Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Chers aventuriers égarés, bienvenus dans mon royaume souterrain où le Chaos, les Ténèbres et la Folie sont les seuls maîtres à bord ...

29 Jan

" Ne prononcez jamais leurs noms ", de Jacques Saussey (2017)

Publié par Benedict Mitchell  - Catégories :  #Alcôves

" Ne prononcez jamais leurs noms ", de Jacques Saussey (2017)

Bon. Autant le dire de suite, c'est le 1er roman de Jacques Saussey que je lis. Et commencer par ce livre-là n'est sans doute pas ce qu'il y a de plus judicieux car il s'agit de la 6ème enquête de son couple de flics phares, Daniel Magne et Lisa Helflin ; ce roman faisant directement suite à La Pieuvre (paru en 2015). Même si les principaux rebondissements sont rappelés dans ce nouveau roman, ça peut encore aller, j'ai pu comprendre leur passif respectif.

Et le moins qu'on puisse dire, c'est que l'histoire commence très fort... jugez un peu par vous-même avec cette 4ème de couverture qui est un extrait du 1er chapitre :

 

-> " Le train roulait de plus en plus vite. Il passa sur un aiguillage qui le fit tanguer comme un navire pris dans les vagues d’un chenal agité par le vent. Les yeux écarquillés de Karine s’abaissèrent vers le plancher. Sous le siège 66, la poignée du sac avait basculé en pleine lumière. Elle s’accroupit et le tira vers elle, et ce fut soudain comme si elle avait pu voir au travers du tissu. Comme si cette forme oblongue qui le déformait lui avait murmuré quelques mots funestes à l’oreille. Elle eut juste le temps de prendre une profonde respiration pour pousser un hurlement. Et puis le monde s’éteignit dans un grand éclair blanc. "


Ne prononcez jamais leurs noms est la sixième enquête du Capitaine Daniel Magne et du Lieutenant Lisa Heslin. Certainement la plus dangereuse...

La gare d'Hendaye

La gare d'Hendaye

-> " Et j'entends (plus) siffler le train... " (air connu)

Un train. Bondé. Retour de vacances. Des familles. Nombreuses. OK, vous voyez le tableau ?

Une mère de famille avec son gamin qui rencontre dans un train, un beau mec mystérieux & gentleman (c'est tellement rare de nos jours). Le coup de foudre ? Elle croit pas si bien dire... Le hic, il a oublié quelque chose dans la gare... le train part et puis là vient le coup de massue. Juste sous le siège qui lui fait face. Et puis boum !

Daniel Magne est attablé face à la gare. Il fait ce qu'il fait de mieux depuis la fin du précédent roman. Il se désaltère. Il picole. De plus en plus. Ça lui a d'ailleurs valu d'être mis au placard. Avec Lisa, ça a capoté à cause des événements du précédent livre. Elle lui en veut à mort. Du coup il a quitté le 36 Quai des Orfèvres, un peu forcé par la hiérarchie. Bref. Il est aux premières loges quand ça pète. Son instinct de flic reprend le dessus et il se précipite vers les lieux du drame. Sauf qu'un gars se détourne du brasier, le genre "tranquille/cool la vie". Bizarre ? Son instinct ne le trompe pas. Magne le prend en chasse... jusqu'à tomber dans un piège. Et à se retrouver fait comme un rat. Un vulgaire rat de laboratoire. Et là c'est le début d'un long calvaire... effectivement.

Bien sûr, un flic enlevé ça passe pas inaperçu, et Lisa (recluse en ermite dans son chalet familial en Suisse) ne pourra pas longtemps faire la sourde oreille et continuer d'en vouloir à l'amour de sa vie. Faut dire aussi qu'elle a quelque chose de très important à lui annoncer...

