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Chers aventuriers égarés, bienvenus dans mon royaume souterrain où le Chaos, les Ténèbres et la Folie sont les seuls maîtres à bord ...

21 Mar

" Nos rêves indiens ", de Stéphane Marchand (2016)

Publié par Benedict Mitchell  - Catégories :  #Alcôves

" Nos rêves indiens ", de Stéphane Marchand (2016)

En ce mois de Mars marqué par le Printemps, la renaissance, le retour de l'astre solaire & de sa chaleur, sa lumière, il est de ces petits cadeaux qui vous emporte au-delà de vos espérances. Un mois qui voit revenir en masse les fleurs, la vie, l'ébullition hormonale caractéristique qui accompagne la transition des saisons froides vers les saisons chaudes..., et qui voit les Éditions Fleur Sauvage lancer une toute nouvelle collection. Celle qu'on surnomme déjà la Collection Blanche, autrement dit, celle de la littérature générale.

Et quel meilleur choix qu'un auteur confirmé, talentueux, à la créativité diversifiée & multiple, Stéphane Marchand, pour inaugurer une collection qui s'annonce véritablement prometteuse !

" Nos rêves indiens ", de Stéphane Marchand (2016)
" Nos rêves indiens ", de Stéphane Marchand (2016)

-> La 4ème de couv' :

" C'est l'histoire de gens qui se croisent, se rencontrent, se quittent ou se retrouvent. Au rythme de la bouleversante musique du hasard et des souvenirs, ces quelques êtres vont nous rappeler au sens de la vie, à ses moments forts et ses petits bonheurs... si précieux. "

" Roman bouleversant, délicate notion de l'amour et de l'Être, Nos Rêves Indiens ressuscite la pensée profonde et moribonde de l'existentialisme. Entre chagrins, compassion, nostalgie et bonheur, la traversée de ce récit reste imprimée dans le cœur...

- Fabio M.Mitchelli "

" Il est des livres qui changent votre vie. Parce qu'ils vous tombent dessus, au bon moment, et donnent l'impression de se sentir moins seul et plus vivant. "

- Amélie Lamiée "

" Nos rêves indiens ", de Stéphane Marchand (2016)

Tout commence par une voiture, une Porsche 356 B de 1961. Et tout commence dans un train...

Stan Marin, a rendez-vous à la gare de Lyon pour y rencontrer un certain Guillaume Arcand, romancier, pour lui racheter sa Porsche de collection. C'est dans cette optique qu'il se retrouve dans le TGV en direction de Lyon. Sauf qu'en allant au W.C., Stan se retrouve longuement coincé dans les toilettes. En résulte une montée d'angoisse, et une remise en question violente. Puis une rencontre, inattendue mais que le destin a peut-être planifié, car tout en ce monde n'arrive jamais sans raison. Cette rencontre va faire office de pavé jeté dans la mare, pour les deux hommes liés, sans le savoir, par la vie. Une femme, Éléonore, que l'un a jadis aimé, et avec qui l'autre vit.

Dans ce roman déroutant, il n'est question que de rencontres, de croisements, d'actes manqués, de mémos dressés à soi-même. Il m'est très difficile de schématiser le roman, de suivre un plan car finalement, l'histoire en-elle même reste très simple, et se résume en une phrase : deux hommes se rencontrent pour effectuer une transaction : un véhicule de collection. Mais la richesse du roman ne réside pas dans l'action, mais dans tous les à-côtés : les morceaux de puzzle de la vie des deux hommes, des personnages qui gravitent autour de chacun d'eux, les répétitions, tout ce qui a été, tout ce qui aurait pu être si seulement... Finalement, c'est la symbolique de ce livre qui fait de lui un chef-d'œuvre. Aussi bien dans son écriture que dans son propos, et la portée de ce dernier. Après, les thèmes évoqués sont très nombreux et impossibles à lister. Suivant le vécu de chacun, on sera peut-être bouleversé par la parentalité, évoquée ici du côté masculin. Ou la fatalité amoureuse parlera à celles & ceux qui se sentiront concernés. Personnellement, ces passages-là m'ont un peu ennuyé, de même que les innombrables références au cinéma d'auteur français, aux épisodes de vie des deux protagonistes lorsqu'ils se souviennent de tel film, telle chanson. Ennuyé, dis-je, parce que ça ne me parlait pas lorsque je lisais ces lignes. Peut-être y a-t-il aussi le fait que la plupart des films français cités me sont étrangers, donc ne m'évoquaient rien. Même si on est pas touché par un ou deux thèmes prépondérants de l'intrigue, il en reste une multitude d'autres (dont vous pourrez retrouver plus bas de nombreux extraits) : la politique, la société, les rapports entre humains, l'écriture, la nature... bref, autant de réflexions, de pamphlets en faveur de la vie, du respect, de l'égalité, de la sauvegarde de notre Mère Nature. Comme le dit si bien Fabio M.Mitchelli (grand ami de l'auteur, & son frère de plume, CF Dolly's Bible) on est en présence d'un livre qui renouvelle complètement le rapport à l'existentialisme. Et là, je pense d'emblée à L'Alchimiste de Paulo Coelho. Sans pour autant se ressembler, je les mets dans la même catégorie. Nos Rêves Indiens fait partie de ces livres médicaments, qui font l'effet d'un pansement sur une blessure, qui mette du baume au cœur, font autant de bien qu'un gros câlin. Un livre qui, même refermé, n'est jamais bien loin. En le parcourant, on est frappé par la vérité crue révélée par l'auteur à travers ses deux personnages qui semblent être un prolongement de lui-même (ou un mix, car collés ensemble ça donne MARIN + ARCAND, on pourrait presque deviner le patronyme MARCHAND, à moins que je ne sois trop tordue et imagine des connexions là où il n'y en a pas ^^).

