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Chers aventuriers égarés, bienvenus dans mon royaume souterrain où le Chaos, les Ténèbres et la Folie sont les seuls maîtres à bord ...

16 Jan

" BLACKSTAR " , de David Bowie (2015)

Publié par Benedict Mitchell  - Catégories :  #Ambiances

" BLACKSTAR " , de David Bowie (2015)

Difficile de passer à côté de cet album sorti il y a tout juste 1 semaine, soit 2 jours avant la mort de l'artiste... David Bowie était très attendu avec la sortie de ce 26ème album, Blackstar s'annonçait même comme l'un des évènements musical majeur de 2016. Le hasard, le destin, peu importe ce que c'est au final, mais il aura bien fait les choses (enfin, si on veut) en propulsant cet album au sommet (explosant même quelques records au passage tout comme celui de décrocher la 1ère place des charts français - une grande première dans la carrière de Bowie, étonnamment - et d'envoyer paître Adèle un rang plus bas).

Évidemment, depuis la sortie de The Next Day en 2013 et les très bonnes critiques qu'il avait suscité de la part des journalistes musicaux & des fans, son successeur était très attendu. Mais ce qui participe, depuis 6 jours, au " buzz " c'est la disparition aussi tragique que brutale et inattendue de son concepteur. Et cette certitude que Bowie se savait condamné et qu'il a voulu offrir un ultime présent au monde, une dernière œuvre, la plus complexe et riche en émotions.

Certes, si Bowie était encore parmi nous, est-ce que Blackstar aurait pour nous la même résonance, la même portée ? Difficile à prédire...

Honnêtement je fais partie de ces fans qui ne méprisent aucun des virages pris par l'artiste depuis le début de sa longue carrière prolifique, il y a plus de 45 ans. Que ce soit l'incursion dans la techno, l'électro, l'expérimental, l'abstrait, ça ne m'a jamais dérangé car je peux aisément comprendre que l'inspiration et une vision singulière de l'Art puisse amener un artiste - quel qu'il soit - à emprunter des détours ainsi que d'autres routes. Malgré cela et une connaissance globale de l'œuvre de Bowie, à la première écoute de Blackstar, on est sur le cul (oui, purement et simplement). Difficile de rester de marbre si on est doté d'une sensibilité, même infime... Enfin, bref, une étude approfondie du titre éponyme ouvrant l'album s'impose...

1. " Blackstar " - l'étoile noire...

L'introduction musicale nous plonge d'emblée dans un thème fantasmagorique : de toute évidence nous sommes dans un monde étrange, fantastique.

Quelques notes mélancoliques lancinantes, à consonance presque orientale, nous montre le corps d'un cosmonaute mort, étendu, en position d'attente, de repos ou de contemplation. Il porte une combinaison un peu désuète et abîmée... Et là on pense tout de suite à Major Tom de " Space Oddity " (le premier tube de Bowie, qui l'envoya derechef au sommet, en plus de servir d'illustration sonore lors de la retransmission de la BBC des premiers pas de l'homme sur la lune en 1969). " Ground Control to Major Tom "...

Oups... il semblerait que le Major Tom ne puisse plus vraiment répondre

Oups... il semblerait que le Major Tom ne puisse plus vraiment répondre

On notera le petit clin d'œil (volontaire ou pas) du petit écusson en forme de Smiley. Personnellement j'ai pensé à The Watchmen (allusion qui va très bientôt se renouveler quelques plans plus tard...). Une société désabusée, brisée, des héros tombés dans les travers de la société... faut-il y voir un message quelconque ? Avec Bowie, ça ne m'étonnerait pas (même si j'ignore s'il aimait l'œuvre d'Alan Moore...).

Puis vient la fondue arrière et là, la claque ! On découvre un paysage lunaire et fantastique, un peu factice mais très poétique malgré tout. J'ai tout de suite pensé aux décors de cinéma en carton peint de George Méliès. Une image MAGNIFIQUE !

" BLACKSTAR " , de David Bowie (2015)

Et que dire de cette lune/soleil pris dans une éclipse totale ? Visuellement c'est absolument splendide et émouvant...

