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Chers aventuriers égarés, bienvenus dans mon royaume souterrain où le Chaos, les Ténèbres et la Folie sont les seuls maîtres à bord ...

05 Aug

Jon Shannow (l'intégrale), David Gemmell, 1987-1989-1994

Publié par Benedict Mitchell  - Catégories :  #Alcôves

Jon Shannow (l'intégrale), David Gemmell, 1987-1989-1994

Certains livres viennent à vous magiquement, vous laissant une sensation de "déjà-vu". Ils vous content alors une histoire, qui est celle de l'humanité, et le message délivré trouve un écho en vous. La trilogie de Jon Shannow est de ces livres, à la fois une œuvre d'anticipation post-apocalyptique mais teintée de fantastique, de religion, d'humanisme et d'une sacrée dose d'épique.

David Gemmell est réputé pour avoir été, de son vivant, l'un des auteurs de Fantasy les plus prolifiques avec son Cycle Drenaï. Mais il s'est également essayé à des hybrides de Fantasy dont fait partie cette trilogie que je qualifierai d'ovni littéraire ! Oui carrément, n'ayons pas peur des mots !

Alors par contre, ne faîtes pas comme moi : lire les deux premiers tomes à la suite et attendre 3 mois avant de continuer avec le 3ème et dernier tome ! Parce que j'ai eu du mal à me replonger dedans - j'avais oublié certaines choses - mais fort heureusement c'est vite revenu grâce aux subtils rappels de l'auteur.

Jon Shannow est donc une trilogie.

1. Le Loup dans l'Ombre

1. Le Loup dans l'Ombre

2. L'Ultime Sentinelle

2. L'Ultime Sentinelle

3. L'Homme de Jerusalem

3. L'Homme de Jerusalem

" Dans un monde où la civilisation a été remplacée par une ère de barbarie et de cruauté, un homme solitaire est en quête de rédemption. Son nom est Jon Shannow. Pour une raison qu'il ignore, il semble avoir éveillé la colère d'Abaddon, le chef d'une gigantesque armée de fanatiques religieux pratiquant le sacrifice humain afin d'apaiser les Pierres de Sang, morceaux d'étoiles dotés d'étranges pouvoirs. Mais Abaddon a commis une erreur : il a enlevé la seule femme qui compte aux yeux de Jon Shannow. Pour la sauver, l'homme errant est capable de remuer le ciel et la terre... et l'enfer. "

C'est lui Jon Shannow !

C'est lui Jon Shannow !

La 4ème de couverture fait référence au premier tome, bien qu'elle serve finalement de fil rouge tout au long de la trilogie.

Le monde de Jon Shannow c'est le nôtre, mais après un terrible cataclysme terrestre qui grosso modo a fait basculer la Terre de son axe, créant comme vous l'imaginez de terribles catastrophes (méga raz-de-marée...), transfigurant le monde à jamais. Dès lors, le monde a changé. Parce qu'encore une fois, il y a l'idée que la civilisation, que vous et moi connaissons, étaient devenue impie. L'eau aura tenté d'effacer nos péchés pour faire de notre monde un nouvel Éden. L'eau évacuée, la géographie a changé, le passé s'est estompé et nous voilà revenue à l'époque du Far West en quelques sorte. Plus de voiture, plus d'électricité, de plastique. La nature semble avoir bien fait les choses... Et c'est là que la religion arrive sur son grand cheval blanc (enfin, presque). Sauf que c'est son opposé qui a prit le pouvoir, le Culte des Enfants de l'Enfer. Jésus est devenu un blasphème interdit de culte. Les brigands imposent leur loi tandis que les modestes gens tentent de survivre, soit en colonisant de nouvelles terres désertes toujours plus loin, soit en intégrant une communauté déjà établie. Sauf que le danger rôde et que les contrées ne sont pas très sûres au-delà d'un étrange mur, derrière lequel trônerait dans le ciel l'Épée de Dieu, celle que cherche Jon Shannow justement...

Enfin, il y aurait énormément de choses à dire sur l'univers de Jon Shannow, et le livre est d'une richesse formidable ! Le résumé du verso, pour une fois, ne rend pas hommage à la qualité exceptionnelle de cette trilogie, trop méconnue à mon goût, oscillant entre un super western de Clint Eastwood et le Pistolero de Stephen King, pour synthétiser.

Le héros est un écorché vif, ce n'est pas un héros à proprement parler car Shannow a la gachette très facile et réactive. Celui qu'on surnomme le Destructeur de Mondes (ou l'homme d'Armageddon) traîne derrière lui pas mal de casseroles. Mais il ne tue pas par plaisir. Ce n'est pas faute de prévenir ceux qui se risquent à ne pas écouter ses conseils. Faut pas le faire chier, ni s'en prendre aux innocents !