On est frappé par cette évidence : oui, trop souvent on oublie de se souvenir de ces petits plaisirs simples qui mis bout à bout, forment une vie et mènent au bonheur. On oublie aussi de se souvenir et de savourer ceux & ce que l'on aime, trop happé par le stress de la vie quotidienne, du rythme effréné qui nous est imposé par la société.

Nos Rêves Indiens c'est aussi une signification. Un titre énigmatique dont il vous faudra percer les secrets en lisant ce livre. J'ai été scotchée par sa signification. Avec le titre & la 4ème de couverture, je ne m'étais pas imaginée tomber sur un roman aussi atypique, riche, criant de vérités. J'avoue que je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre, et c'est réellement une belle surprise que d'avoir pu faire ce rêve indien, ce voyage au fond de moi-même. Alors merci à David Lecomte, pour avoir donné sa chance à cette petite pépite qui mériterait vraiment de toucher le plus grand nombre. Et merci à Stéphane Marchand, cet auteur pourtant confirmé que je n'avais pas encore eu le plaisir de lire. Merci de m'avoir touché, là au fond, et de m'avoir rappeler qu'il faut se souvenir, ne pas oublier et dire très fort quand on aime. Alors oui, j'aime Nos Rêves Indiens ! Je n'ai pas forcément tout aimé dedans (la parentalité et le goût des voitures, le foot, la variété française... ça ne me parle pas, pour l'heure), mais tout le reste a occulté ce petit bémol qui, là encore & je le répète, n'est que personnel. Je me suis tellement reconnue dans la critique de notre société, des hommes qui vont droit dans le mur, dans l'idée qu'il ne suffirait pas de grand chose pour que le monde tourne mieux (déjà lire ce livre peut mettre sur la voie, ça et le fait de ne pas oublier justement, d'ouvrir grand les yeux, de laisser parler son cœur, d'écouter son instinct...).

Merci Stéphane Marchand, car ça fait tellement de bien de réaliser qu'on est pas seul ! Qu'on peut vivre au fond des bois mais avoir un cœur grand comme ça, un appétit démesuré pour la vie, et un regard si juste sur le monde qui nous entoure, sur ce qui mériterait d'être amélioré et ce qui nous gangrène au quotidien...

< EXTRAITS >

Ils sont nombreux, souvent courts, parfois un peu plus riches, mais TOUS m'ont fait quelque chose. Comme pour L'Alchimiste de Paulo Coelho, je me devais de partager ces quelques aphorismes avec vous...

" C'est bien vrai qu'on ne dit jamais assez aux gens qu'on aime qu'on les aime, bien souvent on leur parle vraiment quand ils ne sont plus là ... "

(...)

" J'applique les conseils de Sénèque, je n'attends plus que les orages passent, j'apprends à danser sous la pluie. "

(...)

" J'essaie de penser à autre chose pour ne pas devenir fou, à tout... à rien... A tout ce qu'on a oublié, par exemple, dans le progrès qui nous compresse. Aux disques durs qui supplantent nos mémoires et nous font passer tout à côté des choses, dans le bas-côté des choses, au point de ne plus chercher les choses derrière les choses. "

(...)

" C'est aussi un peu pour ça écrire, attirer l'attention, se faire remarquer dans le fragile espoir d'être un peu plus que pas grand chose. Guillaume n'écrit pas que pour ça, mais il aime cette possibilité que l'on puisse désirer pénétrer dans son univers comme on partirait en vacances dans un paysage de publicité, une ambiance Ricoré le temps d'un petit déjeuner. Une plage de dolce vita, des heures à part où Capri ça ne serait pas fini. "

(...)

