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09 Oct

Interview - Prix Découvertes LES MINES NOIRES : Magali Le Maître ouvre le bal !

Publié par Benedict Mitchell  - Catégories :  #LES MINES NOIRES

Interview - Prix Découvertes LES MINES NOIRES : Magali Le Maître ouvre le bal !

Bonjour Magali,

Bienvenue à toi.

Tu inaugures notre série de portraits consacrée aux auteurs nominés pour ce 1er Prix Découverte.

 

Alors, dis-nous (pour celles & ceux qui ne te connaîtraient pas encore), qui es-tu ?

Je suis Lilloise d’origine, j’ai 43 ans. J’ai enseigné dix ans avant de me consacrer à l’écriture. L’aventure a commencé quand j’ai gagné le prix du Printemps des Poètes en 2011. J’ai trouvé une éditrice pour mes poèmes, alors j’ai tenté ma chance dans le polar, ma lecture de prédilection. David Lecomte, éditeur de Fleur Sauvage, a apprécié mon univers. En 2015, le premier bébé était publié !

 

Pourquoi l'écriture ?

L’écriture, comme toute activité artistique, est exutoire. Ca libère les émotions positives et négatives. C’est comme taper dans un punching-ball ou bien cueillir une fleur. Le petit plus quand on crée, c’est la chance, même à une échelle modeste, de pouvoir partager ces émotions avec un autre qu’on ne connaît pas forcément. C’est ma façon de participer au monde. L’art est notre dernier portail magique vers le rêve et l’expression.

 

Pourquoi le polar/thriller ?

D’abord, c’est le genre que je maîtrise le mieux à force d’en lire. Ensuite, c’est le roman social depuis quelques décennies, et les dysfonctionnements de notre société me démangent terriblement ! Enfin, le thriller permet de plonger dans les tréfonds de l’âme humaine, vaste sujet. Etre auteur de polars, c’est avoir le privilège de distraire le monde en lui réglant son compte. Thérapeutique !

 

Tu as signé un 1er roman, Quelqu'un comme elle (Fleur Sauvage – 2016) qui a reçu majoritairement des critiques positives. Dans ce polar, tu évoquais le harcèlement moral, les préjudices psychologiques non réparés. Avec Le bal de ses nuits tu as opté pour les réseaux sociaux. Quel était le message à faire passer ?

Notre société souffre de deux terribles maux : l’isolement de la personne, et la création de pervers. Quand ces deux maux se rencontrent, c’est le cataclysme. La nature humaine est ainsi faite que, psychopathes mis à part, on a besoin de vivre avec les autres. Or le système pousse à un insupportable individualisme, et parallèlement, à une recherche effrénée de reconnaissance et d’amour. Ca conduit à des relations parfois sincères, mais aussi superficielles, voire destructrices.

 

Et donc, le harcèlement sur les réseaux sociaux, tu en penses quoi ? Facebook & Co. : bénédiction ou malédiction ?

A la base, c’est un outil formidable d’échanges et de rencontres, j’en fais l’expérience depuis que je suis auteure. Mais il est important de ne pas oublier que de l’autre côté de notre écran, il y a des êtres humains. Le virtuel désinhibe, pour le meilleur et pour le pire. C’est la porte ouverte à toutes les fenêtres, à chacun d’éviter les courants d’air ! C’est complexe de se protéger quand on s’expose, et pas que pour les adolescents.

 

Nos oreilles à rallonge ont entendu dire que tu avais l'âme d'une poétesse... ne penses-tu pas que la poésie est réservée à une sorte “ d'élite “ ? Est-ce qu'à notre époque ça peut encore parler aux gens, surtout quand on est confronté quotidiennement à l'avènement de la connerie & la consécration de la vulgarité ?

Je me trémousse de joie quand un lecteur repart avec l’un de mes recueils de poèmes. Oui c’est une lecture qui peut paraître archaïque, à nous de la défendre. Mais la poésie est plus vivante que jamais car aujourd’hui, les gens écoutent les poètes. Prenez David Bowie et Hubert-Félix Thiéfaine, commandeurs de l’ordre des Arts et des Lettres tout de même !

 

As-tu des projets, chère Magali ? Si oui, tu veux bien nous en dire plus ?

Je m’essaie à un troisième polar, j’ai un nouveau scénario de court-métrage sur le feu, et je cherche un illustrateur pour publier mes contes allégoriques qui traitent du terrorisme, de la décroissance…

 

Et pour mieux te connaître, quelle lectrice es-tu ?

J’ai beaucoup lu durant ma jeunesse et mes études de Lettres. Le maître, pour moi, c’est Maupassant. Je lis moins depuis que j’écris, mais je dévore toujours du polar.

 

Tes passions dans la vie (autre que l'écriture) ?

Mon fils, le cinéma, la musique, le piano, le slam.

 

Qui t'inspire ?

Les bons… et les méchants.

 

Et pour finir, ta Madeleine de Proust à toi, ce serait quoi ?

La liste est longue, je suis de nature très nostalgique. On va dire : l’odeur des foins coupés.

 

Enfin, tradition oblige, tu as carte blanche pour faire passer un message de ton choix (cri d'amour ou coup de gueule, c'est comme tu veux) :

Notre époque éprouve durement nos facultés à exister, j’invite donc à la révolte : soyons passionnés !

 

Merci à toi d'avoir accepté d'éclairer notre lanterne !

On te souhaite bonne chance pour les votes !

 

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Chers aventuriers égarés, bienvenus dans mon royaume souterrain où le Chaos, les Ténèbres et la Folie sont les seuls maîtres à bord ...