Si au début beaucoup, d'ombres entourent Shannow, la complexité du personnage, ainsi que sa profondeur, se renforcent au fil des pages. Plus d'une fois je me suis pris de sacrées claques, car j'étais à mille lieux de m'imaginer telle connexion ou tel rebondissement ! Bien sûr, quand on a lu le Cycle Drenaï, on ne peut s'empêcher de faire des rapprochements entre Shannow et Druss la Légende, un autre (anti)-héros emblématique typiquement " Gemellien ". Mais l'Homme de Jérusalem est unique, pour sûr !

Quelques mangifiques illustrations de Jon Shannow, reflétant bien l'essence même du personnage.
Quelques mangifiques illustrations de Jon Shannow, reflétant bien l'essence même du personnage. Quelques mangifiques illustrations de Jon Shannow, reflétant bien l'essence même du personnage.
Quelques mangifiques illustrations de Jon Shannow, reflétant bien l'essence même du personnage.

Quelques mangifiques illustrations de Jon Shannow, reflétant bien l'essence même du personnage.

Aussi, je ne chroniquerai pas les trois tomes séparément, mais plutôt l'ensemble car c'est elle qui est importante au final. Les trois tomes sont pourtant bien distincts les uns des autres mais ils se rejoignent par un fil rouge (ou plusieurs) : Shannow et les Pierres de Sang.

Que sont ses pierres ? Une question hautement importante dans l'œuvre de Gemmell. D'ailleurs, la trilogie de Jon Shannow s'inscrit dans le Cycle des Sipstrassi auquel il faut rajouter les Pierres de Pouvoir ( " Le Fantôme du Roi " & " La Dernière épée de pouvoir ") et " Le Lion de Macédoine " (édité sous plusieurs supports).

Les Sipstrassi ou Pierres de Sang ou Pierres de Daniel nous viennent de l'espace. On ne sait pas comment elles sont arrivées sur Terre mais elles sont là depuis l'Antiquité et certains hommes les connaissent (en particulier leur pouvoir, qui est double selon que l'on utilise la pierre pour en répandre le bien ou le chaos). Ainsi, elles peuvent rendre les hommes fous. Abaddon en fait partie, mais il est loin d'être le seul, vous verrez. Les Sipstrassi permettent aussi de voyager vers d'autres mondes, d'autres réalités parallèles, mais aussi dans le temps... et là ça se complique. La trilogie nécessiterait presque une seconde relecture, une fois que vous aurez digéré toutes les révélations et rebondissements (très nombreux) de l'histoire.

L'épilogue du " Loup dans l'Ombre "... et là je dis : Bravo Mr Gemmell d'avoir pensé à ça !

L'épilogue du " Loup dans l'Ombre "... et là je dis : Bravo Mr Gemmell d'avoir pensé à ça !

Un autre aspect important de l'œuvre est le rapport des hommes à la religion. Le Christiannisme contre le Satanisme (pourrait-on dire) - satanisme dans ce qu'il a de plus vil et maléfique, bien entendu, bibliquement parlant. Les guerres de religion sont un fléau pour l'humanité (et pour ce qu'il est en reste). Finalement, les hommes ne retiennent jamais la leçon. Alors que le monde a été purgé, il faut qu'ils recommencent inlassablement leurs conneries dans le même but de domination suprême. Ah, les hommes... il n'y a que la violence qui compte ! La violence, la luxure et les richesses ! Mais les femmes ne sont pas en reste. Dans la trilogie, elles ont des couilles et savent se défendre. Point de pauvres demoiselles en détresse (même si nous croisons quelques personnages féminins pathétiques, cependant il en va de même pour certains messieurs également donc : match nul !).

Le rapport à la nature est également très présent, c'est même le fondement de l'œuvre. C'est par la faute de l'homme que la Terre a basculé sur son axe, entraînant l'Armageddon... L'homme se croit toujours supérieur, n'hésitant pas à maltraiter ceux qui ont muté comme les Hommes Loups. Enfin, énormément de choses que je voudrais vous dire mais je ne le peux, pour ne pas spoiler.

D'autres couvertures... avec de belles illustrations !
D'autres couvertures... avec de belles illustrations !

D'autres couvertures... avec de belles illustrations !

< EXTRAITS >

" J'ai vu la chute des mondes et la mort des nations. De cet endroit très haut, dans les nuages, j'ai regardé le colossal raz-de-marée fondre vers la côte, engloutir les cités, noyer d'innombrables êtres.

La journée était calme, au début, mais je savais ce qui allait arriver. La cité près de la mer était en train de se réveiller, ses routes étaient engorgées de véhicules, ses trottoirs bondés, les veines de ses passages souterrains encombrés par l'humanité.

