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16 Nov

Interview - Prix Découverte MINES NOIRES : Laurent Loison, le poison ou le vice ?

Publié par Benedict Mitchell  - Catégories :  #LES MINES NOIRES

Interview - Prix Découverte MINES NOIRES : Laurent Loison, le poison ou le vice ?

Bonjour Laurent,

Bienvenue à toi.

Bonjour et merci pour votre accueil.

 

 

Alors, dis-nous qui tu es ?

Je vois qu’on attaque directement avec les questions indiscrètes ! Vous voulez vraiment tout savoir ? Bon, un peu de sérieux. J’approche à grands pas de la cinquantaine. Mais je ne la fais pas. Enfin il parait ^^ Mon épouse et moi-même avons à nous deux quatre enfants. Ouais, c’est du travail, je confirme. Je suis avant tout un fils de paysan façonné par les valeurs de la paysannerie, travail et générosité.

 

 

Pourquoi l'écriture ?

Précisément parce que je peux me cacher derrière mon écran. Le filet de sécurité que représente l’écriture est très confortable. Un comédien sur scène ne peut pas se rater. Ou alors ça se voit. Et puis j’ai toujours aimé diriger, mener le jeu. Alors, avec l’écriture c’est plus faisable. Je peux amener le lecteur vers un chemin, puis un autre, le laisser s’embourber pour mieux le tirer d’affaire afin de pouvoir l’engloutir à nouveau. Quel pied, non ? Tendances maniaco-sadiques. Il doit y avoir de ça.

 

 

Pourquoi le thriller ?

Quel autre genre que le thriller pour jouer de toutes les sensations décrites ci-dessus? Je crois que la question se suffit à elle-même. J’ajouterais que c’est celui dans lequel je me sens bien. J’adore évoluer dans l’horreur, le suspense, l’angoisse. Est-ce que je me soigne ? J’ai dû oublier de prendre mes cachets 

 

 

Cyanure est ton second roman et fait suite à Charade. Pourquoi avoir choisi de rempiler avec ton trio d'enquêteurs du 36, Quai des Orfèvres ?

Parce que j’étais terrorisé. Je ne vais pas cacher ma fierté, ni le plaisir immense que j’ai eu à lire tous ces fabuleux témoignages et retours sur Charade.

Le revers de la médaille, c’est que la barre était haute…voire par moment, infranchissable ; c’est ce que je ressentais en tout cas. Il a fallu que je me raccroche à une certitude rassurante. Cette certitude rassurante, vous l’aurez compris, c’était mon trio de choc dont les lecteurs ont apprécié la compagnie. Alors l’aventure devait se poursuivre avec Florent, Emmanuelle et Loïc.

 

 

D'ailleurs, pourquoi la plupart des auteurs de polars choisissent-ils des enquêteurs qui officient au 36, Quai des Orfèvres précisément ? C'est juste une question de prestige ? Un côté plus glamour que de bosser à la Crim' de Grenoble, par exemple ?

C’est une question pertinente. Les professionnels de police sont éminemment performants sur l’ensemble du territoire. Mais pour le côté particulier des crimes les plus abjects, pour les crimes dans plusieurs départements et pour une meilleure transmission de l’information entre les services, il apparaît, dans la pratique, que ces enquêtes sont centralisées. Voilà pour le pragmatisme. Et puis le 36 est bicentenaire. Toutes les grandes enquêtes retentissantes sont passées dans les mains d’officiers travaillant dans ce lieu mythique. La question mérite d’être posée avec le transfert vers les Batignolles. Un nouveau mythe va-t-il naître ?

 

 

Même si on est toujours autant coincé avec ces histoires de « spoils », on peut quand même dire que Cyanure possède une ossature des plus originales en proposant « une fin dont le lecteur est le héros », dans le sens où il pourra choisir son épilogue en fonction de sa lecture & de ses déductions. Procéder ainsi… c'était un peu pour faire le buzz, non ?

Oui et non. Je m’explique :

J’essaie de faire des thrillers avec un second niveau de lecture. Non pas pour me faire passer pour un philosophe que je ne serai jamais, mais pour que le livre ouvre les portes de la réflexion. Chacun étant libre de le faire ou pas.

Le thème de Cyanure est le jugement.

Pour confronter le lecteur au jugement, je n’ai pas trouvé de meilleur moyen que de passer par cette fin inédite justement.

Cyanure est donc le premier roman dans lequel le lecteur est acteur du dénouement.

Certes, cela peut créer du buzz, mais cette fin est avant tout jusqu’au-boutiste dans la démarche du jugement, la compréhension, les contraintes et les conséquences à juger. Soi-même, les autres, etc... A ce titre, Cyanure est beaucoup plus clivant car certains ne sont pas à l’aise avec ce rôle de juge et bourreau que je leur ai plus ou moins imposé (car ils ne sont pas non plus obligés, le livre a une fin en l’état. Le choix, c’est un bonus). Et je suis ravi de cet état de fait.

 

 

Bargamont… ton flic héros. Envisages-tu de le faire, un jour, passer de vie à trépas si les besoins d'une future enquête l'exigent ? As-tu en toi l'âme d'un G.R.R. Martin (rires) ?

Rien ne m’arrêtera. Mouhahahah !

 

 

Y a-t-il d'autres genres littéraires que tu aimerais explorer côté écriture ?

Oui, il est possible que je m’attelle un jour à un autre genre. Mais pas dans l’immédiat.

 

 

As-tu des projets, cher Laurent ? Si oui, tu veux bien nous en dire plus?

Oui, Chimères est à l’écriture et devrait sortir en septembre 2018 si tout va bien. Autre projet, autre sujet de réflexion et autre facteur inédit ^^

 

 

Et pour mieux te connaître, quel lecteur es-tu ?

Un lecteur de BD avant tout. Ensuite je suis fan du grand maitre Chattam, et du King pour toute la période avant The Dark Tower. Plus récemment, je suis tombé dans les filets de Patrick Bauwen que j’ai eu la chance de rencontrer.

 

 

Tes passions dans la vie (autre que l'écriture) ?

Vous voulez une réponse à la Timsit ? Non, ce n’est peut-être pas très politically correct ;-) Le cinéma avant toute chose. Et les thrillers au cinéma bien sûr.

 

 

Qui t'inspire ?

Tout ce que j’ai pu lire mais surtout la vie et ses horreurs.

 

 

Et pour finir, ta Madeleine de Proust à toi, ce serait quoi ?

Les cakes aux fruits de Tata Rose.

 

 

Enfin, tradition oblige, tu as carte blanche pour faire passer un message de ton choix (cri d'amour ou coup de gueule, c'est comme tu veux) :

Un auteur prend une année pour écrire un livre que vous lisez en quelques heures. N’hésitez pas à mettre un mot ou deux sur les sites d’avis en ligne. Cela ne prend pas beaucoup de temps mais nous fait extrêmement plaisir.

 

 

Merci à toi d'avoir accepté d'éclairer notre lanterne !

On te souhaite bonne chance pour le Prix !

Merci ! Je suis déjà ravi d’être nominé !

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Chers aventuriers égarés, bienvenus dans mon royaume souterrain où le Chaos, les Ténèbres et la Folie sont les seuls maîtres à bord ...