" BLACKSTAR " , de David Bowie (2015)
" BLACKSTAR " , de David Bowie (2015)

Le tableau se complète avec l'avancée d'une femme mystérieuse, habillée normalement (enfin, pour la mode des années 1950). Mais un détail frappe : la jeune femme a une longue queue de félin (voire de lionne) qui dépasse de sous sa robe... Effectivement, on n'est bien dans un univers onirique, fantastique, fictif... Elle s'avance vers le cosmonaute mort, s'agenouille auprès de lui et relève sa visière dorée...

" BLACKSTAR " , de David Bowie (2015)

Et que découvrons-nous sous cette visière ? Un crâne, pardi ! Mais pas n'importe lequel... celui-ci il est incrusté de pierreries précieuses et de bijoux anciens...

Cette même femme n'est pas franchement renversante. Plutôt banale même (et son mono sourcil pas épilé la rend très naturelle en définitif).

Puis vient une vue globale de la scène... et là on se dit " waouh ! " : sombre, glaçant, mais beau. Cette image nous interpelle car elle pose les premières lignes d'une histoire, tandis que Bowie commence à chanter et à nous éclairer...

" BLACKSTAR " , de David Bowie (2015)
" BLACKSTAR " , de David Bowie (2015)
" BLACKSTAR " , de David Bowie (2015)

Changement de plan : on découvre Lazarus, le nouvel alter ego créé par Bowie pour cet ultime opus. Un homme au visage émacié, vieilli (forcément) et portant un étrange masque sur les yeux, composé de bandages et surmontés de deux boutons de métal à la place des yeux. Un rendu pour le moins déroutant, et presque effrayant. Et c'est là que vient la seconde allusion à Watchmen... avec Roorschach, l'un des (super)héros de The Watchmen... et son sens de la justice, de la partialité dont on se souvient (presque) tous. Et puis on pense surtout à la Tâche de Rooschach... donc Bowie a-t-il revêtu une sorte de masque qui se veut être un miroir de l'âme ?

Bref, laissons de côté le questionnement philo-psychologique (bien que très intéressant et très cher à Bowie, à n'en pas douter) pour revenir à ce qu'il convient d'appeler un court-métrage (bah oui, 9.57 minutes quand même, c'est rare pour une vidéo et quand c'est d'une telle qualité ça en dévient littéralement jouissif !).

Bowie-Lazarus se trouve dans une grange/un grenier avec au second blanc 3 personnes dans un drôle d'état : deux jeunes hommes torse-nus et une femme relativement bien habillée (toujours dans l'esprit des années 1950 il faut croire). Tandis que Bowie se tort un peu dans tous les sens en contant son étrange histoire, les trois derrière lui convulsent ou dansent une sorte de transe qui peut nous faire penser à la maladie de Parkinson. Le visage vide, ils sont presque flippants.

" Dans la villa d'Ormen... se tient une bougie solitaire "...

Et hop ! Plan sur une bougie très originale : en forme d'oignon/volcan géant elle brûle très doucement, au goutte à goutte, dans ce qui ressemble à la cour d'une villa de pierre. Et ça coule,... apparemment depuis une éternité quand on voit, brièvement, l'accumulation de " cire ".

" BLACKSTAR " , de David Bowie (2015)
" BLACKSTAR " , de David Bowie (2015)

On retourne dans l'autre monde étrange. La femme-lionne ramène sa relique dans son village, transfuge de contrée lunaire et de paysage oriental avec ses habitations troglodytes. La relique c'est le crâne, qui se retrouve dans un écrin de verre. Derrière le village, on aperçoit une montagne au sommet de laquelle se dressent 3 ruines imposantes (en forme de tours ou de briques géantes), derrière lesquelles resplendit une lumière mordorée. En ce instant, je m'imagine un lieu " maudit " un peu comme le Dol Guldur de la Terre du Milieu de Tolkien que l'on peut voir briller sinistrement depuis Minas Tirith. Mais là encore, est-ce que Bowie était fan de Tolkien ou est-ce juste moi qui extrapole de trop ? Je l'ignore...

