Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Chers aventuriers égarés, bienvenus dans mon royaume souterrain où le Chaos, les Ténèbres et la Folie sont les seuls maîtres à bord ...

08 Jul

Coraline, Neil Gaiman, 2002

Publié par Benedict Mitchell  - Catégories :  #Alcôves

Coraline, Neil Gaiman, 2002

" La famille de Coraline vient d'emménager dans une vieille maison loin de tout, avec pour seuls voisins deux anciennes actrices à la gloire fanée et un monsieur bizarre qui élève des rats. Délaissée par ses parents accaparés par leur travail, la jeune fille, au fil de ses explorations, ne tarde pas à découvrir une porte mystérieuse. De l'autre côté l'attend un monde fantastique où tout est étrangement semblable, mais en mieux... "

" Des oeuvres telles qu'American Gods, Neverwhere, Stardust et bien d'autres ont installé Neil Gaiman comme une référence incontournable de l'imaginaire. Coraline, court récit récompensé par de nombreux prix littéraires et porté à l'écran en 2009 par Henri Sellick, est - tel Alice au pays des merveilles - un conte intemporel pour tous publics. "

Coraline, Neil Gaiman, 2002

Découvrir un nouvel auteur et son univers c'est un peu comme sauter dans le vide, plonger dans un gouffre dont on ne sait si on en ressortira indemne ou non, partir à l'aventure vers l'inconnu...

Je connaissais la réputation de Neil Gaiman, un auteur incontournable certes, un univers bien original...

Et dès les premières pages j'ai été happé par l'histoire, d'une simplicité déconcertante pourtante.

Coraline est une jeune fille délaissée par ses parents qui n'ont que leur boulot en tête et ne pensent même pas à nourrir leur fille convenablement et encore moins à lui consacrer du temps, tout simplement.

Alors, parce Coraline est une enfant rêveuse, en quête d'aventures excitantes, elle entreprend d'explorer. D'abord l'appartement puis l'immense jardin arboré. Elle ne manque pas de rendre visite à ses voisins, aussi loufoques que bien attentionnés malgré tout. Mais bon, à cet âge-là on a vite fait le tour des choses et bientôt une obsession tracasse Coraline : une porte, dans son appartement, donne sur... rien, ou plutôt vers un mur de briques. Mais sa mère lui interdit formellement de chercher à en savoir plus (car selon elle c'est sans intérêt et le mur de briques donnerait juste sur un appartement vide). Hélas, interdire quelque chose à un enfant c'est pousser à son paroxysme son insatiable soif de curiosité, si bien que profitant de l'absence de ses parents, Coraline désobéit... et se retrouve de l'autre côté du mur qui ressemble à une sorte de réalité parallèle où à première vue tout semble mieux : des parents enfin à son écoute, une chambre remplie de jouets merveilleux et de magnifiques déguisements, le chat noir qui erre dans le jardin se met à lui parler... la tentation est là : comment ne pas succomber à un monde où Coraline se retrouverait au centre de toutes les attentions ! Mais ces attentions sont-elles vraiment admirables, bénéfiques pour Coraline ? Ou au contraire, cachent-elle une réalité bien plus effroyable ?

" Vers l'inconnu et au-delà !!! "

" Vers l'inconnu et au-delà !!! "

Dès sa sortie, Coraline a raflé pas mal de prix (et parmi les plus prestigieux) tels le British Science Fiction Award en 2002 et les Prix Hugo, Prix Nebula, Prix Locus et Prix Bram Stoker en 2003 !

Bon, 154 pages (dans le format poche des Éditions J'ai Lu) ça se lit très très vite. Mais comme le dit le vieil adage, " quantité ne rime pas avec qualité " !

Alors oui, un conte moderne assurément à destination de tous les publics : euh... oui, pourquoi pas mais les plus jeunes risquent d'avoir peur (quoique c'est sympa aussi de se confronter à ses peurs lorsque l'on est enfant).

Effectivement, le référence à Alice au pays des merveilles est plus que flagrante (le monde caché derrière une porte/un trou, l'animal qui parle (le lapin blanc/le chat noir), les adultes à première vue sympas mais en réalité monstrueux, une enfant courageuse...

Coraline, Neil Gaiman, 2002

Bon, on reste dans le conte donc nul besoin d'épiloguer sur la psychologie et la philosophie du roman, elle parlera sans conteste à chacun. Sous couvert d'une fable fantastique dans laquelle une vile créature est prête à tout pour assouvir ses besoins primaires, la morale est sauve : une fois encore les adultes sont montrés du doigt avec leur incapacité à s'amuser, à être trop terre à terre, à oublier la part d'enfant qui vit en chacun de nous... Et il faut frôler le pire pour que finisse par ressortir le bon.

Ils ont l'air trop cool ces autres parents ! Trop même...

Ils ont l'air trop cool ces autres parents ! Trop même...

Mais notre jeune héroïne, malgré les difficultés et les épreuves qui vont se présenter d'elles-mêmes à elle, va faire preuve d'une ténacité sans faille et de beaucoup de courage pour ne pas se perdre dans tout cela.

Alors il paraît que ce roman a été adapté en BD et en film d'animation... à voir donc...

Pour le film d'animation, il semble rester fidèle dans ses grandes lignes au roman.

Trop flippante cette mère !!!!Trop flippante cette mère !!!!

Trop flippante cette mère !!!!

< EXTRAIT >

" Une petite chose noire détala sur le plancher et disparut sous le lit. Coraline se mit à genoux pour regarder dessous. Cinquante petits yeux rouges lui renvoyèrent son regard.

- Coucou. C'est vous, les rats ?

Ils émergèrent. La lumière les faisait cligner des yeux. Ils avaient un pelage ras, noir comme la suie, de petits yeux rouges, des pattes roses qui ressemblaient à de minuscules mains et une queue rose et nue qui faisait penser à un long ver tout lisse.

- Est-ce que vous pouvez parler ?

Le plus gros et le plus noir secoua la tête. Coraline lui trouva une espèce de sourire déplaisant.

- Bon, alors qu'est-ce que vous savez faire ?

Ils se mirent en cercle.

Puis ils se montèrent dessus, rapidement mais avec précision, et formèrent une pyramide, le plus gros rat en haut. Alors ils se mirent à chanter d'une voix à la fois aigüe et chuintante :

" Des dents on a, une queue on a

Une queue on a, des yeux on a

À votre chute, on était là

À notre sacre, vous serez là "

Ce n'était pas une très jolie chanson. Coraline était sûre de l'avoir déjà entendue quelque part, ou du moins quelque chose d'approchant, sans pouvoir dire dans quelles circonstances.

Puis la pyramide s'écroula et les rats déguerpirent, furtifs et noirs, en direction de la porte. "

MA NOTE : 4/5

Un conte moderne et métaphorique très agréable à lire, aux messages non dénués d'importance et de profondeur.

Mais attention, je me dois de vous mettre en garde : il se peut que vous ne puissiez plus voir en peinture un simple gros bouton noir une fois que vous aurez lu ce livre... gare à vous !

Néanmoins on s'identifie assez facilement à la jeune héroïne et les personnages secondaires sont assez comiques.

Coraline, Neil Gaiman, 2002
Commenter cet article

À propos

Chers aventuriers égarés, bienvenus dans mon royaume souterrain où le Chaos, les Ténèbres et la Folie sont les seuls maîtres à bord ...