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Chers aventuriers égarés, bienvenus dans mon royaume souterrain où le Chaos, les Ténèbres et la Folie sont les seuls maîtres à bord ...

05 Feb

" Été pourri à Melun-Plage ", de Nicolas Duplessier (2016)

Publié par Benedict Mitchell  - Catégories :  #Alcôves

" Été pourri à Melun-Plage ", de Nicolas Duplessier (2016)

Des fois tu penses vivre dans la ville la plus désolante au monde ! Tu te dis qu'on pourra jamais faire pire que machin-en-jesaispasquoi. Sauf quand t'ouvres le 1er roman d'un auteur qu'il va falloir surveiller de près. La promesse (affichée dès le titre du livre) d'un été pourri à Melun-Plage. Ce pourrait-il qu'on touche le fond dans ce roman noir désolant ? Peut-être bien que oui...

 

4ème de couverture :

" Florian traîne son mal de vire dans les rues de Melun, entre un boulot minable et une vie sentimentale sans joie.

De morose, son existence devient vraiment pourrie le jour où Roxane, l'ex-grand amour de sa vie, est portée disparue.

Très vite dans la ligne de mire des policiers, Florian doit mener sa propre enquête et se confronter à ses fantômes, découvrant une histoire qui le dépasse et la tonne d'emmerdes qui l'accompagne. "

Été pourri à Melun-Plage est un roman noir et cinglant qui raconte la descente aux enfers d'un loser pas du tout magnifique.

Nicolas Duplessier est né en 1978, à Melun. Hypnotisé par le cinéma, il rêve d'une carrière de réalisateur, mais le destin le tourne vers l'écriture après avoir lu Le Dalhia noir de James Ellroy. Transporté par son obsession pour le roman sombre, il écrit Été pourri à Melun-Plage, son premier roman.

Melun, une ville de contrastes
Melun, une ville de contrastes

Melun, une ville de contrastes

-> Dead Zone...

Florian est un beau loser dans toute sa splendeur. Queutard sans affect, c'est le genre à se taper une pute sur le bord de l'autoroute plutôt que de s'occuper de sa meuf, qu'il fait vivre dans une caravane alors qu'il fait construire... ouais, sa maison est en stand-bye... Ce mec, qu'on pourrait presque qualifier de "dépressif" n'a pas vraiment de but dans la vie. Il bosse dans un dépôt-vente, se fait chier continuellement, aime se murger régulièrement... sans doute qu'il a pas fait le deuil d'un truc. Alors, quand la sexy Roxane (son ex) resurgit dans son morne quotidien et lui file rancard, avide de savoir ce qu'il devient depuis leur rupture, bah Florian réfléchit pas trop. Il y va, il met les pieds dans le plat, et tant pis pour les conséquences. Ouais, sauf que paniqué par l'absence de réaction de sa dulcinée, il cherche à la revoir. Et là c'est le drame. La miss a tout bonnement disparu, elle a même abandonné sa jolie voiture et son chat. L'instinct se réveille. Il a dû lui arriver quelque chose. Florian décide de prendre les choses en main et de poser lui-même les questions. Quitte à remuer la merde. Quitte à s'en foutre plein les mains. C'est qu'il l'a dans la peau la miss Roxanne. Parce qu'elle le vaut bien ? Peut-être bien que oui... peut-être que non...

 

-> Efficace et pas cher... c'est Melun que j'préfère ! (ou pas...)

Bon. On nous vend ce premier titre comme un roman noir. Oui, c'est pas faux. Ça commence fort dans le genre désolation ambiante. Melun... en prend plein son grade ! Je connais pas cette ville, mais après avoir refermé le livre, ma plus grande crainte c'est d'y mettre un jour les pieds ! LOL Parce que pas vendeur du tout ! Et encore moins paradisiaque...

À part ça, le truc un peu embêtant de cette chronique c'est que j'ai pas du tout été transportée par ce qui arrive à Florian. Me suis pas sentie concernée, je n'ai pas été touchée, je n'ai pas vraiment été ferrée par l'intrigue.

Je dois admettre que j'ai apprécié la lecture de la 1ère partie du livre. Quant à la 2ème, ça a été plus compliqué, dirons-nous.

Je ne sais pas à quoi attribuer ce ressenti quelque peu contrasté : la construction parfois trop simple ? le manque d'affect quant aux différents personnages ? L'électroencéphalogramme est resté un peu plat et franchement ça fait chier... mais bon, c'est la vie, on ne peut pas plaire à tous les coups, on ne peut pas tout aimer. Ouais, les lectures se suivent mais ne se ressemblent pas systématiquement.

