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14 Nov

Interview - Prix Découverte MINES NOIRES : Stéphanie de Mecquenem, une auteure qui risque de vous troubler !

Publié par Benedict Mitchell  - Catégories :  #LES MINES NOIRES

Interview - Prix Découverte MINES NOIRES : Stéphanie de Mecquenem, une auteure qui risque de vous troubler !

Bonjour Stéphanie,

Bienvenue à toi.

 

 

Alors, dis-nous qui tu es ?

 

J'ai 47 ans, je vis à Paris depuis 4 ans après avoir habité une dizaine d'années à Montréal où j'exerçais la profession d'avocate. D'aussi loin que je me souvienne j'ai toujours adoré les livres et me consacre à l'écriture depuis mon retour en France en 2006.

 

 

Pourquoi l'écriture ?

 

J'y pensais depuis un moment car j'ai toujours adoré lire (petite je me cachais sous les couvertures avec une lampe torche pour lire jusqu'à pas d'heure...) Mais, avec le métier d'avocate je n'arrivais pas à me libérer le temps nécessaire à l'écriture d'un roman. Donc, quand mon mari a été muté à Paris en 2006 et que j'ai dû démissionner de mon poste d'avocate à Montréal, je me suis dit que c'était l'occasion ou jamais de tenter l'aventure. Je me suis installée à mon bureau tous les matins et cela a donné naissance à mon premier bébé "Mauvais sang" publié en 2009, suivi en 2012 par "Le silence des Cris" et enfin "Trouble" et le recueil de nouvelles "Crimes au musée" tous deux parus cette année.

 

 

Pourquoi le thriller ?

 

Petite je vouais une admiration sans borne à Agatha Christie ainsi qu'à Alfred Hitchcock. J'adorais le frisson du suspense et le plaisir que l'on peut ressentir à élucider un mystère. Dans mes lectures aussi les romans à suspense prédominent. De plus, cerise sur le gâteau, cela me permettait de me mettre dans la peau d'une enquêtrice tout en étant bien à l'abri au chaud dans mon bureau...

 

 

Comment t'es venu Trouble ?

 

En apprenant le suicide d'une jeune canadienne de 15 ans Amanda Todd, victime de harcèlement. Je me suis renseignée sur le sujet et j'ai constaté que plusieurs jeunes filles avaient mis fin à leurs jours suite à du harcèlement et que peu de choses étaient faites pour endiguer le phénomène du cyber harcèlement et ses conséquences parfois désastreuses. Je suis partie de là pour tisser une intrigue.

 

 

Comment passe-t-on du métier d'avocate à celui d'écrivain ?

 

Assez facilement je dois dire, surtout pour l'écriture de polars. Je pense que ma formation d'avocate m'a beaucoup aidée, notamment à construire la charpente du roman (comment distiller les indices dans chaque chapitre, ne pas se contredire etc), ainsi que pour faire les recherches qu'a nécessité l'écriture de "Trouble". De plus, lorsque j'exerçais la profession d'avocate j'ai eu la chance de côtoyer un avocat coroner qui a eu la gentillesse de relire mon manuscrit afin de s'assurer de la véracité de l'enquête. Et puis, étant donné le sujet de "Trouble" j'ai un peu la sentiment de défendre une cause :-)

 

 

J'ai pu lire que tu avais toi-même vécu quelques temps à Montréal. D'ailleurs, c'est très bien restitué dans ton roman, cette impression de dépaysement dont doivent souffrir tous les expatriés. L'as-tu bien vécu ? Y a-t-il une solution miracle pour bien vivre la transition lorsqu'on choisit de s'expatrier ?

 

J'avais une vingtaine d'années quand je me suis expatriée ce qui, je pense, a rendu la chose plus facile. D'autant que c'était dans le cadre de mon cursus universitaire et que je suis partie avec un groupe d'étudiants. A mon avis, la solution miracle est de s'expatrier jeune et, surtout, à l'arrivée ne pas chercher à fréquenter un maximum d'expatriés mais, au contraire, tenter de s'imprégner au maximum de la culture du pays d'adoption pour tenter de la faire sienne. 

 

 

Le harcèlement en milieu scolaire/universel/professionnel (finalement on en revient toujours aux mêmes fondamentaux), est un sujet encore relativement tabou. Qu'est-ce qui t'as poussé à en faire le thème principal de Trouble ?

 

J'ai écrit Trouble en 2014 et à l'époque on en parlait effectivement très peu. J'ai eu le sentiment de devoir parler au nom de celles qui ne pouvaient plus le faire.

