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Chers aventuriers égarés, bienvenus dans mon royaume souterrain où le Chaos, les Ténèbres et la Folie sont les seuls maîtres à bord ...

16 Apr

" La Voie du Talion ", de Alexandra Coin & Érik Kwapinski (2016)

Publié par Benedict Mitchell  - Catégories :  #Alcôves

" La Voie du Talion ", de Alexandra Coin & Érik Kwapinski (2016)

Oyez, oyez ! Braves gens, adeptes du noir, de folies & de violence ! En avant-première avant sa sortie prévue le 29 avril prochain (et le 24/04 en avant-première au Salon du Polar LES MINES NOIRES de Noeux-Les-Mines), voici venir l'une des deux premières publications d'une toute jeune maison d'édition.

Chers lecteurs & lectrices, vous connaissez sans doute mon engouement pour le catalogue éditorial des Éditions Fleur Sauvage ! La voilà qui nous fait des rejetons avec Aconitum, dont un article y sera bientôt consacré ici bas...

En attendant, nous voici face à un thriller psychologique sous fond de manipulations et de stress post-traumatique lié aux affres de la guerre. Un thriller écrit, une fois n'est pas coutume, à 4 mains. Il s'agit du premier roman publié par ce couple d'écrivains (aussi bien à la vie que sur le papier ^^) : Alexandre Coin, ancienne prof de lettres, et Érik Kwapinski, ancien militaire, prof de philo et s'étant essayé à tout un tas de boulots, tous deux partageant la passion & la pratique des Arts Martiaux.

Si déjà, la charte graphique de cette première publication Aconitumienne se démarque grandement de sa grande sœur Fleur Sauvage, le choix de la ligne éditorial le fait également. Ici, c'est bien plus sombre et noir, brutal et sans concession. La couverture - réalisée par une toute jeune graphiste, Adeline Kemp - illustre très bien cette image qui s'incruste dans l'esprit du lecteur après avoir refermé La Voie du Talion. Un fauteuil de psy, un tireur d'élite dont l'arme qui est son extension est à l'arrêt (ou en séance de psychanalyse), un passé de militaire raccroché au placard et un sous-vêtement féminin laissé là sous le coup de la précipitation... Du noir, omniprésent, comme un avertissement. Derrière lui, ce blanc presque similaire à du papier mais qui m'évoque plutôt une épaisse couche de neige tassée sur une vitre. C'est très visuel, ça percute. C'est efficace.

Et qu'en est-il de son contenu ?

On note toujours cette même singularité que chez Fleur Sauvage sauf qu'ici ça n'est pas inversé, par exemple, mais juste de travers. Et le format des livres n'est pas non plus le même.

On note toujours cette même singularité que chez Fleur Sauvage sauf qu'ici ça n'est pas inversé, par exemple, mais juste de travers. Et le format des livres n'est pas non plus le même.

Fabrice Barsac cumule une dizaine d'année d'expérience dans la Légion Étrangère, sous laquelle il a servi en tant que tireur d'élite (ou sniper) aussi bien au Kosovo qu'en Afghanistan. Là-bas, en 2008, il a été témoin (et victime) d'un drame suite auquel il ne parvient pas à reprendre goût à la vie. Au gré de flashbacks décousus, qui embrouille volontairement le lecteur pour lui donner petit à petit les pièces de puzzle, l'intrigue se tisse autour des événements d'une petite semaine se déroulant en plein hiver 2010. Le traumatisme de Fabrice est tel qu'il s'est éloigné de sa femme, Céline, pour partir vivre en reclus dans les montagnes des Alpes-de-Haute-Provence, dans une petite bicoque que lui a légué son père. Il y a trouvé un chien, de type Berger Allemand, Ajax, et tente de survivre dans les limbes de sa souffrance. Voyant de moins en moins sa femme, avocate, devenue de plus en plus superficielle à cause de ses fréquentations assez spéciales, il tombe des nues lorsque celle-ci disparaît subitement. Que s'est-il passé ? Au même moment, il est contraint d'héberger chez lui une randonneuse asiatique, Zoé, qui s'est blessée alors qu'elle se promenait dans la montagne environnante. Tous deux se retrouvent coincés et obligés de cohabiter dans la bicoque de Fabrice alors qu'une violente tempête de neige les isole du reste du monde. Fabrice semble sombrer de plus en plus dans une folie inquiétante, dans laquelle des flashbacks accablants ne cessent de le tourmenter. Comment délier la vérité dans tout ce capharnaüm ?

