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Chers aventuriers égarés, bienvenus dans mon royaume souterrain où le Chaos, les Ténèbres et la Folie sont les seuls maîtres à bord ...

12 Jul

" Le jour où la Terre s'arrêta ", Les Chroniques de Lutecia 1, de Benedict Mitchell

Publié par Benedict Mitchell  - Catégories :  #Les Maux

" Le jour où la Terre s'arrêta ", Les Chroniques de Lutecia 1, de Benedict Mitchell

Soyez les bienvenus dans Les Chroniques de Lutecia ! Il s'agit d'un roman " progressif ", participatif (si vous êtes intéressé(e)s par l'aventure, cela va sans dire) qui sera publié progressivement sur ce blog.

Si vous aimez les univers d'anticipation, post-apocalyptiques, j'espère que vous trouverez ici satisfaction. J'ai conscience que beaucoup de choses existent déjà dans ce domaine. Le but n'est pas de plagier quoi que ce soit d'existant, mais de proposer, à travers un récit fictif, une réflexion sur notre avenir, de nous amener à réfléchir sur ce qui ne va pas dans notre monde, actuellement. Et ne me dites pas que tout va bien hein !

Je vous propose donc dès à présent le prologue, intitulé " Le jour où la Terre s'arrêta ". N'hésitez pas à réagir (dans la limite du respect et de la politesse, bien entendu !).

Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une bonne lecture !

→ Le texte ci-dessous est la propriété de Benedict Mitchell (© droits réservés)
" Le jour où la Terre s'arrêta ", Les Chroniques de Lutecia 1, de Benedict Mitchell

LES CHRONIQUES DE LUTECIA

Un jour, la Terre s'est arrêtée.

Saturée par le virus humain, elle a décidé de reprendre les choses en main et de faire le grand ménage. Puisque le message n'avais pas été compris lorsque notre civilisation était en plein essor - ou venait de commencer son long déclin - Mère Nature a frappé très fort.

99 % de la population humaine a disparu.

Les autres espèces vivantes (animales comme végétales) ont étrangement été épargnées.

Les survivants humains sont obligés de survivre sous terre, dans des cloaques immondes et nauséabonds, tandis qu'à la surface, la nature et la vie reprennent progressivement leurs droits.

Les hommes semblent être punis. Pourquoi ? Quelles leçons doivent-ils en tirer ? Peuvent-ils encore se racheter et espérer revenir à la surface ?

Sans le confort moderne, la technologie, les biens matériels, les survivants vont devoir apprendre à vivre ensemble, s'organiser pour rester en vie et espérer redevenir autre chose que des animaux parqués dans des souterrains ténébreux et insalubres. Mais en sont-ils seulement capables...

" Le jour où la Terre s'arrêta ", Les Chroniques de Lutecia 1, de Benedict Mitchell

LE JOUR OÙ LA TERRE S'ARRÊTA

Un jour la Terre s'est arrêtée de croître, de tourner toujours plus vite. Elle s'est stoppée. Définitivement. Les hommes qui la peuplaient, toujours plus nombreux, ont cessé pour de bon de la piller, de la détruire, de répandre leur venin, de la sucer jusqu'à la moelle et jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien. Les hommes ont été éradiqué de sa surface. La Terre en a eu assez que ses enfants ne comprennent définitivement rien à rien – toujours plus obsédés par la possession, l'argent, le monopole et le vol des ressources, la luxure, le contrôle des richesses, l'oppression des plus faibles au profit d'une élite, d'un nouvel ordre mondial...

Un jour la Terre s'est arrêtée de tourner pour beaucoup d'humains. Ce qui est étrange, c'est que seul l'Homme a été touché par ce cataclysme sans nom. Les autres espèces vivantes, aussi bien végétales qu'animales, ont survécu, fait pour le moins étrange.

Je fais partie des rares humains qui ont pu échapper au Grand Désastre. Pourquoi moi ? Je l'ignore. Certes, avant j'essayais de me comporter en habitant de la Terre du mieux que je le pouvais, à mon échelle dérisoirement petite. Jamais je n'aurais pensé que ce jour arriverait même si les signes étaient nombreux. Nous allions droit dans le mur. Certaines voix avaient commencé à nous mettre en garde mais elles étaient aussitôt étouffées par la rumeur du capitalisme et par nos dirigeants. Ces voix étaient celles de sombres complotistes paranoïaques disait-on. Elles passaient pour folles. Pourtant, de plus en plus de gens semblaient se réveiller, ouvrir les yeux, comprendre qu'en continuant ainsi, l'humanité allait droit dans le mur. Malheureusement, ce réveil a pris trop de temps et la nature a préféré régler les choses elle-même. Sans doute en avait-elle assez d'attendre un sursaut qui ne viendrait jamais. Sans doute a-t-elle agi lorsqu'il était encore possible de le faire, puisqu'une poignée d'êtres sans morale nous précipitait vers notre propre extinction.