 

 

Alors ton polar reste « soft » comparé à d'autres (en particulier ceux qui constituent la nouvelle vague du polar français). Est-ce un choix délibéré de ta part d'avoir voulu rester dans l'hommage aux classiques du genre (Agatha Christie par exemple) ?

 

Oui, c'est un choix totalement délibéré pour deux raisons. La première étant que je n'apprécie pas le glauque ni les descriptions sanglantes en tant que lectrice or, on écrit ce que l'on a envie de lire. La deuxième est que, traitant d'un sujet à mon sens particulièrement difficile (le suicide chez les jeunes filles) je trouve important pour le lecteur de pouvoir faire des pauses dans la noirceur, de reprendre son souffle en quelque sorte, lors de chapitres volontairement "soft". Je voulais qu'en refermant le livre on ne reste pas sur un sentiment glauque mais au contraire sur un sentiment positif.

 

 

On pense même à Agatha Raisin de MC Beaton pour le côté louffoque de certains personnages (en particulier le vieux lord anglais chez qui habite ton héroïne et qui est toujours aux petits soins pour elle). Une question me taraude depuis ma lecture : mais d'où vient ce vieux lord anglais ?! Des personnes comme ça… ça n'existe pas, si ? (rires)

 

Sir Jeffrey n'apprécierait pas vraiment que tu le qualifies de "vieux" lol . Tu es sans doute trop jeune pour connaître les albums de "Lili", mais ils ont bercé ma jeunesse. C'est le personnage du professeur Minet (le parrain farfelu de Lili) qui m'a inspiré le personnage de Sir Jeffrey. Il y a également un peu de mon grand-père... J'ai ajouté un côté british au personnage car j'adore l'humour anglais (petite je dévorais tous les livres de P.G. Woodehouse).

 

 

Y a-t-il d'autres genres littéraires que tu aimerais explorer côté écriture ou alors tu souhaites rester dans le 100 % noir ?

 

Je ne sais pas encore où l'écriture me mènera mais je ne souhaite pas forcément rester dans le 100% noir.

 

 

As-tu des projets, chère Stéphanie ? Si oui, tu veux bien nous en dire plus ?

 

Pour l'instant mon seul projet est de me remettre sur pied afin de pouvoir participer à des salons et séances de dédicaces pour rencontrer les lecteurs car j'ai malheureusement eu de gros problèmes de dos l'an passé qui m'ont empêchés de faire la promotion de "Trouble" donc c'est ma priorité numéro 1.

 

 

Et pour mieux te connaître, quelle lectrice es-tu ?

 

Assez éclectique. Je lis des polars bien sûr mais aussi de la littérature blanche avec une petite prédilection pour les auteurs britanniques.

 

 

Tes passions dans la vie (autre que l'écriture) ?

 

La lecture bien sûr, le théâtre (en tant que spectatrice), la mer, les chats.

 

 

Qui t'inspire ?

 

Agatha Christie "of course", mais parmi les auteurs contemporains je citerais Elisabeth George que je qualifierais d'auteur américaine à la plume britannique.

 

 

Et pour finir, ta Madeleine de Proust à toi, ce serait quoi ?

 

Je dirais l'odeur des pins qui me ramène invariablement aux étés de mon enfance que je passais en Vendée entourée de mes cousins et cousines et qui étaient rythmés par des piques-niques et des lectures à l'ombre des pins...

 

 

Enfin, tradition oblige, tu as carte blanche pour faire passer un message de ton choix (cri d'amour ou coup de gueule, c'est comme tu veux) :

 

Je ne peux pas ne pas parler du fait que les violences faites aux plus faibles (que ce soient des humains ou des animaux d'ailleurs) me révoltent et me peinent au plus haut point. Une telle cruauté me dépasse et j'aimerais que cela cesse une bonne fois pour toutes même si je sais que c'est irréaliste...

J'en profite aussi pour lancer un cri d'amour cette fois à tous les lecteurs qui m'ont fait un retour positif après avoir lu "Trouble". Le métier d'écrivain est très solitaire et on en vient souvent à douter de son utilité ou de sa capacité à écrire, donc merci à tous (toi incluse Bénédicte).

 

 

Merci à toi d'avoir accepté d'éclairer notre lanterne !

On te souhaite bonne chance pour le Prix !

 

Merci à toi pour l'invitation au salon de Noeux-les-Mines ainsi que pour la nomination, cela me fait sincèrement très plaisir.

 

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Chers aventuriers égarés, bienvenus dans mon royaume souterrain où le Chaos, les Ténèbres et la Folie sont les seuls maîtres à bord ...