Bref. L'histoire se poursuit. On découvre un groupe de femmes, toujours fan de la mode des 1950's, rassemblées dans l'obscurité malgré la lumière dorée qui les illumine. Bon, on ne sait pas vraiment d'où vient cette lumière. Faut dire aussi qu'elles semblent être plongées dans une transe, donc on ne va peut-être pas les déranger.

Autre plan, la voie lactée, gros plan sur cette éclipse, et ce squelette qui dérive lentement vers elle. Est-ce Major Tom qui peut enfin regagner la lumière éternelle ? Oui, assurément, notre cosmonaute du début se dirige vers les ténèbres lumineuses. Très métaphysique là encore, je vous épargnerai donc mes extrapolations philosophiques.

" BLACKSTAR " , de David Bowie (2015)

Nous rejoignons notre petite communauté de femmes, toujours dans cette même danse/transe (la même que les 3 gus du grenier). On assiste un peu médusé à une sorte de rituel, ésotérique. Une assemblée de sorcières, oui, c'est ce à quoi on peut penser. Et là, au milieu de cette danse primitive, au cœur des ténèbres mais éclairé d'une lumière inconnue, on arrive à un long pont musical. Bowie chante clairement ce changement soudain :

" Quelque chose est arrivé le jour où il est mort,

L'esprit s'est élevé d'un mètre, et s'est mis de côté.

Quelqu'un d'autre a pris sa place, et a courageusement crié,

Je suis une étoile noire, je suis une étoile noire. "

Furtivement le décor change : un champ en friche, baigné d'une lumière surnaturelle (semblable à celle d'un ovni qui ratiboiserait les environs) avec en son centre 3 épouvantails humains, crucifiés, et dansant lascivement.

" BLACKSTAR " , de David Bowie (2015)

Encore un nouveau plan, et une nouvelle ambiance, qui contraste avec les ténèbres dans lesquelles on erre depuis le début de la vidéo.

Bowie/Lazarus quitte son masque pour se découvrir, auréolé de lumière. Derrière lui un paysage de ciel bleu, avec nos 3 gus dans une attitude contemplative. Ils sont immobiles et attentifs.

Bowie ressemble à un prophète, brandissant sa " Bible " à l'effigie d'une étoile noire : doit-on y voir un énième symbole du livre comme symbole ultime de la Connaissance et de la sagesse universelle ?

" BLACKSTAR " , de David Bowie (2015)
" BLACKSTAR " , de David Bowie (2015)

Retour au grenier avec notre Lazarus toujours à découvert. Tandis qu'il nous raconte qu'il est une étoile noire, et qu'il n'est ni une Gangstar, une star de film, une popstar etc... c'est dans une attitude prostrée, presque religieuse, qu'il s'évertue à nous convaincre. Pendant ce temps-là, les 3 autres semblent provisoirement guéris. On a une série de gros plans sur les yeux de plusieurs protagonistes (dont Bowie) et on sent que tout ce petit monde retrouve un peu la vue. Les mouvements sont plus coordonnés. Bowie en profite pour faire le pitre, nous montrer que malgré la fin du chemin, il peut encore nous rappeler ses autres alter ego. On retrouve le charmeur, le mime, le danseur, le mutin, le dandy très fugacement, à travers quelques attitudes, quelques postures. Un condensé de tout ce que Bowie a incarné.

La musique prend le pas, mystérieuse, mystique. Les chœurs sont lancinants, prophétiques, agrémentés d'ne flûte onirique tandis qu'on retrouve notre prophète présentant avec force & sévérité dans le regard son livre, à un public invisible ou au monde...

Oui Monsieur, le livre c'est bon : mangez-en !

Oui Monsieur, le livre c'est bon : mangez-en !

Fin de l'interlude musical qui résonnait comme le Bowie des années 1980 et retour à l'atmosphérique et à la " Villa d'Ormen où brûle une bougie solitaire "...

Nous rejoignons notre communauté de femmes qui accueille maintenant une prêtresse vêtue de noir et portant, entre ses mains, la relique (le crâne de Major Tom).