" Elle se fait la réflexion que l'on vit plusieurs fois quand on écrit. On vit ce moment de l'attente, de la patience teintée du désir d'avoir le feu sacré. Puis on vit cet instant de l'urgence où l'on accouche des mots, quand plus rien d'autre n'existe que ce petit univers flexible qui s'étire et transforme les caractères accumulés en paragraphes de vie sur le papier, en regards d'encre sur la nature humaine. Loin des factures, très loin des questions existentielles et de tout ce qui a trait aux codes du monde réel, l'histoire peut s'écrire. Et puis on vit ce moment de l'après, quand le combat est terminé, à la fin de ce round où l'univers s'est enfin constitué, planète de personnages, de sentiments, de décors et de lieux, autour de laquelle graviteront les regards et les émotions des lecteurs. "

(...)

" Ce sont mes rêves et mes cauchemars qui commandent mon sommeil, il faudrait que j'en parle avec eux mais ils sont déjà endormis quand je me couche. "

(...)

" Il sait simplement par expérience qu'écrire donne envie d'écrire. C'est son moyen d'appâter les idées, coucher des mots sur le papier, dans un lap dance des sentiments lesquels deviendront peut-être une histoire d'amour. C'est bien d'écrire, mais c'est dur aussi, tellement plus délicat qu'on ne peut l'imaginer, les choses ne deviennent pas comme ça, c'est une histoire compliquée d'urgence et de patience. "

(...)

" Et il pense que cette liberté d'écrire est en fait une prison où l'on passe toutes les heures de sa vie à se battre avec des mots, des sensations, des petits instants qui ont tant de mal à durer une fois qu'ils sont écrits. Écrire est éreintant, écrire c'est se laisser mordre le cou par un vampire, écrire c'est se rendre compte un peu plus chaque jour que la vie nous échappe, se joue de nous. Alors il faut composer, jouer à cache-cache avec la vie, à chat perché ou loup glacé. "

(...)

" Eve, Isaac Newton, les Beatles et Steve Jobs ne sont autres que les quatre pommes qui ont changé le monde... "

(...)

" ... ne pas oublier ce ministre qui a eu un rôle, forcément un rôle, dans l'affaire du sang contaminé et qui parade encore aujourd'hui comme s'il n'avait volé qu'un Carambar à la maison des culottes courtes, ne pas oublier les politiciens en général qui pérorent et font tout le contraire de ce qu'ils disent, ne pas oublier les donneurs de leçons qui magouillent avec l'argent et ceux qui font sauter leur PV après avoir professé des directives de tolérance zéro en matière de sécurité routière, ne pas oublier qu'à leur place nous serions déjà jugés et condamnés, sans passe-droit ni protections obscures, ne pas oublier ces présidents qui se succèdent et se ressemblent dans leur façon de se moquer du monde masquant leur impuissance derrière des discours écrits par d'autres et si mal interprétés, bref de ne pas oublier ce triste cirque des clowns qui ne font pas vraiment rire et mériteraient des sanctions pour apaiser la tristesse et la colère du peuple, ne pas oublier d'éteindre la télévision (...) ne pas oublier qu'on nous endort pour nous rendre passifs, que les jeux télévisés ont remplacé les jeux du cirque pour divertir le peuple et le manipuler, ne pas oublier que le JT est là pour nous rassurer en exposant le malheur des autres en technicolor... "

(...)

" Eléonore sourit à travers son chagrin, passe le revers de sa main sur son visage pour effacer les larmes. Comme ce serait pratique de pouvoir effacer les douleurs et les mensonges en passant ainsi la main sur le visage. Mais ce n'est pas aussi simple. Le temps qui passe n'efface pas les rencontres, ces rencontres qui, mises bout à bout, composent un parcours, une expérience, une matière impliquant que l'on est ce que l'on est. "

(...)

" Femme déboussolée cherche un petit bout de terre avec un petit bout de mer et puis un petit bout de forêt qui donnerait sur un petit bout de champ de tournesols et pas d'humains pas d'humains beaucoup de chats de chiens beaucoup de bonheur beaucoup de tendresse un petit bout de paradis et pas d'humains. "

(...)

" ... excité comme un acarien au Salon de la moquette... "

(...)

" Ça me rend toujours nostalgique d'évoquer certains lieux et les noms qui les localisent : Paris-Lyon-Méditerrannée, Stella Plage, le Touquet-Paris-Plage, Trouville-sur-Mer, ce petit côté ancien me fait imaginer que les choses étaient plus douces, moins âpres tout du moins, que le monde n'était pas si dur. Il suffit d'un nom composé pour vous ramener loin en arrière, faire ressurgir des images si précises qu'on en retrouve les odeurs, les lumières... "

(...)