Dès lors, le compte à rebours est lancé. La menace, terrible. Historique ? Ça se pourrait bien... car on vit une "drôle" d'époque, flippante à souhait. Gorgée de haine et de folie furieuse... un grand sage a dit un jour que "l'homme est un parasite, le cancer de cette planète". Ouais... et pas qu'un peu ! Le pire ici, c'est que ça va dans les deux sens ! C'est ce que pense le Grand Méchant de ce polar, mais c'est aussi ce qu'on se dit quand on ferme le livre après 483 pages d'un suspens insoutenable !

Quel rapport entre ce roman et le masque du tueur de "SCREAM" ? Oh, mais il y en a bien un, je vous l'jure !

Quel rapport entre ce roman et le masque du tueur de "SCREAM" ? Oh, mais il y en a bien un, je vous l'jure !

-> 50 nuances de psychopathe...

Bon, je vais essayer de pas trop vous spoiler mais dur dur quand même !

Il est indéniable que Ne prononcez jamais leurs noms est incroyable du début à la fin ! Incroyablement bien écrit ! Incroyablement construit et ficelé ! Incroyablement noir et dégueulasse ! Incroyablement choquant mais incroyablement réaliste ! Cynique & désolant... un étrange contraste m'anime alors que je referme ce roman dont la lecture fut à la foi excitante et éprouvante pour moi. Pourquoi ? La réponse est simple, et renvoie directement au titre du roman. Ne prononcez jamais leurs noms. Et à la dédicace de l'auteur dès le départ : " À toutes leurs victimes... ". Vous l'aurez sans doute compris dès le début de ce livre, ce roman traite du terrorisme. Mais attention, point de surenchère des drames qui ont secoué notre pays ces dernières années. L'auteur le dit lui-même dans les "remerciements" de fin de roman, il a débuté l'écriture de ce roman avec la tuerie de Charlie Hebdo. Même si ces terribles événements ont bien évidemment influencé son écriture, c'est indéniable. Non, point de terrorisme religieux ni même politique. Ici on creuse encore plus profondément dans ce que la folie humaine a de plus effroyable : le tueur de masse. Celui qui a morflé toute sa vie (désolée mais on va pas chialer non plus pour lui même si ce qui lui est arrivé est très dégueulasse). Qui a grandi en nourrissant une haine profondément ancrée dans ses tripes et qui, toute sa vie, n'a fait que croître pour engendrer un monstre de la pire espèce. Un tueur en série, un tueur de masse avec un funeste rêve de gloire meurtrier. Et il fait pas dans la dentelle... le comble c'est qu'il passerait presque inaperçu et normal s'il n'avait pas ce regard reptilien...

Ouais, il fait dans le trash, il est particulièrement sadique : rien à foutre de tirer à bout portant dans le ventre d'une femme enceinte, ni d'exploser une tête (que ce soit celle d'une femme ou d'un gosse). En plus il collectionne les modus operandi car le mec a l'habitude de ramasser des donzelles au bord de la route, de les baiser, et de leur offrir un studio tout frais payés dans son jardin, juste sous ses laitues. Et c'est là que ça a un peu coincé pour moi. Après, je ne suis pas criminologue. Mais j'ai eu l'impression que ce "Méchant" portait plusieurs casquettes qui me semblent incompatibles entre elles : le côté tueur en série (je tue des nanas parce qu'elles se moquent de ma petite bite), le côté enfant maltraité (et j'agis en conséquence...), le côté tueur de masse (parce que le monde est pourri et qu'il y a trop d'humains sur la planète), le côté exhibitionniste (j'écris mes mémoires et je me mets en scène dans des vidéos "sympas" sur YouTube)... je sais pas, ça fait trop pour moi. Ça ne me paraît pas plausible. Et ce gars-là en devient très vite pathétique... j'avais presque envie de rire vers la fin quand il ouvrait sa gueule. Suis-je normale ? Bon, si je fais abstraction de ce personnage qui ne m'a pas vraiment convaincue (vous l'aurez compris), le roman est vraiment efficace. Effectivement, le message qu'il délivre (malgré une fin qui ne laisse pas présager une suite joyeuse) reste positif : une violente critique contre ces médias qui adulent les terroristes en les surexposant. Le simple fait de nous bombarder de leurs photos, de leurs biographies en font de véritables héros modernes, ce qui est quand même effroyable, vous ne trouvez pas ? Alors qu'il suffirait d'étouffer dans l'oeuf leur volonté de célébrité ! Parce qu'on le sait maintenant, en commettant des crimes "spectaculaires", ce qu'ils visent c'est l'adulation ! Ne pas rentrer dans ce jeu c'est les réduire au néant, à l'oubli, ce qu'ils méritent ! Mais bon, l'humanité est ainsi faite : malsaine, elle est fascinée par le sordide et le morbide ! Y'à qu'à voir tous ces terroristes & tueurs en série emprisonnés qui reçoivent des sacs de lettres d'amour enflammées... Pfff... oui, ça donne pas beaucoup d'espoir quant au salut de l'humanité ? Et si nos courageux justiciers (les forces de l'ordre, par exemple) se mettent à déconner et à dépasser la limite, bah on est mal barré, je trouve...