Soldats du 27e bataillon de chasseurs alpins en Afghanistan (2008-2009)

Soldats du 27e bataillon de chasseurs alpins en Afghanistan (2008-2009)

-> Un impossible retour à la vie normale

Ça n'est pas tous les jours qu'on nous parle de vétérans de l'Afghanistan dans l'univers des thrillers. Peut-être cela tient-il au fait que ça reste un peu un sujet tabou, quelque part. Comment parler des effets secondaires d'une guerre inqualifiable et sujette à tant de controverses ? Comment évoquer ce que le commun des mortels ne peut concevoir ? Après tout, beaucoup de jeunes s'engagent dans l'Armée parce qu'ils pensent que la guerre, la vraie, c'est comme une partie de Call of Duty. Mais ça ne l'est pas. En 1000 ans d'évolution, finalement, la guerre reste toujours une impitoyable & imprévisible boucherie. Fabrice en a vu déjà tant vu, alors qu'il n'a qu'une trentaine d'année. 10 ans d'horreur, avec son paroxysme en 2008... il aurait dû mourir ce jour-là. Quelque part il est mort là-bas. Il a beau être revenu à la vie civile et avoir été déclaré apte, il n'est plus qu'un mort en sursis, habité de peurs irrationnelles, confronté à des cauchemars quotidiens, des hallucinations qui ne le lâchent jamais, et le pire de tout, à un décalage terrible entre ce qu'il a été, ce qu'il a vécu, et ce qu'il retrouve en rentrant au bercail : une femme qui ne le comprend pas, qui s'éloigne de lui, de leurs idéaux, qui veut l'aider mais qui fait pire que mieux... Sans doute que tant qu'on ne l'a pas vécu soi-même, on ne peut mesurer ces choses-là. Et les gens sont toujours aussi incultes & cyniques, préférant rire du quotidien des soldats, avec des vannes douteuses, des questions débiles plutôt que de faire preuve d'empathie, et incapable d'assimiler ce qu'est réellement la vie d'un soldat en mission : cette peur qui le tenaille à chaque instant alors qu'il évolue dans un milieu inconnu et hostile, le fait qu'il n'ait pas droit à l'erreur car les vies de ses coéquipiers dépendent bien souvent de lui, une erreur et ça peut devenir une boucherie. Et cette douloureuse ré-adaptation que beaucoup ne parviennent pas à opérer, et on ne peut que comprendre pourquoi elle l'est à ce point... impossible. Que leur reste-t-il, si leur famille ne peut les aider ? Les dérivatifs... et pour un temps limité.

Cannes, le cadre de l'action... le temple de la superficialité ?

Cannes, le cadre de l'action... le temple de la superficialité ?

-> Le repos du guerrier : un mythe ?

Ici, le repos du guerrier n'est qu'illusoire car son âme est brisée. Elle nécessite des soins. Et toute la question tourne autour de la qualité de ces soins dont il a désespérément besoin. On a toujours l'image du soldat fort et costaud, indestructible, véritable patriote. Mais on oublie qu'il n'est qu'un homme. La Voie du Talion vient mettre en lumière le statut de soldat-pantin : manipulé par les gouvernements qui les utilisent tels des pions dans des guerres aux motifs souvent injustifiés, ou pour faire main basse sur des objectifs inavouables au grand public.

Mais le soldat à la psyché brisé peut aussi être aisément contrôlé, influencé. Quoi de plus facile à une époque où les mentalistes fleurissent à tous les coins de rue et où le recours à l'hypnose devient presque systématique pour tout ou rien ?...

Alors, est-ce que le repos du guerrier, dans ces conditions, est possible ? Pour le savoir il vous faudra emprunter la Voie du Talion...

Les Alpes-de-Haute-Provence & les forêts de Mélèzes : le garde-fou de Fabrice...
Les Alpes-de-Haute-Provence & les forêts de Mélèzes : le garde-fou de Fabrice...