" BLACKSTAR " , de David Bowie (2015)

L'instant est solennel : les femmes défilent devant la prêtresse & la relique pour la saluer. C'est presque comme si chacune a besoin de se recharger au contact de la relique. Les mouvements de lumière nous indiquent clairement qu'un échange énergétique a lieu.

Notre Lazarus masqué revient également, toujours dans son grenier avec ses 3 danseurs en transe extatique. Le crâne se retrouve au centre d'une danse primitive et nous retrouvons notre champ avec ses épouvantails déchaînés, cette fois.

Une rapide vision d'horreur, malsaine mais en même temps magnifique (et là je pense à l'épouvantail de l'Asile d'Arkham, mais c'est une autre digression).

Lazarus

Lazarus

" BLACKSTAR " , de David Bowie (2015)
" BLACKSTAR " , de David Bowie (2015)

Dans le champ s'approche une créature répugnante (autant que les épouvantails ? Je ne peux le dire..). Elle s'avance vers les 3 épouvantails crucifiés, et elle est faite de dreadlocks, informe, poilue. Elle les fixe tandis qu'ils se trémoussent et hurlent sur leurs croix de bois puis finit par rebrousser chemin alors que la chanson délivre ses dernières notes de flûte & de mixtures sonores indéterminées.

C'est la fin.

-> Visuellement et musicalement, c'est une sacrée claque. Le titre pourrait à lui seul résumer la qualité de chef-d'œuvre qu'est cet album. Mais 6 autres titres suivent, certes, plus courts.

" Blackstar " est un savant mélange du Bowie qui expérimente malgré l'omniprésence de sa " grande époque " (CF trilogie berlinoise). Est-ce le fait qu'il se savait condamné qui a insufflé à ce titre une dimension mystique ? Même si les paroles restent très énigmatiques, on perçoit malgré tout que Bowie sentait que son étoile allait cesser de briller, et qu'il retournerait au néant. La vidéo insiste beaucoup sur cela, ce questionnement de où part l'esprit après la mort ? Devient-il une étoile noire ? Ou, ce qui subsiste de matériel après la mort (comprenez son œuvre) peut-il encore éclairer, recharger, insuffler quelque chose - une énergie nouvelle - aux autres ?

Enfin, un autre message nous montre aussi la chute de l'Homme et la femme en tant que créature salvatrice, qui perpétue le souvenir, l'espoir en continuant à sourire (et à danser).

Alors oui, " quelque chose est arrivé lorsqu'il est mort " : Bowie a transformé sa mort en création, il l'a mis en scène. En résulte cette œuvre-testament, comme un phare perdu au milieu des ténèbres mais continuant à déverser sa lumière vivifiante et gorgée d'espoir (pour celles & ceux qui restent, et qui viendront, nombreux, après...).

2. 'Tis a pity she was a whore

Changement d'ambiance, cacophonie de saxophone, de piano. On a l'impression d'un gigantesque capharnaüm instrumental puis tout se calme et s'apaise lorsque Bowie pause sa voix - qui soit dit en passant possède toujours de sa superbe, malgré la maladie.

Dès qu'il s'arrête de chanter, c'est à nouveau le bazar.

Comment allier Jazz et électro ? Bowie lui seul a le succès pour que cela ne sonne pas faux et pour que ça ne soit pas non plus désagréable pour l'ouïe.

Doit-on pour autant penser qu'il y fait une allusion à the Thin White Duke ? Oui... il semblerait bien, une époque où il ne faut pas oublier que Bowie vivait de beaucoup d'excès...

3. " LAZARUS " : celui qui ressuscite d'entre les morts

Thème composé pour la comédie musicale Lazarus (qui vient d'être lancée à New York), " Lazarus " apporte la paix et le calme. Du Bowie comme on aime, qui rappelle encore et toujours (avec le saxophone si cher à Bowie), la trilogie berlinoise.

La vidéo, quand à elle (la dernière tournée par l'artiste) est sans équivoque : Bowie, toujours grimé en Lazarus, est sur son lit de mort, à l'hôpital, tandis qu'une femme (ressemblant à celle de " Blackstar ") est cachée dessous, on ne sait trop pourquoi. Puis il lévite dans son lit, s'élève vers un ailleurs tandis que la fin approche, et que son double sort d'une vieille armoire, grimé en mime vieilli, tout en se livrant à d'étranges pantomimes.