Enfin, passons. On aura compris que ce livre est un gros pavé dans la mare ! Je comprends mieux pourquoi Jacques Saussey est autant adulé ! De l'action, du tragique, beaucoup de noirceur, de la critique acerbe, tous les ingrédients sont réunis pour en faire un best seller, et c'est bien mérité ! Très impressionnée je reste par la plume de l'auteur ! Du coup je vais me la faire à l'envers et lire les autres aventures du duo Magne/Helflin dans le désordre ! LOL Bon, je dois dire aussi que ce couple m'a fortement fait penser à un autre duo de flics français très connus, et à qui il arrive tout un tas de merdes en général, Sharko & Hennebelle martyrisés par leur géniteur, Franck Thilliez.

Mais à quoi ça peut bien servir ?

Mais à quoi ça peut bien servir ?

< EXTRAITS >

" Il avait réussi. Son père serait fier de lui. Son Oeuvre se dessinait soudain de mieux en mieux devant ses yeux, lumineuse, magnifique et effrayante à la fois. En serait-il digne ? Serait-il à la hauteur de ce que son père avait accompli avant lui ? "

(...)

" Je m'appelle Damian Iturzaeta. Aujourd'hui, j'ai assassiné beaucoup de gens de sang-froid. Ils ont été les premiers. Combien de victimes, je l'ignore encore. Et je m'en moque. Ils ne seront pas les derniers. Il y en aura bientôt plus. Beaucoup plus. Il y en aura tant que les journaux n'auront pas assez d'encre pour en décrire l'horreur, que les familles n'auront pas assez de larmes pour les pleurer. "

(...)

" - Mais qu'est-ce que tu me racontes ? On kidnappe les flics à Paris, maintenant ?

Ma réflexion me semble idiote dès que je la prononce. On bute même des dessinateurs et des journalistes à la kalachnikov, à Paris, aujourd'hui, en plein XXI° siècle. L'obscurantisme ne connaît plus aucune limite. En France, de nos jours, il ne fait pas bon porter haut et fort les valeurs de courage et de liberté de la République quand on caricature un barbu à turban. Ou bien alors il faut que ce soit sur une croix. C'est beaucoup moins dangereux. "

(...)

" Un flic poivrot, comme un ripou, est une pêche pourrie dans un panier de fruits. Il faut l'en extraire avant qu'il contamine tous les autres. "

(...)