Les Alpes-de-Haute-Provence & les forêts de Mélèzes : le garde-fou de Fabrice...

-> Plus qu'un thriller : un véritable manuel de sagesse !

Difficile de ne point trop en dire sur les nombreux rebondissements qu'offre la Voie du Talion. Les thèmes abordés et mélangés ensemble sont des plus originaux, il faut le dire. Et ils amènent à réfléchir sur notre vision de la vie, notre faculté à rester maître de nos sens, de nos corps, de nos esprits. Mais aussi sur notre gestion des énergies négatives, véritables poisons de l'existence, comme la haine, la colère, l'envie de vengeance. La Voie du Talion nous rappelle qu'il est impératif de prendre soin de nous, d'apprendre pour être capable, ensuite, d'agir avec méthode, et selon une certaine sagesse ancestrale. Il ne s'agit pas de se comporter comme un monstre tout ça au nom d'un quelconque concept de vengeance. La colère doit être maîtrisée, et disciplinée. Et pour y parvenir, il est vital de prendre le plus grand soin de notre vaisseau corporel via le thé, la méditation, les arts martiaux, l'entraînement physique, une alimentation saine & équilibrée, des lectures positives pour l'esprit etc... En somme, c'est logique tout ça, mais on a tendance à l'oublier (tout du moins pour celles & ceux qui ont encore les yeux ouverts parce que pour le vulgum pecus, il me semble difficile de lui en faire prendre conscience à moins de l'adapter sous forme de télé-réalité avec un titre dans le style de " Les Anges au Monastère ", et encore, pas sûr que ça attire les foules. ^^ )

Bref. La Voie du Talion pousse le lecteur à s'interroger et à apprendre avec humilité. Après les "livres-doudous" (qui font du bien quand on les lit), on a ici un "livre-pédagogique" avec une double mission : vous amener sur la voie de la sagesse (= la Voie du Talion, si vous voulez ^^), et vous faire ouvrir les yeux.

La neige, un élément trouble : il emprisonne mais il libère...

La neige, un élément trouble : il emprisonne mais il libère...

< EXTRAITS >

" La lecture était sa seule amie fidèle. Les romans servaient de terreau à son imagination fertile et l'aidaient à combler son vide affectif. "

(...)

" " N'as-tu jamais remarqué, Céline, à quel point génie et folie sont liés ? Regarde Van Gogh, Nerval ou le mathématicien John Nash...

L'aliénation n'était-elle pas souvent qu'une simple version du monde différente de celle du commun des mortels ?

Voire une manifestation de l'intelligence ?

" Combien d'agitateurs a-t-on fait enfermer sous prétexte de folie juste parce que leurs idées avant-gardistes dérangeaient ? " tâcha de démontrer Cassandre. " Et Camille Claudel, artiste maudite au talent spolié, ajouta-t-elle, trop provocatrice et exubérante pour son temps, enfermée à la demande de sa mère par un médecin qui ne l'avait même pas examinée ! "

Chaque discussion avec son amie était pour Céline une révélation. Une nouvelle manière de voir le monde qui la sortait du carcan des habitudes, du moule de la pudeur. Elle s'affranchissait au fil des jours du regard des autres et du prêt-à-penser. "

(...)

" Les semaines qui suivirent, Fabrice resta cloîtré dans son appartement cannois du Riou.

Impression terrible d'être revenu de l'enfer. Tel un mort-vivant. Inapte désormais à la vie civile. Inapte à la vie tout court...

Tout juste remonté des abîmes, il avait dû replonger dans la caverne.

Une matrice où chacun s'affairait à des futilités.

Chacun ressassant ses petits désagréments quotidiens.

Le café trop chaud...

Le temps trop pluvieux...

Les cheveux mouillés qui frisaient...

Le téléphone qui n'avait plus de batterie...

Tout était sujet à des plaintes lamentables qu'il ne pouvait plus entendre.

Qu'étaient ces désagréments devant une vie humaine pulvérisée par un tir ennemi ?

Une balle que Fabrice ne parvenait pas à s'extraire du cerveau.

Il respirait la guerre. Ne voyait que du sang. Ne ressentait plus que l'odeur de la mort.

Une odeur qui collait à la peau malgré les douches successives et que même le parfum de luxe de Céline ne parvenait à estomper.