" C'est étrange l'existence. Un moment, tout va mal, l'instant suivant tout va mieux. Un jour c'est Les tontons flingueurs et Le Bonheur de Marcel Lherbier réunis, un autre jour c'est Mort à Venise, Delivrance ou Cris et chuchotements, c'est étrange et rassurant, ça veut bien dire qu'il faut garder espoir, ne rien lâcher tant que les cœurs battent. "

(...)

" ... ne pas oublier ces trésors parfois plus essentiels que les programmes scolaires, on ne retient finalement que ce que l'on a vraiment ressenti, seule compte l'envie de lire, de découvrir, de réaliser, d'avancer, avec le sentiment d'être à part, unique, et non un petit pion parmi tant d'autres à répondre poliment " présent " quand on nous le demande, ne pas oublier ces mots d'Orson Welles, tout ce qu'on t'a appris à l'école ce sont des conneries, car ce qui compte c'est ce qu'on apprend de la vie après avoir appris à lire, écrire et compter, ne pas oublier d'être libre, même si c'est difficile, même si tout concourt à faire de nous les petits prisonniers d'un monde qu'on voudrait dessiner à notre place, ne pas oublier de s'efforcer d'être l'artisan de sa propre existence, ne pas oublier que tout ne dure qu'un temps et qu'il semble incontournable d'en profiter au mieux, ne pas oublier de reconnaître ses erreurs, d'assumer, d'accepter de faire la paix avant que tout ne soit plus que remords et regrets, ne pas oublier d'être fier de soi et conscient de ses faiblesses, croire qu'on peut faire des choses, que tout est possible et que l'impossible n'est autre que ce qu'on n'a pas encore tenté... "

(...)

" A trop suivre le rythme effréné de l'existence avec son lot de circonstances plus ou moins agréables, on oublie de vivre simplement, on croit que tout se compte en gestes et en respirations, alors que les plus beaux moments sont plutôt ceux qui coupent le souffle et paralysent d'émotion. "

(...)

" De même que l'amitié ne se mesure pas forcément au nombre des années, je pense désormais qu'une simple journée peut incarner l'essence de toute une vie. Le reste n'est qu'un bruit de fond dans tous les bruits du monde. Le reste n'est qu'une comédie qui devient parfois dramatique. "

"Rails 432724" HD wallpapers by VanDerVan (http://tophdimgs.com)

"Rails 432724" HD wallpapers by VanDerVan (http://tophdimgs.com)

MA NOTE : 5/5

Une rêverie intemporelle sur le véritable sens de la vie, un livre-baume à garder précieusement contre soi, et à relire, au gré des aléas de la vie (bons ou mauvais)...

Découvrir ce livre a été une grande surprise pour moi, et une bouffée d'oxygène pur (le temps d'une brève incartade loin des sentiers du Noir & de la SFFF, ô combien jouissive !

Chaque lecteur y trouvera forcément quelque chose qui lui parlera, en fonction de son expérience, de son vécu, de son propre chemin de vie, de ses rêves & aspirations... Et même si on met certaines choses de côté, il n'est pas dit qu'on y revienne pas un jour ou l'autre et qu'alors on se sente transporté. Car les choses ne sont pas immuables, elles vivent, évoluent, se mouvent au gré du chemin que l'on emprunte. Le véritable leitmotiv de ce livre constitue un plaidoyer pour l'amour (de soi & de ceux qui comptent vraiment), pour la vie. Il est très positif, malgré les rebondissements pas toujours gais qui ponctuent le récit. Les mots - ceux qui m'ont particulièrement touchée et que vous pouvez retrouver ci-dessus - restent collés, longtemps après. Il émane de ce livre une forme de magie, ai-je envie de dire. Mais une belle magie, naturelle, positive, forte, encourageante, aimante, bienveillante, qui donne des ailes. Donne envie de se surpasser, de faire le ménage dans sa vie. Finalement, qu'est-ce que la vie, si ce n'est un endroit où l'on ne fait que se croiser. Où l'on est semblable à des pièces de puzzle, vouées à s'imbriquer les unes dans les autres pour constituer un tout, un magnifique paysage. Les pièces de puzzle de ce roman sont autant de notes de musique dispersées au gré du vent mais qui continuent malgré tout de se répondre les unes aux autres, pour former une mélodieuse & apaisante mélopée : l'hymne de la vie. Tout simplement.

Et se souvenir, coûte que coûte, savoir où l'on va, se respecter ainsi que tout ce & ceux qui nous entourent c'est tellement vital, surtout vu le contexte actuel... pour ne pas sombrer dans le noir, et continuer à fixer la lumière, même si elle paraît loin et inaccessible pour l'heure.

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