en effet t'as pas l'esprit ouvert, les 80 dernières pages risquent de pas te plaire. Après, ouais, Wolf est très présent mais pas tout le temps non plus. Et quand tu termines le bouquin bah tu comprends un peu pourquoi tout tourne autour de lui. Les personnages secondaires ont la part belle et sont bien sympas : t'as le stagiaire-bleu-étudiant en criminologie qui fait bien rire car personne peut le blairer et pis il prend le melon et s'en prend plein la gueule ! Bouh ! Bien fait ! Après t'as l'ancienne co-équipière de Wolf, Baxter. C'est toujours ambigu entre eux mais la fliquette elle en envoie sous le capot. Le genre de personne que t'aimerais pas avoir comme collègue. Après t'as Finlay (qui à chaque fois que tu lis son nom te donne soif... Omar Sy sors de ce corps !), le doyen de l'équipe, toujours très philosophe. Le chef Simmons qui rêve de retourner sur le terrain et a une grande gueule, sans oublier la hiérarchie. Bref. Tu vis dans le commissariat, tu vois évoluer des flics, t'en apprends plus sur leur organisation et sur les ramifications - très présente - avec la politique. Je referme la p'tite parenthèse "flics londoniens".

Où en étais-je ? Ah oui, le "ridicule" de la fin... bah non. Elle est excellente ! Fallait y penser ! Et elle est plausible (faut pas lire trop vite sinon on peut rater des trucs, hein !). Et là tu te dis : ah bah punaise ! C'est fou ! C'est dément ! C'est monstrueux ! Et là vous comprenez pas où je veux en venir et là ça me fait chier de devoir la fermer car j'adhère complètement à cette fin ! C'est sensationnel ! Faut faire gaffe à ce qu'on demande dans les heures les plus sombres de notre existence car qui sait ce qui peut nous entendre alors ! Voilà. J'en dirai pas plus. C'est MAGISTRAL Daniel Cole ! Pour un premier roman, ben v'là ! Chapeau bas ! Maintenant j'attends avec impatience la série !

Après je sais, les avis tiennent bien souvent à notre propre sensibilité, et à nos goûts. Certes, c'est un polar différent de ce qu'on a l'habitude de nous proposer. Comme dit plus haut, il est important de garder l'esprit ouvert, de considérer le Mal à l'état pur en tant que tel. La raison est bien souvent une donnée erronée dans ces cas-là. Ne l'oubliez pas...

 

Photo de Ragdoll... ah ! merdum ! c'est un chat ! (bah ouais, vous vous coucherez moins bête, le ragdoll est une race de chat ! hé ! hé !) Bon, et pis une photo de chat ça adoucit les moeurs, il paraît... à choisir, vaut mieux se l'imaginer la vraie "Ragdoll" du livre... beurk !

Photo de Ragdoll... ah ! merdum ! c'est un chat ! (bah ouais, vous vous coucherez moins bête, le ragdoll est une race de chat ! hé ! hé !) Bon, et pis une photo de chat ça adoucit les moeurs, il paraît... à choisir, vaut mieux se l'imaginer la vraie "Ragdoll" du livre... beurk !

< EXTRAIT >

 

" - Qu'est-ce que Simmons ne m'a pas dit ?

Derrière elle, les techniciens regroupés devant une imposante baie vitrée s'écartèrent. Avant qu'elle ait pu répondre, Wolf s'était déjà approché en vacillant, le regard accroché par un point lumineux qui les surplombait ; la seule source de lumière que la police n'avait pas apportée avec elle : un projecteur braqué sur une scène lugubre... Le corps dénudé, crispé en une posture qui n'avait rien de naturel, paraissait flotter à une trentaine de centimètres au-dessus du plancher irrégulier. Il avait le dos tourné vers le mur et semblait regarder par l'immense baie vitrée. La silhouette tenait en l'air grâce à des centaines de fils invisibles, eux-mêmes solidement retenus au plafond à l'aide de deux crochets de levage métalliques.

Il fallut un bon moment à Wolf pour identifier ce qui était le plus déconcertant dans la scène surréaliste qui s'offrait à ses yeux : une jambe noire attachée à un torse blanc. Incapable de comprendre ce qu'il contemplait, il s'avança. Peu à peu, il remarqua les énormes points de suture qui reliaient des morceaux de corps mal assortis, la peau étirée là où elle avait été percée ; une jambe d'homme noir, une jambe blanche ; une grande main d'homme d'un côté, une main fine et hâlée de l'autre ; une chevelure noir de jais tout emmêlée qui retombait de manière perturbante sur la poitrine menue et couverte de taches de rousseur d'une femme. Baxter vint se placer auprès de lui, se délectant sans complexe de son écoeurement.

- Il ne t'a pas prévenu... Un cadavre certes, mais... six victimes ! murmura-t-elle à son oreille avec jubilation. "

Daniel Cole

Daniel Cole

MA NOTE : 5 + / 5

-> UN PREMIER POLAR COMPLÈTEMENT HALLUCINANT QUI MARQUERA VOTRE ESPRIT ! DÉMENT, RYTHMÉ, ORIGINAL, FOU ET FURIEUX, RAGDOLL BOUSCULE LES CODES HABITUELLEMENT ÉTABLIS.

Et encore un nouveau coup de coeur, décidément 2017 commence sur les chapeaux de roue !

La question de savoir si cette enquête est plausible du début à la fin ne nous appartient pas, ouais, on n'est pas flic pour la plupart d'entre nous. Ce qui est essentiel, c'est le ressenti, les émotions, l'ambiance, le rythme. Et ils sont là, et ils sont bons ! Et tout cela est énoooorme ! Non, je n'en fais pas trop. Jusqu'où peut conduire la folie obsessionnelle d'un homme que la culpabilité dévore ? Voilà la question centrale de Ragdoll. Et la réponse que nous livre Daniel Cole est juste MAGISTRALE ! On pense à tout sauf à ça. Quand la réponse nous éclaire enfin, on se dit que non... c'est pas possible. Il doit y avoir autre chose... et puis l'idée fait son p'tit bonhomme de chemin et on se dit que finalement : ouais ! Elle est sacrément couillue cette explication ! Elle est cohérente avec tout le bouquin ! Donc non, absolument pas déçue mais enchantée, bien au contraire !

Ce livre va faire un véritable tabac, je n'en doute pas. Et la série qui va suivre, aïe ! aïe ! aïe ! Pourvu qu'ils ne fassent pas comme M6 avec Glacé de Bernard Minier. HBO (Game of Thrones) entend ma prière...

Bref, des rebondissements comme Seven, je suis d'accord. Un véritable page turner, pas de temps morts, du rythme et de l'action, des personnages attachants (et attachiante pour une en particulier), une psychologie des personnages déconcertante, une procédure judiciaire fort bien documentée, la beauté de Londres (oui, j'y suis très sensible, et alors ?!), bref, un premier essai réussi de main de maître.

Mais y a quand même un truc qui me chiffonne (poupée de chiffon = ragdoll, en anglais -> OK, je connais la sortie même si je suis chez moi, hein !)? Faudrait qu'on me dise quel est le lien entre une poupée de chiffon et la race féline du ragdoll ? Parce que ce chat n'est pas du tout hirsute, il a même beaucoup de classe... juste sa robe ? (c'est bon, j'ai trouvé la sortie !)

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