J'ai du mal à me souvenir clairement de ce qui s'est passé exactement. Nous vivions normalement, stressés par nos vies futiles et sans intérêts, au service du capitalisme et du dieu Argent, et la seconde d'après tout avait disparu. Ce jour-là, c'était le 27 Juillet 2016 – je m'en souviens encore clairement comme si c'était hier. J'avais eu la chance de me trouver sous terre, dans les égouts de Paris. J'étais lieutenant de police, en charge d'une affaire sur des trafiquants de drogues, et mes investigations m'avaient amené à suivre la piste des égouts, immense cloaque souterrain millénaire qui allait me permettre d'obtenir mon salut. Ironie du destin. En quelques secondes, tout se mit à trembler dans un rugissement sonore apocalyptique. Nous étions trois alors, un égoutier de Paris et une collègue à moi. Nous avons immédiatement compris, au fond de nos cœurs, que quelque chose était en train de se passer. Quelque chose qui allait changer nos vies, notre destin, à jamais. Ainsi que celui de notre planète. Le jour où la Terre a dit stop. C'était écrit, apparemment, depuis longtemps. Un cycle a pris fin pour qu'un autre commence. Mais ce cycle n'avait rien à voir avec quelque chose que notre espèce avait déjà expérimenté puisqu'à peine 1% de l'humanité devait survivre. Avant notre chute, les idées transhumanistes essayaient de se faire entendre, dans toutes les strates de la société. Oui, nous étions bien trop nombreux et si rien n'était fait pour nous stopper dans notre croissance exponentielle et dévastatrice, nous courions à notre propre perte. Tout le monde en avait conscience mais chacun faisait la sourde oreille tant la marche à suivre paraissait ignoble. Comment dire au gens d'arrêter de se reproduire ? Non, il fallait plutôt agir dans l'ombre. À coups de manipulations génétiques, climatiques, alimentaires, le nouvel ordre mondial – qui avait compris ce qui nous guettait mais qui ne serait jamais prêt à renoncer au pouvoir et aux richesses – lança un vaste programme mondial visant à stériliser les futures générations afin que le taux de population terrestre baisse radicalement. Mais cela prendrait plusieurs décennies avant de pouvoir observer les premiers effets de ce vaste génocide silencieux. Cette poignée d'eugénistes milliardaires n'avait pas compter avec l'intelligence naturelle. Ils pensaient, naïvement, qu'on pouvait dompter la Terre et son esprit ancestral, qu'on pouvait la tromper et la manipuler, la remodeler. L'Homme, de tout temps, a toujours voulu se prendre pour Dieu et s'élever dans des sphères qui n'étaient pas faites pour lui. Accepter sa simple condition de maille parmi la chaîne alimentaire, c'était trop dur et sans doute trop humiliant pour l'homme moderne, qui se pensait plus intelligent que ses ancêtres.

C'est un fait indéniable que nous avions atteint un seuil critique, et malgré la rudesse du dénouement final, la Terra a tranché, brutalement certes. Mais quel autre choix avait-elle ?

Nous, les survivants, n'avons pas été choisi par pureté d'âme. Le hasard a fait le reste... enfin, peut-être, parce que les quelques survivants que j'ai pu rencontrer semblent avoir le cœur pur, certainement traumatisés par ce qui nous est arrivé.

Le Grand Cataclysme, d'après ce que j'ai pu en comprendre, a été une suite de réactions en chaîne. Typique pourrait-on dire, l'un des scénarios catastrophes que les soit disant survivalistes avaient pu prédire par le passé : un désastre terrestre à grande échelle (des tremblements de terre d'une violence inouïe) qui aurait entraîné des explosions de centrales nucléaires. Il n'en fallait pas plus. Nous nous étions nous même piégés avec nos propres déjections. S'ensuivit un énorme black-out électrique qui permit de précipiter le chaos. Aucun endroit au monde ne fut épargner, paraît-il. Pour les plus croyants, ce fut comme si le Jugement Dernier éclatait (et pour les moins croyants, comme celui de Terminator , le côté cyborgs envahisseurs en moins).

