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Chers aventuriers égarés, bienvenus dans mon royaume souterrain où le Chaos, les Ténèbres et la Folie sont les seuls maîtres à bord ...

29 Apr

" Sans masque ni tabou " de Dan Belisto (2017)

Publié par Benedict Mitchell  - Catégories :  #Alcôves

" Sans masque ni tabou " de Dan Belisto (2017)

Dan Belisto... qui c'est encore celui-là ? Encore un nouveau venu dans la large vague de la New Romance, me direz vous ? Peut-être que oui, peut-être que non, parce que derrière ce nom énigmatique se cache un auteur confirmé de polar... résidant dans les Hauts de France... À vous de vous débrouiller ! Tout est dans le nom ! 

Bon, et si on causait plutôt de Sans masque ni tabou, la première parution de la collection New Idyll des Editions Aconitum ! Tu vas encore me dire que t'en as soupé de la littérature érotico-romantique... sauf que là ça n'en est pas... enfin, pas vraiment. C'est plus profond (sans mauvais jeu de mot, hein !). Tu vas dire que je suis méchante (mais j'assume) mais oui, ça pourrait bien être de la littérature érotico-romantique mais avec un cerveau ! Ici, il va pas s'agir d'exciter la lectrice en manque de sensations fortes, même si elle sera titillée malgré tout. Non, il va s'agir de la faire réfléchir, s'interroger sur des thèmes qui lui parleront à coup sûr ! Parce que c'est mieux, non ? Apprendre tout en lisant, OK. Mais si en plus tu peux être émoustillé(e), hein que t'aime ça ma cochonne/mon cochon ! Oh ! me dis pas que t'es choqué(e) ? Espèce de p'tite nature, va ! (rires)

 

4ème de couverture :

 

Ses titres Gang Bang et Prends-moi ! apportent à la jeune chanteuse Oly une gloire qu'elle entretient à grands renforts de provocations et d'exhibitionnisme.

Le succès du premier roman de David Therrier, La Confusion des sens, est tel qu'il perd ses repères... Sombrant dans l'alcool, il trompe son épouse. Elle le quitte.

Jamais les chemins de ces deux artistes que tout oppose n'auraient dû se croiser...

Et pourtant.

 

Sur fond de mensonges et de sous-entendus, de hasards qui n'en sont pas toujours, l'heure est venue de se libérer des tabous et d'enlever les masques ! 

L'auteur ayant expressément demandé à ce qu'on ne spoile pas, je vais devoir la faire courte. Oui, le vieil adage du "plus c'est long, plus c'est bon" n'est pas de mise, pour une fois.

Non, en fait il a raison : toi, lecteur/lectrice innocent(e) et virginal(e), il est vraiment important que tu ne sois pas défloré(e) avant la lecture de ce livre. Parce que tu vas être très surpris(e) ! Mais de ça, on en rediscute juste après le petit topo sur l'intrigue ! 

Alors, c'est l'histoire de deux artistes que tout oppose mais qui au fond sont dans la même galère : le succès fulgurant et l'enfer lié à la gloire. D'un côté tu as Oly, une jeune chanteuse qui a gagné un télé-crochet. Le petit plus qu'elle a c'est qu'elle n'a pas du tout froid aux yeux et que côté provocation, elle surpasse Lady Gaga, Madonna, Britney Spears, Rihanna... pour te dire, ouais ! Rien que le titre Gang Bang, t'as compris ! Et encore, t'as pas vu le clip ! Nom de diou !!! Bref. A grands coups de provocations et de tenues équivoques, elle est adulée par les adolescentes et ne peux pas faire un pas dans la rue sans être poursuivie par une cohorte de mouches à merde, j'entends par là des paparazzis. 

Et de l'autre côté, tu as la version plus chic, l'écrivain à succès ! Un 1er titre et hop ! c'est le best-seller et un prix prestigieux. Là tout change, à commencer par le regard de soi, et celui des proches. L'alcool s'invite là-dedans parce que page blanche, manque de confiance, pression pour le prochain bouquin et tout le toutim. David n'arrive plus à écrire et sombre. Un soir, bourré, il commet l'irréparable et ne peut s'empêcher de le dire à sa femme. Résultat des courses : elle le quitte. 