" Regardez, je suis au paradis,

J'ai des cicatrices qui ne peuvent être vues,

J'ai mon histoire, qui ne peut être volée,

Tout le monde me connait maintenant. "

Comment ne pas penser, à travers les paroles & la vidéo, que Bowie a mis en scène sa propre mort une fois encore ?

" BLACKSTAR " , de David Bowie (2015)
" BLACKSTAR " , de David Bowie (2015)

4. " Sue (or in a season of a crime) "

Une incursion dans le Bowie des années 1990 & 2000 avec la même touche de mysticisme qui est propre à cet album, les instruments jazzy. On retrouve la guitare, enfin, plus prononcée bien que grimée derrière les beats électro.

Encore une fois un savant mélange d'ancien & de moderne, de tout ce qui a fait de Bowie un avant-gardiste musicalement parlant.

5. Girls love me

La voix de Bowie n'a pas changé d'un iota. Toujours aussi puissance et particulière.

Une mélodie plus chaloupée, où la basse est mise en avant, de même que les cordes, discrètes mais conférant à l'ensemble une teinte encore une fois auréolée de mystères. Tandis que la voix de Bowie se perd en réverbérations aigües dans les refrains.

L'un de mes titres préférés, juste après " Blackstar ".

6. Dollar Days

Piano & guitare, le mélange mélodieux et apaisant. Et toujours ce saxophone, omniprésent sur chaque titre.

On est face à une mélodie clairement plus " mainstream " et abordable de par sa composition et son arrangement. Les critiques qualifient, aisément, ce titre comme étant le titre le moins percutant ou celui avec le moins de potentiel... ça reste tout de même une belle chanson, douce, acoustique, un brin nostalgique et mélancolique.

7. I can't give everything away

Du saxo et du beat, encore et toujours, arrosés de mysticisme : voilà le crédo de ce Blackstar.

Cet épilogue nous laisse songeur : " Je ne peux pas tout révéler "... oui, quant à l'avenir, aux secrets de l'univers, à sa maladie, à la signification de cette œuvre posthume ?

Un feu d'artifice qui arrive vraiment trop tôt, mais c'est ainsi. Une jolie ballade douce et jazzy, entraînante, pour que l'histoire continue encore et encore, et que la lumière ne s'éteigne jamais.

Une pochette d'album très soignée, classe et sobre.

Une pochette d'album très soignée, classe et sobre.

MA NOTE : 19/20

Une étoile noire ne meurt jamais, elle brillera toujours pour nous protéger des ténèbres

-> En somme il s'agit bien de l'une des œuvres les plus réussies de " Dr Bowie & Mr Jones ".

Le CD en lui même est extrêmement sobre, complètement noir (tiens, encore une fois, comme par hasard), sans fioritures. L'impression glacée en relief permet de décrypter les paroles et les quelques symboles liés à l'astronomie.

Pas de remerciements, l'album se suffit à lui-même...

Un retour aux sources, une synthèse avec Tony Visconti à la production, ne l'oublions pas.

Ce même Tony Visconti qui confiait à la presse, ces derniers jours, que Bowie espérait livrer une suite à Blackstar, dont il avait écrit et réalisé 5 nouvelles démos. Surpris par la rapidité et la fulgurance de la maladie, après une courte période de rémission, il pensait avoir le temps de finir cet ultime projet. Finalement, non, mais on peut se réjouir à la perspective de la future (et éventuelle) sortie d'un ultime disque composé de raretés & de morceaux inédits.

En attendant (ce jour hypothétique), prenons Blackstar pour ce qu'il est : une émouvante, mystique, percutante création de Bowie dédiée au monde (et à ceux qui voudront accepter ce dernier don). Bien sûr, sa mort auréole encore plus de mysticisme ce disque, mais il n'en reste pas moins une très belle réussite musicale.

L'étoile noire finalement, ne sombre pas dans le néant... Espérons que l'œuvre de Bowie continuera à éclairer notre si belle terre pour encore très longtemps.

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