Il semblerait même que les plus puissants d'entre nous aient été pris de court et n'aient pas pu rejoindre leur bunker. Mère Nature avait enfin réalisé sa Nemesis vengeresse. À moins que le Ragnarök ne se soit réalisé, précipitant le monde dans sa déchéance. Mais le monde n'était pas détruit, même si à première vue tout ce qui aurait pu nous rattacher à l'ancien monde avait bel et bien disparu et ne pourrait, sans doute, jamais renaître de ses cendres.

Nous – les survivants ou les élus – y vîmes le signe qu'il fallait reconstruire mais différemment, en apprenant de nos erreurs, comme chaque humain est censé le faire lorsqu'il connait un échec ou un coup du sort. Cela prit du temps, beaucoup même, mais nous fîmes de notre mieux. Hélas, l'atmosphère terrestre prendrait des décennies, voir des siècles pour s'assainir et nous permettre de remonter à nouveau à la surface de la terre. Nous étions devenus des rats dont la plupart ne verraient plus jamais la lumière du jour au cours de leur existence souterraine. Des survivalistes revenus aux origines de la vie, devant réapprendre à vivre et à survivre dans un environnement hostile de toutes parts. Allions-nous commettre à nouveau les mêmes erreurs que ceux qui nous avaient précipités dans ce cauchemar sans nom ? Puisque le propre de l'Homme est de reproduire inlassablement les mêmes erreurs et de ne jamais retenir la leçon, pourquoi nous comporterions-nous de manière différente cette fois ?

C'était sans compter que la donne et le contexte étaient nouveaux, mais l'Homme est par nature imparfait et la peur de mal faire nous prenait aux tripes. Nous étions, pour la plupart, conscients de ce qui nous avait précipité dans le chaos mais pour autant, les désirs les plus élémentaires restaient difficiles à éradiquer. Après tout nous n'étions toujours que des mammifères dotés de parole et d'une conscience et le libre arbitre nous était toujours accessible. La Terre aurait peut-être dû nous annihiler pour de bon. Mais le fait qu'elle sauve une infime partie de l'humanité signifiait peut-être qu'elle croyait encore en nous et estimait que nous pouvions remettre le monde en marche, dans le bon sens cette fois ?

Cela restait à prouver... Notre histoire ne nous donnait pas raison, certes. Nous n'avions plus rien à perdre cette fois. Notre espèce n'était pas éradiquée pour autant mais les choses ne seraient plus jamais les mêmes. Nous n'étions plus l'espèce dominante et puissante. Seuls les hommes ne pouvaient plus remonter à la surface sans masques & combinaisons de protection alors que certains témoignages parlaient de chevaux qui se promenaient avec insouciance dans les ruines de l'antique capitale parisienne, que des balais d'oiseaux pouvaient être observés dans le ciel étrangement bleu de la ville. Certains d'entre nous avaient payé les frais de notre naïveté. Pensant que le nuage radioactif s'était dissipé, ils s'étaient empressés de quitter les égouts pour remonter à la surface. Ces pauvres fous n'avaient pas tenu une heure. Pourtant, les preuves que seul l'Homme était concerné par le courroux de la nature étaient manifestes. C'était comme si nous avions enfin la preuve que la Terre avait sa propre conscience, qu'elle était capable de penser, de réagir et de se défendre. De même, nous inculquer une leçon, nous faire comprendre quelque chose qui nous avait, jusqu'ici, échappé. Est-ce que le plus dur restait à venir : ce long apprentissage ? Tout recommencer à zéro. Nous n'aurions pas une autre chance. C'était maintenant ou jamais.

Je savais que si nous échouions à cette épreuve, il n'y aurait pas de nouvel essai. Faillir c'était condamner ce qu'il restait de l'humanité à disparaître. À jamais cette fois.

Serions-nous capable d'unir nos forces sans que l'avidité, l'égocentrisme, propres à notre espèce, ne refasse surface ?

À ce jour je n'en suis pas convaincu mais j'espère que l'avenir me donnera tort. Sinon, nous sommes perdus.

Ici commencent les chroniques du Paris souterrain.
Jour 232 après le Grand Cataclysme.
Styx, du clan Lutecia (ou Matthieu Dheygers, un ancien nom qui ne veut plus rien dire désormais)
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