(...) Je pensai aux gens, dans la cité. Certains devaient observer ce qu'ils prenaient pour un miracle, un soleil couchant qui se levait de nouveau. Ils souriraient, ou claqueraient des mains, émerveillés. Puis leurs yeux seraient attirés vers l'horizon. D'abord, ils supposeraient qu'un nuage d'orage bas avait obscurci le ciel. Mais bientôt viendrait la compréhension de la terrible vérité : la mer s'était dressée pour rencontrer le ciel, et fondait sur eux, un mur bouillonnant porteur de mort. Je détournai les yeux. L'avion frémit, puis monta et descendit, impuissant face au terrifiant pouvoir des vents. Tous les passagers pensaient que la mort était proche. Sauf moi. Moi, je savais.

Je regardai une dernière fois par la fenêtre. La cité avait désormais l'air si petite, ses puissantes tours pas plus grosses que le doigt d'un enfant. Des lumières brillaient aux fenêtres des bâtiments, et des voitures sillonnaient toujours les autoroutes.

Puis tout disparut.

(...) Comme une paille dans un ouragan, l'avion fila dans le ciel. Puis vinrent les couleurs, des rouges et des violets étincelants qui inondèrent le fuselage et masquèrent les hublots, comme si nous avions été engloutis par un arc-en-ciel. Puis elles disparurent. Quatre secondes, tout au plus. Mais moi seul savais qu'au cours de ces quatre secondes plusieurs centaines d'années s'étaient écoulées. "

(...)

" Dans une petite partie du jardin, une herbe minuscule parla aux fleurs qui y poussaient. " Pourquoi, demanda-t-elle, le jardinier essaie-t-il de me tuer ? N'ai-je pas droit à la vie ? Mes feuilles ne sont-elles pas vertes, tout comme les vôtres ? Est-ce trop demander que vouloir grandir et voir le soleil ? " Les fleurs réfléchirent, et décidèrent de supplier le jardinier d'épargner l'herbe. Il le fit. Jour après jour, l'herbe grandit, de plus en plus forte, de plus en plus haute, ses feuilles couvrirent celles des autres plantes, et ses racines s'étalèrent. Une à une, les fleurs moururent, jusqu'à ce qu'il reste seulement une rose. Elle regarda l'énorme buisson que l'herbe était devenue, et lui demanda : " Pourquoi essaies-tu de me tuer ? N'ai-je pas droit à la vie ? Mes feuilles ne sont-elles pas vertes, tout comme les tiennes ? Est-ce trop demander que vouloir grandir et voir le soleil ? "

" Oui, c'est trop demander ", répondit l'herbe.

LA SAGESSE DU DIACRE, CHAPITRE VII "

(...)

" Il y avait un loup qui tuait les agneaux, les chèvres et les oies. Un jour, un saint homme alla voir le loup et lui dit : " Mon fils, tu es une bête vicieuse, et tu es bien loin de Dieu. " Le loup y réfléchit un moment, et comprit que l'homme avait raison.

Il demanda comment il pourrait s'approcher du Paradis. Le saint homme lui dit de changer son comportement et de prier. Un été, il marchait près de la rivière quand une oie se moqua de lui. Le loup se retourna et tua l'oie d'un seul coup de ses redoutables dents. Un mouton qui était à côté lui demanda : " Pourquoi l'avez-vous tuée ? "

Le Loup répondit : " Les oies ne devraient pas se gausser d'un loup saint. "

LA SAGESSE DU DIACRE, CHAPITRE XI "

(...)

" Le mal renaîtra toujours, comme les débris remontent à la surface. Parce qu'un homme maléfique essaiera toujours d'imposer sa volonté aux autres. Tous les gouvernements de l'histoire ont vu des hommes maléfiques accéder au pouvoir. Dès lors, comment nous assurerons-nous que le règne du mal sera à jamais banni de ce nouveau monde ? Nous ne le pouvons pas. Tout ce que nous pouvons faire est nous efforcer d'être saints, et chercher, individuellement, la volonté de Dieu. Et nous pouvons prier pour que, quand le mal renaîtra, il y ait des hommes, oui, et des femmes qui lui résisteront.

LA SAGESSE DU DIACRE, CHAPITRE XXII "

(...)

" Les gens disent que nous ne vivons plus à une époque de miracles. Ce n'est pas le cas. Ce que nous avons perdu, c'est notre capacité à les reconnaître. "

(...)

" La pire folie est de croire que le mal peut-être vaincu par la raison. Le mal est comme la pesanteur, c'est une force qui est au-delà de toute discussion. "

(...)

" Quand aurons-nous la paix ? C'est ce que crie la multitude. Je l'entends. Je le comprends. La réponse n'est pas facile à dire, et encore plus dure à entendre. La paix ne survient pas quand les brigands ont été tués. Elle n'arrive pas à la fin d'une guerre. Elle ne se produit pas avec la beauté du printemps. La paix est le cadeau qu'apporte la mort. Elle se trouve seulement dans le silence de la tombe. "

(...)