Après oui, indulgent il faut l'être car il s'agit d'un premier roman. Si parfois ça se ressent avec quelques maladresses stylistiques, ça reste bon dans l'ensemble. Effectivement, la construction du roman est assez cinématographique, on ressent la passion de l'auteur pour le cinéma.

C'est un roman qui se lit tout seul, sans prétention, sans révélation philosophique de ouf pour autant mais avec néanmoins pas mal d'humour. Parfois trop. Comme chez Gilles Legardinier, c'est quasiment du non stop. Pas de temps mort. Parfois ça en devient lourd et plus trop crédible.

Les thématiques évoquées ? Bah à part pour te rappeler que t'as une vie vachement plus sympa que celle de Florian et t'aider à relativiser, ça reste du classique : certains mecs sont vraiment de gros salopards et prennent les meufs pour le marchandise. Voilà. Basique. Normal. Trop, même.

Socialement, ça reste très acerbe et critique, proche du glauque. Et c'est sans doute le point positif du roman pour moi. Après voilà, l'auteur débute et on ne peut que l'encourager à persévérer et à poursuivre. Rome ne s'est pas construite en un jour, hein !

En plus de ça, la météo est pourrie... où est l'espoir dans tout ça ? Bah curieusement dans la fin, qui m'a un peu choqué, et je sais pas dans quel sens... Une "jolie" fin, presque normale et à laquelle je ne m'y attendais pas (roman noir oblige), j'avoue que je suis un peu perdue.

< EXTRAITS >

" Melun.

Spectacle désolant d'une banlieue apathique. Au mieux, une ville réputée comme sans identité, au pire, définie comme une cité ringarde.

Melun sera toujours Melun. "

(...)

" Melun est une commune spéciale. À l'image des villes imaginées par Stephen King, elle semble avoir quelque chose d'anormal : banlieue grise et ennuyeuse que les seuls à ne pas trouver glauque sont ceux qui y vivent depuis toujours. "

(...)

" L'alcool ne résout pas les problèmes.

Mais l'eau non plus. "

(...)

" Quartier prolo au nord de Melun. Cité sinistre comme tant d'autres de la France d'aujourd'hui. Mon paternel crèche au dernier étage de la tour Plein Ciel, un immeuble d'habitation visible de loin. La crème de la crème en matière d'urbanisme visionnaire dans les années soixante. Un immonde bâtiment aujourd'hui.

Putain de quartier.

Je laisse ma Ford sur le parking du centre commercial et parcours le reste du chemin à pied. Quelques personnes dans la rue. Toutes louches. Toutes me regardent. Certaines avec indifférence. La majorité avec hostilité. J'essaie de prendre l'air le plus décontracté possible. Le quartier est aussi ignoble que lorsque je suis venu la dernière fois. Il coulera encore beaucoup d'eau sous les ponts avant qu'il en soit autrement. Trottoirs jonchés d'ordures, enfilade de rideaux de fer baissés et ombres menaçantes dans les halls privés d'électricité. Comme si une épidémie avait décimé les habitants.

Le béton à pétrifié la misère, isolant les classes les plus misérables. Le nombre de chômeurs a doublé. Ici plus qu'ailleurs, les conséquences dévastatrices ne se sont pas fait attendre. Chômage de masse qui glisse doucement vers une pauvreté de masse, émeutes populaires et désobéissance civile, séquestration des patrons pourris et autres escrocs en col blanc. "

Nicolas Duplessier

Nicolas Duplessier

MA NOTE : 3.75 / 5

-> UN 1ER ROMAN NOIR SOCIALEMENT ACERBE & DÉGUEULANT DE DÉSOLATION.

C'est correct, ça se lit assez facilement. Pour les lecteurs plus exigeants ça manque de quelques petites choses qui seront corrigées avec l'expérience que ne manquera pas de prendre l'auteur.

Si la fin m'a déçue, les personnages ne m'ont pas plus emballée que ça. Heureusement que l'humour était au rendez-vous (bien que parfois un peu trop lourdingue).

On me cite direct du James Ellroy en 4ème de couv' en influence majeure de l'auteur. Pour le côté critique sociale je suis d'accord, pour le côté corruption & Co. aussi, après j'attends de voir son évolution. Assurément, Nicolas Duplessier a un fort potentiel ! La suite, please !

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