" - Ne prononcez jamais leurs noms ! Toutes les horreurs que ces hommes ont commises, c'est pour que la société n'oublie jamais qui ils étaient, pour que leurs actes continuent à ronger la population de frayeur, jour après jour, mois après mois, anniversaire de massacre après anniversaire de massacre. Et vous pouvez compter sur les médias pour raviver de terreur sourde la mémoire collective à chaque occasion qui va se présenter. Si vous citez leurs noms à chaque fois que nous allons parler, que vous allez parler de cette affaire, ces assassins auront gagné. Ils auront réussi à implanter dans vos cerveaux cette petite graine empoisonnée que vous ne pourrez plus jamais extraire de vous-mêmes, quoi que vous fassiez pour tenter de l'en arracher. Vous n'avez qu'à consulter Internet pour vous en rendre compte par vous-mêmes... "

(...)

" ... rien n'est jamais perdu tant que nous ne baissons pas les bras. "

(...)

" Les serial killers, ça n'existe pas en France. Ça ne peut pas exister. C'est un pur produit américain, russe, japonais, chinois, norvégien, australien, tout ce qu'on veut, mais pas français. "

(...)

" Le problème, pour un éventuel serial killer, en France, c'est le FNAEG. Le fichier national automatisé des empreintes génétiques. Depuis le Bertillonnage, aux XIX° siècle, la science a fait de sacrés progrès. La découverte de ces foutues traces ADN qu'on laisse partout dès qu'on perd un cheveu ou un peu de liquide personnel quelque part en est le flambeau le plus éclatant.

De la Bretagne à l'Alsace, du Nord jusque sur la Côte d'Azur, ce logiciel espion veille sur le pays, sentinelle impitoyable et terriblement efficace. Impossible pour un criminel de ne pas se retrouver très vite dans le collimateur des flics dès que son patrimoine génétique est fiché.

Moi, j'ai compris le truc depuis longtemps. Et je suis d'un naturel méfiant. Je ne descend jamais de voiture, je ne touche personne tant que la portière n'est pas refermée et verrouillée. C'est bien trop dangereux. Et puis le cadavre, je le garde et je le ramène ici, chez moi. Pas de corps, pas d'empreinte, pas de fichage. Je n'existe pas, en tant que tueur en série. Je suis une ombre, un filet d'air froid qui se faufile sur la route.

Bien sûr, ma voiture est pleine de trace d'ADN en tout genre. Mais pour la savoir, il faudrait que quelqu'un ait l'idée d'y foutre son nez et y pulvérise du luminol. Et ce n'est pas demain la veille. Chacune d'entre elles a son histoire. J'aurais bien aimé les garder toutes visibles pour mieux pouvoir me remémorer mes chasses fructueuses, mais la propreté de la voiture est un atout majeur dans mon cas. Aucune fille sensée ne montera dans un dépotoir ni ne s'assiéra sur ce qui ressemble fort à des tâches de sang ou de sperme séché.

Et si un jour un flic curieux vient fouiller dans mon jardin, je lui trouverai une place bien tranquille, à lui aussi, comme à ce type, dans les bois. Mais c'est encore un peu tôt pour parler de celui-ci... Je suis prudent, je l'ai dit. Je ne tue pas plus de deux ou trois fois par an, dans des lieux très éloignés les uns des autres. Je fais aussi attention à ne pas matérialiser sur la carte des enquêteurs un centre précis à ce cercle de prospection. Je ne vais pas leur offrir ma peau sur un plateau, quand même ! Je ne change jamais d'arme. Pas la peine, puisqu'on ne peut pas retrouver les dépouilles de mes victimes. J'utilise une cordelette. Une bonne vieille cordelette en nylon munie de deux solides poignées en frêne. Un bois clair, lourd, poli par l'usage. Je les ai moi-même taillées dans un arbre de mon jardin et fait sécher devant ma cheminée. Mon côté artiste. Finisseur. Esthète de la belle ouvrage. Je n'aime pas le sang. J'évite le plus possible de les blesser, sauf bien sûr quand je suis obligé de cogner pour les réduire au silence. "

(...)

" Nous avons tous nos démons enfouis dans notre mémoire. Moins nous leur donnons de prise, moins ils peuvent resurgir à l'improviste pour nous détruire. "

(...)