" ... Vous connaissez leur croyance, monsieur Shannow ? Ils adorent le Diable. Et quel meilleur Diable auraient-ils pu trouver ? Il est entré dans Babylone et il a pris son trône à Abaddon. Et il s'est nourri. Oh ! Il s'est nourri, c'est sûr. Avez-vous étudié l'histoire ancienne, monsieur Shannow ?

- Non.

- Mais vous connaissez la Bible ?

- En effet.

- Alors, vous vous souvenez sans doute des récits sur Moloch, le dieu qui était nourri par des âmes immolées par le feu. Les habitants des cités où Moloch était adoré amenaient leurs premiers-nés sur les lieux du sacrifice et les jetaient dans des fournaises ardentes. Tout ça pour Moloch. Les Enfants de l'Enfer font la même chose pour... , moins les flammes. Les enfants sont tués, et, au début, ... se baignait dans le sang des victimes. Chaque citoyen portait une petite Pierre de Sang, une Graine de Satan. Il s'agit de Sipstrassi corrompues, dont le pouvoir pur a depuis longtemps été épuisé. Elles sont nourries avec du sang et acquièrent un pouvoir d'une nature différente. Elles ne peuvent plus guérir les blessures ou créer de la nourriture. Mais elles donnent une grande force et une grande vitesse à leurs porteurs, et se nourrissent également de leurs instincts les plus bas. Un homme colérique en possession d'une Pierre de Sang devient un fou furieux. Les désirs honnêtes se transforment en besoins pathologiques. Ces Pierres sont des créations maléfiques. Mais, grâce à elles, ... contrôle le peuple, augmente la luxure et le désirs des gens et réduit leur capacité de compassion et d'amour. Il gouverne une nation fondée sur l'égoïsme et la haine. " Fais ce que tu veux " résume la totalité de la loi. Mais son besoin de sang croît de jour en jour. D'où la guerre, et ses légions qui balaient la contrée. Devant elles avancent les Dévoreurs. Il a fait muter les Hommes-Loups, les a rendus plus grands et plus féroces, d'immenses bêtes qui se déplacent à une grande vitesse et tuent sans pitié. Il n'a plus besoin de se baigner dans le sang, désormais. Chaque fois qu'un Dévoreur se nourrit, cela fait enfler une Pierre de Sang incrustée dans son crâne. La Pierre transmet son pouvoir à ... , qui est la Pierre de Sang ultime. "

(...)

" ... Les dernières années, il y avait eu nombre de colloques sur les risques d'un holocauste nucléaire. Mais personne n'avait pensé que la Nature se chargerait de remettre à leur place les superpuissances mondiales. "

David Gemmell ( 1948-2006 ), une Légende de la Fantasy partie bien trop tôt mais qui a laissé à la postérité une Œuvre d'une richesse exceptionnelle !

David Gemmell ( 1948-2006 ), une Légende de la Fantasy partie bien trop tôt mais qui a laissé à la postérité une Œuvre d'une richesse exceptionnelle !

MA NOTE : 5/5

La production de David Gemmell, à qui l'on reproche souvent d'être trop répétitive (je ne peux le confirmer, n'ayant pour l'heure lu que 4 livres sur la trentaine qu'il a écrit), peut se targuer d'avoir offert au monde un véritable ovni littéraire avec la trilogie de Jon Shannow ! Très réussie, finement écrite, il n'est pas aisé de toujours tout comprendre d'emblée, tant les allers-retours sont nombreux et déroutant. Je dirai que ce livre n'est pas à mettre dans toutes les mains car il demande beaucoup de concentration pour assimiler la multitude d'informations qui arrive de partout. Une seconde relecture semble très appréciable compte tenu du fil rouge lié aux Sipstrassi et que je ne peux pas du tout vous révéler sinon ça ne servirait à rien que vous lisiez ce livre - l'effet de surprise devant être préservé.

Les personnages sont riches et que dire de Jon Shannow, ce cow-boy / pasteur, récitant les Saintes Écritures avant d'abattre son jugement mortel via ses pistolets qui ne quittent jamais sa ceinture ! Un héros complètement badass et au cœur pur, malgré sa quête de rédemption. Et puis quelle fin, nom de Dieu !!!! Une sorte de Mad Max - La Tour Sombre - Pour une Poignée de dollars teintée de fantastique avec ces Sipstrassi et tout ce qu'elles provoquent !!

Une œuvre qui mériterait très largement d'être adaptée de par sa richesse et ce qu'elle véhicule ! La violence est très crue, de même que le sadisme de certains protagonistes. Certains passages de massacres m'ont particulièrement révulsé.

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