Alors qu'il est à terre, que l'échéance de la livraison du second manuscrit approche à grands pas, Jérôme, l'éditeur de David, propose de lui prêter les clés de sa villa à Mexico, histoire de changer d'air, de faire un break, et qui sait, de retrouver l'inspiration. Bon, il le sait pas mais le fait est que David sans sa femme, ça fait peur. Du coup le gars il a pitié de son jeune poulain. Ouais, tous les éditeurs ne sont pas des requins sans coeur ! Un jour de pluie diluvienne sur Paris et après la réception des clés de son lieu de villégiature, une inconnue entre par mégarde dans sa voiture. Elle est poursuivie par une nuée de mouches à merde et lui demande de l'aider à les fuir. Le coeur sur la main (oui, tous les alcooliques ne sont pas des gros cons pour autant), David accepte, avant de se rendre compte de qui il transporte ! Il n'est pas au bout de ses surprises. Oly non plus. 

Quelle mouche a piqué le Destin ? Vous le saurez en lisant Sans masque ni tabou ! 

Perso, ce genre de caisse (Porsche Panamera) ça me laisse complètement de marbre...

Perso, ce genre de caisse (Porsche Panamera) ça me laisse complètement de marbre...

Sans masque ni tabou c'est une putain de claque ! Ouais, je suis vulgaire. Et alors, tout comme Requiem, je t'... ! 

Quand j'ai vu le macaron New Idyll j'ai eu très peur. Oui, je suis comme ça, et comme toi, je suppose, j'ai souvent des à priori sur un tas de choses, et ça s'avère souvent sans fondement. Comme on dit, y a que les cons qui changent pas d'avis. Et ça prévaut aussi pour les connes ! 

Donc, je m'attendais à de la romance, un terme péjoratif - pour moi  - qui englobe tout un tas de fadasseries et autres guimauves volontairement choquantes qui n'a d'autres effets - encore pour moi - de remplacer un bon porno. Certains sont plus visuels tandis que d'autres préfèrent imaginer. Mais le résultat est le même : dans tous les cas, tu vas sortir ton toy intime ou te coller à ton mec/ta nana pour quémander le câlin du samedi soir (et peut-être même du vendredi soir si t'es en veine !). Dans ce genre de "livres", on va dire que le style conviendra aux lecteurs peu exigeants, et qu'une fois lu, t'oublieras et passeras au suivant. Ce que t'en auras retenu : du cul, quelques fantasmes de plus dans ta besace à cochonne, quelques dialogues dégueulant de guimauve, autant dire le néant. Désolée, mais je suis comme ça : quand j'aime pas, j'aime pas ! 

Ben laisse-moi te dire que j'ai révisé mon jugement (assez péjoratif, j'avoue) sur la littérature romantico-érotique ! Non, je ne lirai pas le tome 2 de 50 nuances de ... merdes grises. En fait, y a rien de mal à vouloir parler des rapports homme/femme. On est tous concerné. Mais faut aussi pouvoir ancrer tout ça dans la vraie vie, car les contes de fée, ça n'existe pas jusqu'à preuve du contraire. OK, ça tourne bien pour toi & ton Jules ? Cool ! Mais faut jamais dire jamais ! On est jamais à l'abris d'un accident de parcours. Bref. Là n'est pas la question. En fait, je viens de réaliser qu'on pouvait donc aborder des thématiques chères à ce genre-littéraire bien précis mais tout en le saupoudrant d'un peu de vraie vie, d'un peu de noirceur, d'un peu de vérités, pour en faire au final un roman qui fait du bien au coeur, et au cerveau ! 

En bref, ça dépote, ça bouge, l'auteur nous surprend. Je ne m'attendais pas à ça, sincèrement ! À tel point que je ne qualifierais pas ce roman de "New Idyll"... plutôt une nouvelle façon de raconter de la romance, et encore... de la romance moderne, pas du genre Arlequin & Co. ! Un roman sur les relations humaines, sur l'ouverture aux autres, les dépendances qui nous enferment dans des carcans et nous rend malheureux, sur des rencontres qui peuvent changer des vies, nous faire prendre une autre direction... 

Et puis il y a un côté engagé, militant dans ce roman : pour certaines causes, pour dénoncer certains travers ! Par exemple, il y a une scène très glauque et trash. Elle ne l'est pas dans son vocabulaire, mais on sent que quelque chose cloche, que c'est grave... et on réalise que ça arrive à beaucoup. Ça concerne une certaine dépendance que je ne nommerai pas. Mais ça claque, ça grince. Après, militant et engagé par rapport au féminisme, à l'acceptation de son corps, à l'image véhiculé dans la société... bref. Des questionnements qui font du bien et dont on devrait parler davantage dans les médias afin d'espérer une évolution des consciences dont on aurait bien besoin, plutôt que de nous dire comment penser et pour qui voter... 

