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Chers aventuriers égarés, bienvenus dans mon royaume souterrain où le Chaos, les Ténèbres et la Folie sont les seuls maîtres à bord ...

05 Jun

" Dis-moi que tu mens " de Sabine Durrant (2017)

Publié par Benedict Mitchell  - Catégories :  #Alcôves

" Dis-moi que tu mens " de Sabine Durrant (2017)

Très impressionnée par la récente découverte du premier roman de Sabine Durrant (Ce que tu veux), j'étais très impatiente de voir si l'essai était transformé avec son nouveau roman, Dis-moi que tu mens.

Certes, après un roman très féminin abordant la thématique des relations abusives (du pervers narcissique), ici il m'est apparue qu'on partait pour son extrême opposé, un roman bourré de testostérone avec un auteur en manque d'inspiration et plus intéressé par sa réussite personnelle que par la sincérité et l'honnêteté dans ses rapports humains.

Jugez-donc par vous-même :

 

4ème de couverture

 

" Tout commence par un mensonge. De ceux qu’on fait tous pour impressionner une vieille connaissance. L’histoire de votre vie, légèrement embellie, face à cet avocat brillant, époux et père comblé, que vous avez croisé par hasard.
Puis, sans savoir comment, vous vous retrouvez à dîner chez lui, à accepter une invitation en vacances, propulsé dans une vie de rêves – celle à laquelle vous avez toujours aspiré. Jusqu’à ce que cette vie ne semble plus si idyllique…
Mais vous êtes déjà pris au piège, transpirant sous l’impitoyable soleil de Grèce, brûlant d’échapper à la tension ambiante. Alors vous comprenez que, si douloureuse la vérité soit-elle, ce sont vos mensonges qui ont causé le plus de tort… Et, à ce moment-là, il est déjà trop tard. "


L’auteur de Ce que tu veux revient avec un nouveau thriller remarquable, un huis clos où le héros court sans le savoir vers son destin… et son inéluctable chute.



" Dis-moi que tu mens ménage avec maestria une tension constante. L’auteur signe aussi là une satire incisive : elle cerne ce monde bourgeois dysfonctionnel avec une finesse désopilante. "

The Guardian


" Un suspense psychologique féminin qui nous agrippe. "

L’EXPRESS


" ÉPOUSTOUFLANT ! "

Télématin

Bon, une fois n'est pas coutume cette chronique ne sera pas très fouillée.

Pourquoi ?

Parce que pas grand chose à en dire, voilà tout.

 

Paul Morris est écrivain. Il a publié, il y a déjà un p'tit moment, un roman à succès. Quant au suivant, il galère... pour son éditeur, ce qu'il fait est... merdique ! Et puis Paul est un mythomane invétéré. Il n'hésite pas à se faire passer pour ce qu'il n'est pas, à cultiver son paraître pour donner l'impression d'être quelqu'un. Alors qu'au fond, il n'est certainement pas le winner qu'il pense être.

Un jour, dans une librairie, il croise un ancien pote de la fac. Une connaissance plutôt. Andrew Hopkins, homme d'affaire. Un p'tit mensonge plus tard, le voilà invité chez Andrew, pour dîner. Il y rencontre une amie d'Andrew, Alice. Quelque chose l'attire chez cette jeune veuve (enfin, elle n'est plus de première fraîcheur, la Alice, mais que voulez-vous... une bite n'a pas d'oeil, comme on dit...). Et Paul succombe au charme de la femme d'expérience... quelques petits mensonges plus tard, voilà Paul qui se retrouve convié à passer des vacances en Grèce avec sa bande de nouveaux amis. Des gens bizarres, qui mettent mal à l'aise d'emblée. Et Paul s'enfonce toujours plus loin dans ses bobards... les tensions émergent jusqu'à en devenir étouffantes. Et forcément, l'orage finit par éclater.

De superbes vacances en Grèce, hein ? Pas sûr...

 

Je n'en dirais pas beaucoup plus sur l'intrigue sinon je risque de gâcher le plaisir de la découverte.

Enfin, découverte... faut le dire vite car j'ai malheureusement deviné très tôt le dénouement et le véritable coeur de l'intrigue... et la mayonnaise n'a pas pris pour moi.