" Quelle que soit la raison, quand une bombe explose quelque part, nous avons tous notre part de responsabilité. Ceux qui la posent, bien sûr, mais aussi ceux qui ne dénoncent pas les faits, cette violence, ceux qui tournent leur visage de l'autre côté, ceux qui passent leur chemin comme si cela ne les regardait pas. Parce qu'ils sont nés ailleurs, parce que le hasard ne les a pas placés dans la peau d'un peuple qui meurt de l'indifférence générale, de la mainmise des grandes puissances sur leur territoire et leur population. "

(...)

" Parce que les enfants sont la plaie de l'humanité. Ils portent tous vos espoirs, tout votre amour, ils sont le bras armé que vous projetez vers l'avenir. Et puis ils grandissent, ils s'émancipent, ils se détachent de vous et commencent à vous cracher à la gueule. Ils deviennent toutes vos frustrations, toutes vos colères, toute la déception du formidable espoir que vous aviez placé en eux. "

Jacques Saussey

Jacques Saussey

MA NOTE : 5 / 5

-> UN THRILLER HALETANT & BRUTAL, UNE CRITIQUE ACERBE ET VIOLENTE DE NOTRE SOCIÉTÉ, UN SUSPENS INTENABLE QUI FONT EFFECTIVEMENT DE JACQUES SAUSSEY L'UN DES AUTEURS DE POLARS FRANÇAIS LES PLUS DOUÉS DU MOMENT !

Mon 1er Jacques Saussey m'aura laissée une très forte impression ! J'aurais grand plaisir à lire ses autres romans, assurément !

Difficile donc de comparer par rapport au reste, donc je dirai tout simplement que ça fait partie de ce que j'ai lu de mieux ces dernières années. Très bonne qualité générale, que ce soit dans l'intrigue & sa pertinence, dans la construction de la narration, dans le suspens, dans l'écriture, dans la psychologie des personnages même si je me dois d'émettre un bémol quant au personnage de Damian, le psychopathe tueur de masse/tueur en série qui m'a un peu perdue dans les méandres de la psychologie criminelle. Après je peux concevoir de ne pas avoir étudié en détail le portrait du tueur d'Utoya, par exemple. Mais à ma connaissance (limitée, certes) j'ai pas souvenir qu'il se soit filmé en train de se branler frénétiquement en portant un masque et en revendiquant ses coups d'éclats, le tout posté sur les réseaux sociaux LOL Bref, c'est une pointe de détail qui tient très certainement à ma sensibilité personnelle et qui me fait vous dire que Damian il est quand même bien barré de chez barré ! Il ferait presque paraître Hannibal Lecteur inoffensif et mignon tout plein ! Vous détestiez Jeffrey Baratheon & Ramsey Bolton ? Damian le basque ne vous laissera pas indifférents, hé ! hé !

Quoi qu'il en soit, c'est réussi, addictif, prenant, chronophage ! Très très dur, un bon nombre de scènes sont insoutenables et pénibles. Pourquoi tant de haine ? Bah parce que ! On vit pas dans le monde des bisounours, ce livre a le mérite de nous le rappeler tout en maintenant une certaine distance ! Comme un piqûre de rappel en quelque sorte et non pas un rappel anxiogène. Ça s'est passé, ça se reproduira très certainement mais peut-être avons-nous tous un rôle à jouer pour des lendemains meilleurs ? Voilà le message très positif & lumineux de Ne prononcez jamais leurs noms ! malgré sa noirceur ultra poisseuse ! Quand je le dis qu'on finit toujours par trouver la lumière dans les ténèbres les plus opaques !

Il ne vous reste donc plus qu'à ouvrir ce livre et vivre cette aventure trépidante & cette enquête des plus dangereuses...

Commenter cet article

À propos

Chers aventuriers égarés, bienvenus dans mon royaume souterrain où le Chaos, les Ténèbres et la Folie sont les seuls maîtres à bord ...