Playa del Carmen (Mexique) et la rivière Maya... le lire c'est bien, mais voir à quoi ça ressemble c'est quand même mieux, non ?

Playa del Carmen (Mexique) et la rivière Maya... le lire c'est bien, mais voir à quoi ça ressemble c'est quand même mieux, non ?

< EXTRAITS >

 

L'écriture. Quel meilleur moyen de perpétrer les pires atrocités en toute impunité, d'assouvir les fantasmes les moins avouables, d'oser enfin dire le fond de sa pensée sous couvert de personnages imaginaires ? "

(...)

Il est sans doute temps que je porte à la connaissance des plus néophytes d'entre vous en matière d'alcoolisme, les vertus intrinsèques de la vodka par rapport aux autres boissons alcoolisés : c'est en effet le seul alcool qui ne donne pas d'odeur à l'haleine. C'est pour cette raison qu'elle est de loin le breuvage préféré des dépendants alcooliques. "

(...)

Pour n'importe qui, la vie des célébrités peut paraître pour le moins enviable : l'argent facile, la renommée, le luxe, etc. Mais derrière cette façade se cache souvent un profond mal-être qui peut sembler contradictoire. Prenez par exemple le cas de Robin Williams, dont le suicide m'avait particulièrement affecté : ce type pétri de talents, oscarisé, génial à chacune de ses apparitions, qu'on imaginerait nageant dans le bonheur, était rongé depuis des années par un mal si profond qu'il avait choisi la mort plutôt que la lutte. Imaginez maintenant une jeune fille née dans le Nord qui, grâce à un joli brin de voix et quelques attraits physiques, se voit projetée du jour au lendemain sous les feux des projecteurs. On la reconnaît dans la rue, on lui demande des autographes. Au début c'est amusant : elle a atteint son objectif de gloire, de notoriété. Mais immanquablement, au bout d'un mois ou d'un an, elle désirera pouvoir sortir faire les boutiques avec ses copines sans avoir dix paparazzis collés à ses basques. Pour retrouver l'anonymat, elle n'aurait dès lors d'autre choix que d'abandonner son rêve le plus cher. Que lui resterait-il ? La famille ? Les amis ? Plus rien ne serait comme avant car elle serait devenue une star ! Leur regard aurait changé sur elle, inévitablement. Alors, pour se sentir vivante et oublier un peu son quotidien, elle tomberait dans la drogue, l'alcool. Oui, c'est aussi un peu mon histoire. Mais elle colle aussi à une majorité d'artistes et principalement les plus extravertis. Pensez-vous que ce soit son choix de s'afficher les fesses au vent ? Imaginez-vous une gamine de vingt ans se dire : " Ah ben tiens, ce soir je vais m'arranger pour me faire prendre en photo en train de me faire peloter par deux mecs " ? Je n'y crois pas une seconde. Derrière cette culture du buzz à tout prix, il y a des agents, des maisons de disques, des secrétaires qui lui rabâchent toute la journée qu'une mauvaise publicité est quand même une publicité et que l'important est que l'on parle d'elle pour que ses disques se vendent et que ses concerts soient remplis. "

(...)

" - Le problème de nos civilisations occidentales, reprit-elle avec un sérieux presque professoral, c'est que la nudité est devenue taboue. Il y a encore en Afrique, en Amérique du sud ou en Australie, des tribus qui vivent nues à longueur de temps. Chez nous, dès que tu montres un téton ou un bout de fesse, on crie au scandale ! Et pourquoi ? 

- Parce que les gens ne sont pas habitués, je suppose.

- Absolument ! Je suis naturiste, tout simplement. Et en tant que célébrité, j'essaie juste de faire évoluer les mentalités. La nudité n'est pas taboue...

Elle reprit une gorgée de mojito avant d'ajouter :

- J'ai une question à te poser.

- Je t'écoute.

- Connais-tu le nombre de viols par an dans les camps de naturistes en France ?

Je haussai les épaules. N'étant pas adepte de nudisme et n'ayant jamais rien écrit sur le sujet, les statistiques relatives au naturisme m'étaient étrangères.

- Zéro, répondit-elle en formant le chiffre avec son pouce et son index. Zéro !

- Et tu en déduis quoi ?

- C'est évident, non ? Dans les camps naturistes, les hommes et les femmes sont parvenus à dépasser l'attrait sexuel de la nudité et les hommes ne sont plus excités dès qu'ils entrevoient un morceau de chair fraîche.

J'admettais volontiers que son hypothèse soit pertinente dans la mesure où, moi-même, je venais de faire ce constat quelques minutes auparavant.