 

C'est une réelle déception, et ce pour plusieurs raisons :

- Aucune empathie pour le héros, Paul. Un sombre connard qui accumule bourde sur bourde. Je ne sais pas qu'elles étaient les véritables intentions de l'auteure quant à ce personnage : nous le faire aimer ? comprendre ses motivations ? ses névroses ? Toujours est-il qu'il ne m'a aucunement émue. Il m'a fait chier, plutôt.

- Aucune empathie pour le reste de la "joyeuse" bande : malheureusement pour moi, une série de caricatures, des portraits clichés...

 

Cependant, j'ai quand même aimé un certain nombre de choses :

- La tension qui monte graduellement, la moiteur de l'ambiance, accentuée par le séjour en Grèce mais pas que. Certes, on sent très vite qu'il se trame quelque chose de pas très catholique, on se met à espérer que Paul ne va pas se laisser engluer dans la gigantesque toile qui se tisse tout autour de lui, et quelques situations nous donnent l'impression de manquer d'air.

- Le fait que l'auteure cherche à nous emmener dans un jeu de faux-semblants, comme dans son roman précédent... ne jamais se fier aux apparences.

- Un roman très immersif avec des descriptions très fournies.

- Le style de l'auteure

 

Mais bon, voilà, je n'ai pas envie de développer outre mesure. Je n'ai pas de citations à partager avec vous. Certes, j'ai eu envie d'avancer dans ce roman, de par son côté distrayant, mais je ne peux en rien le comparer à l'effet que m'avais fait Ce que tu veux.

 

Alors oui, peut-être n'était-ce pas le bon moment pour lire ce genre de livre, peut-être qu'il est trop masculin (pourtant je suis pas une fana de ce qu'on nomme plus communément le " girly ") mais je ne peux m'empêcher de ressentir un certain malaise : oui, le dénouement est cruel, crédible, diabolique. On comprend mieux le pourquoi du comment. Mais ça ne m'a pas touchée. Je suis restée spectatrice, je n'ai pas ressenti la moindre once de compassion pour Paul, et les autres personnages m'ont très tôt saoulée. 

 

Ce sont des choses qui arrivent, on ne peut pas tout aimer, ça serait trop facile. Pourtant j'entends ici et là que ce roman a globalement été apprécié, ce qui est donc le signe manifeste de sa qualité, que je ne nie absolument pas. Juste la thématique, le tissage de l'intrigue qui m'ont fait me dire : " déjà lu/vu " pour le " happy end ". Je n'ai tout bonnement pas été convaincue. Sans doute que je n'aurais pas dû enchaîner deux livres de cette auteure. J'ai l'impression d'un pétard mouillé avec Dis-moi que tu mens mais je ne me priverai pas pour autant de découvrir son prochain roman.

 

Et le côté satire d'une certaine bourgeoisie là-dedans ?

Oui... des gens détestables, qui mettent mal à l'aise, qui obligent sans doute les moins bien lotis qu'eux à s'adonner au(x) mensonge(s)... des gens pourris, gâtés de l'intérieur ? Peut-être que oui, mais pas que... les ordures ça concerne tout le monde après tout. À moins que ce ne soit le prestige d'une réputation, d'un statut social qui finit par corrompre et salir toute chose, toute personne... Oui, crédible, sans doute la seule chose que je retiendrai de la lecture de ce thriller psychologique...

 

En fait, ce livre m'a fait un effet des plus bizarres : pas vraiment d'empathie de ma part (vous l'aurez compris) mais j'ai été suffisamment déroutée pour le lire jusqu'à la fin. Bien sûr, il se passe un tas de choses, le passé possède un poids très lourd pour les principaux personnages... on ne s'ennuie pas, hein ! Mais il subsiste malgré tout un malaise, que je ne pense pas imputable à la fin pas rose du tout (ce qui, d'habitude, ne me gêne pas - ici, je me suis même dit : " bien fait pour sa gueule ! "). Parfois, y a des choses qu'on ne peut tout simplement pas expliquer. 

 

MA NOTE : 3 / 5

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