Sa femme n'était d'ailleurs pas la dernière à l'exaspérer. Ce matin, elle s'était cassé un ongle juste avant de partir à son cabinet. C'était pas de chance...

Avait-elle changé elle aussi à ce point ou ne savait-il plus regarder ?

Quand Fabrice entendait ça, il aurait voulu les emmener tous sur le front.

Tu vois ce crâne explosé comme une pastèque ?

... Ce bide éventré par une roquette... Cet enfant de huit ans équipé d'une bombe ?

Ça c'était vraiment pas d'chance !

Fabrice ne voyait plus comme eux.

Ne savait plus sentir, non plus. Plus toucher. À peine respirer. "

(...)

" Un légionnaire ,ça ne fléchit pas. Un légionnaire se doit de vaincre ou de mourir.

Il avait manqué à son devoir. Pourquoi la mort alors n'avait-elle pas voulu de lui ?

" Il faudrait que tu continues à voir un psy... " Céline était toujours de bon conseil. Il ne le supportait plus.

Quel civil aurait pu comprendre ce qu'il avait vécu en enfer ?

Aucun psy n'était formé pour faire revenir un mort à la vie.

Alors, Fabrice s'enfermait.

Tentant de fuir les visions insoutenables. Ces visions dépourvues de langage.

Il se coupait de tous.

De tous, mais pas de la guerre.

La guerre définitivement tatouée dans son cerveau. "

(...)

" À son retour, dans le camp, ils avaient à nouveau tué le temps.

Ils se livraient, à l'occasion, à une traversée en blindés des villages alentour où ils n'étaient pas les bienvenus. Les jeunes soldats novices se croyaient envoyés sur ces terres comme le messie. Pour beaucoup d'Afghans, ils n'étaient que des infidèles commandés par le Diable. Des suppôts de Satan pourris par le fric et le vice. Des enfants sur le bord des routes agitaient d'abord leurs bras tout maigres en les voyant arriver. Après leur passage, ils les caillassaient. Alors, les bleus bites commençaient à comprendre ce que c'était que la guerre. Fin du jeu.

Le soir, ils faisaient leur ronde autour du camp en suivant un chemin sécurisé pour éviter les mines qui les encerclaient.

Toujours sur leur garde. Surtout la nuit. "

(...)

" - Notre société ne cesse de vouloir gommer toute forme de violence parmi ses sujets. " La violence est un signe de barbarie "... " Les nations civilisées ne se livrent pas à la violence "... Pourtant, on n'a jamais autant fait la guerre qu'aux XXe et XXIe siècles. Et ce n'est certainement pas à toi que je l'apprends, Fabrice... Quelle hypocrisie !... La barbarie et la guerre sont des instruments politiques puissants. Des instruments qui visent à soumettre le peuple. Si on laissait les patients atteints de troubles psychologiques exprimer leur agressivité plutôt que de la canaliser et s'échiner à les faire entrer dans un moule, il y aurait certainement beaucoup moins de désaxés passant par la suite à l'acte... Tu as besoin de frapper ? Frappe ! Tu as besoin de crier ? Crie ! Cesse de te couler dans le moule que la société à voulu pour toi et sois enfin toi-même Fabrice ! "

(...)

" ... Des éclats de rire attirèrent l'attention de Céline. De jeunes Slaves vêtues de tenues plus courtes les unes que les autres, dans un surenchère minimaliste, faisaient du charme à des hommes à l'âge maximaliste...

Bien plus vieux, mais au compte en banque forcément bien garni.

Cassandre qui paraissait avoir lu dans ses pensées ne put s'empêcher de commenter.

- Pathétique, n'est-ce pas ?... Ils ont le pouvoir. Ils ont le fric. Ils ont la puissance. Et ils perdent si facilement la tête devant une jeune beauté russe... Quel manque de volonté ! Ils ont beau se croire au sommet de la pyramide, ne sont-ils pas minuscules vus d'ici ? Qu'ont-ils de si différent du commun des mortels ? Que laisseront-ils de leur passage sur Terre ? Que retiendra-t-on d'eux plutôt que des autres ? Absolument rein ! Ce ne sont que des insectes. Quand la mort les effacera, il ne restera plus rien. "

Alexandra Coin & Érik Kwapinski, les heureux géniteurs de ce petit bijou noir de sagesse !