- Mais, repris-je, tu devrais expliquer tout ça au lieu de jouer les provocatrices, parce que pour l'instant, tu passes pour une...

Je cherchais un mot plus délicat que " pétasse ", " pute " ou " salope ".

- " Traînée ", proposa-t-elle.

- Oui, un peu...

- Je le sais bien, mais c'est en choquant les esprits que l'ont fait avancer les choses. Depuis les années soixante-dix, nous avons régressé. Et regarde le résultat. Regarde les expositions, les affiches de films, les couvertures de livres censurées pour ne pas choquer les esprits puritains !

- Oui, mais c'est aux Etats-Unis...

- Nous prenons le même chemin en France ! Je me souviens de la réponse d'Eva Green,  lorsqu'une affiche de Sin City 2, la présentant sous un voile transparent, avait été censurée.

L'affiche en question...

L'affiche en question...

- Quelle était cette réponse ?

- " Un sein n'a jamais tué personne... "

- Mais, ce sont les féministes qui réclament depuis des années qu'on arrête de dévoiler des corps de femmes dans les publicités.

- Certaines, oui... Mais elles se trompent de combat. C'est au contraire en banalisant la nudité, féminine comme masculine, qu'on libérera la femme ! Regarde les Femen... Elles ont bien compris qu'il fallait marquer les esprits pour espérer faire passer un message. Tu connais Déborah de Robertis ?

- Non, avouai-je.

- C'est une artiste luxembourgeoise qui se déshabille dans les musées. Je l'adore cette femme ! Elle expose son sexe sous des tableaux de nus et tu sais quoi ?

- Non...

- Au musée d'Orsay, alors que les visiteurs saluaient sa performance, elle s'est fait emmener par la police... Et le musée d'Orsay, c'est bien en France ! "

Déborah de Robertis & L'Origine du Monde... Quoi ? ça vous choque ? En même temps, on vient tous de là... enfin, presque tous (les bébés de césariennes n'ont pas eu cette chance...)

Déborah de Robertis & L'Origine du Monde... Quoi ? ça vous choque ? En même temps, on vient tous de là... enfin, presque tous (les bébés de césariennes n'ont pas eu cette chance...)

(...)

Mon " besoin " d'alcool, son " besoin " de sexe. Deux addictions pernicieuses, comme n'importe quelle addiction au demeurant, handicapantes dans les relations sociales, issues, dans son cas comme dans le mien, d'un mal-être si profond qu'on ressent le besoin de s'accrocher à autre chose. Parachutes en torches, susceptibles de s'embraser instantanément. Béquilles en carton-pâte. "

(...)

... J'avais un de ces feux entre les cuisses ! Y avait qu'un bon coup de lance qui pouvait l'éteindre. "

(...)

Un truc qui m'a toujours excitée, c'est le moment où tu découvres le matos dans le caleçon d'un homme. C'est comme un Kinder surprise : tu sais jamais quel jouet tu vas avoir, ni combien de temps tu vas passer dessus. Des fois, t'es déçue au départ mais dès que tu poses la main ou les lèvres, tu sens l'engin gonfler, se raidir... Et d'autres fois, c'est le contraire : au repos, t'as l'impression que tu vas avoir affaire à un sexe de compétition, genre acteur de X et tu te retrouves avec une demie-molle au rabais. "

MA NOTE : 5 / 5 

-> Une romance des temps modernes qui va davantage chercher dans un Thelma & Louise version homme/femme plutôt que dans un "50 nuances...". Plus qu'une romance c'est une comédie psychologique, avec beaucoup d'humour, une bonne dose de provocation, un zeste d'engagement, un tout petit côté mélodramatique et énormément d'humanité ! 

 

Un livre qui fait du bien, qui se lit tout seul, qui a plein de messages à délivrer et qui interrogera le lecteur sur la question de la gloire éphémère, de la nécessité de croire en ses rêves, et de croire en soi surtout.

Sans masque ni tabou  c'est une très belle réussite qui jouit en plus d'une couverture qui claque ! C'est un hymne à la tolérance, à l'acceptation de soi. Et comme son titre l'indique, il appelle à se défaire de ses oeillères, à se débarrasser de son carcan pour mieux vivre. 

Bref, très agréablement surprise je suis ! Moi qui avais peur d'être déçue, j'aurais dû me dire qu'avec Aconitum il n'y avait pas de risque de l'être car cette maison d'édition a toujours à coeur de proposer des publications qui sortent des sentiers battus !!! 

#fleursauvagenefanerapas

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