Alexandra Coin & Érik Kwapinski, les heureux géniteurs de ce petit bijou noir de sagesse !

MA NOTE : 5/5

-> Un 1er thriller psychologique complètement envoûtant et mené avec maestro !!!

Les Éditions Aconitum frappent très fort avec ce premier-né ! Magistral, énergique, sombre, criant de vérités sur tout un tas de choses (qu'il vous faudra découvrir par vous-même car vous croyez quand même pas que je vais vous mâcher tout le boulot, non ?), violent (idéologiquement comme visuellement), machiavélique... ce thriller psychologique est incroyablement bien ficelé et conté. Les flashbacks amènent beaucoup en interrogations et accélèrent le rythme déjà bien soutenu de l'intrigue. On se fait bien balader en somme, et c'est tant mieux. Bon, le livre est un peu trop court pour moi (194 pages) mais au moins il ne s'encombre pas de palabres inutiles. Et puis cette fin : INCROYABLE !!! Encore une fois sur le cul (décidément je vais finir par avoir des problèmes de coxis ^^) avec le " foss-noyeur " !!! Je ne l'ai absolument pas vu venir : ça sort des sentiers battus ce type de personnalité (mais je ne peux en dire plus - snif !).

Quant aux influences, elles sont multiples : la philosophie bien sûr (ah, le mythe de la caverne de Platon...), les arts martiaux (on sent que les auteurs maîtrisent bien le sujet ^^), mais j'ai aussi pensé à Tarantino, à Kill Bill, à Jet Li et à ces films asiatiques dont je ne me souviens plus des noms ni des réalisateurs, aux Liaisons Dangereuses... C'est un cocktail détonant et carrément inédit : ça fait un bien fou !

J'ai beaucoup aimé qu'on aborde ici :

- le douloureux & tabou sujet du stress post-traumatique des militaires (sujet terriblement d'actualité, hélas).

- ce clivage/décalage avec la réalité entre le besoin viscéral de revenir à l'essentiel et ce désir du plus grand nombre de vivre dans l'opulence du matérialisme & de la superficialité

- les manipulations psychologiques qui sont une déviance de notre temps, accentuées, favorisées par le progrès et par cette sensation que la Mal gangrène de plus en plus de terrain de nos jours... La cupidité & la dévorante soif de pouvoir font naître des monstres, et ce " phénomène " est bien plus répandu qu'on ne le pense... juste que beaucoup ferment encore les yeux...

- ce nouvel archétype de serial killer que le grand Stéphane Bourgoin n'a pas encore référencé ! LOL

- la perversité de certains être dénués de scrupules, le viol de l'âme

- la Voie du Talion & l'art de la maîtrise de soi

- l'indéfectible amitié qui unit les soldats ayant connu les affres de la guerre

- l'absurdité & l'horreur de la guerre (on a ici un véritable plaidoyer pour la reconnaissance des militaires et contre les guerres politiques qui ne nous concernent pas & nous font passer pour les " méchants de l'histoire "...)

- la mise en avant de la culture & de la sagesse nippone

- les rebondissements multiples et imprévisibles, et ces passages crus déroutant

Le tout est fait avec finesse, même si certaines scènes " chaudes " (dirons-nous) sont surprenantes de par le vocabulaire utilisé, qui tranche avec le reste, sans doute pour surligner l'absurdité des déviances qui gangrènent certaines sphères de notre société...

C'est aussi un roman empli de souffrance, de noirceur mais à travers elles, la lumière renaît toujours. Tout comme les congères de neige finissent inexorablement par fondre au soleil, l'espoir renaît systématiquement, la vérité finit par triompher tôt ou tard...

-> Un livre lumineux, quelque part, et intelligent, pour celles & ceux qui sauront ouvrir leur esprit et écouter l'appel de la Voie du Talion, pour en suivre son chemin, et ses enseignements.

Alors, succomberez-vous à son appel ?

(Moi oui, c'est fait !!! ^^)

Pour aller plus loin, je vous invite à lire cette très intéressante interview des deux auteurs :

Et pour suivre les auteurs, voici leur site internet :

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