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Chers aventuriers égarés, bienvenus dans mon royaume souterrain où le Chaos, les Ténèbres et la Folie sont les seuls maîtres à bord ...

30 Jun

La Trilogie de Wielstadt, Pierre Pevel (réédition en 2011)

Publié par Benedict Mitchell  - Catégories :  #Alcôves

La Trilogie de Wielstadt, Pierre Pevel (réédition en 2011)

Toujours dans la perspective de la découverte (très appétissante) de l'œuvre de Pierre Pevel, je vous propose de nous attarder un petit moment sur le Cycle de Wielstadt, grâce auquel notre auteur bien de chez nous s'est fait connaître.

La trilogie se compose des œuvres suivantes :

- Les Ombres de Wielstadt, 2001

- Les Masques de Wielstadt, 2002

- Le Chevalier de Wielstadt, 2004

La Trilogie de Wielstadt, Pierre Pevel (réédition en 2011)

La réédition des Éditions Pocket nous propose donc l'intégrale de cette première œuvre maîtresse et qui fut alors fort remarquée lors de sa sortie, en témoigne la très belle préface de Jacques Baudou qui m'en a appris pas mal sur l'univers de l'auteur qui, je dois l'avouer avec une certaine honte, m'étais complètement inconnu il y a encore quelques mois (j'avais vaguement un souvenir de l'univers des Lames du Cardinal niveau Jeu de Rôle...).

Alors que dire de cette trilogie ? Beaucoup de choses !

Tout d'abord, ce n'était pas ma première fois avec l'écriture de Monsieur Pevel et pourtant, forcée de constater la maîtrise de l'écriture, la richesse du texte et la force narrative une fois encore ! Nous nous trouvons presque à la même époque que le contexte des Lames du Cardinal, autour des années 1620 à la différence près que l'action prend place à Wielstadt, une ville fictive (et impressionnante avec ses 500 000 âmes) qui se trouve sur le Rhin et en bordure de la virtuelle Rhin See ... , donc dans la Saint Empire Romain Germanique mis à feu et à sang par les débuts de la guerre de Trente Ans.

Mais avant d'aller plus loin, laissez-moi vous présenter la 4ème de couv' !

" Hiver 1620 : après s'être acquitté d'une délicate mission pour l'Ordre des Templiers, le chevalier Kantz revient à Wielstadt, cité allemande protégée depuis toujours par un mystérieux dragon.

Chasseur de démons initiés aux secrets de la Kabbale, Kantz est un exorciste qui mène contre le mal une croisade solitaire et implacable. Rapière au poing, il va devoir traquer une insaisissable meute de goules qui répand la terreur en ville. "

" Ce petit bijou place d'emblée son auteur parmi les praticiens les plus doués d'une veine littéraire en pleine expansion. Jacques Baudou - Le Monde "

Notons que ce premier volet de la trilogie a remporté le Grand Prix de l'Imaginaire, ce qui n'est pas peu dire !

Bon, en lisant la 4ème de couverture j'étais très loin de me douter de l'ampleur de l'œuvre ! Je dois dire que le court résumé ne lui rend pas du tout hommage, et c'est tant mieux car je ne m'étais pas du tout attendue à quelque chose d'aussi explosif, que j'aurais mis 4 jours à dévorer (et encore, j'aurais pu le réduire à 3) tant le contraste est marqué avec l'autre titre de référence, Les Lames du Cardinal. Alors oui, j'ai pu voir que Monsieur Pevel était un très grand admirateur de l'œuvre d'Alexandre Dumas comme de celle de Gaston Leroux et effectivement, plus j'avance dans l'œuvre de Pierre Pevel et plus je peux le constater (bien que je n'ai pas lu grand chose de ces illustres auteurs mais grâce à Monsieur Pevel cela va changer, donc merci à vous d'avoir rallonger ma PAL déjà bien longue !).

Sinon, comment chroniquer un tel ensemble sans trop en dire et sans trop nuire à la fantastique découverte de cet univers bien particulier (oui, par rapport au résumé du verso) ? C'est impossible, alors je vais essayer d'en dire un peu plus sans pour autant spoiler (le vilain mot).

Wielstadt est une cité allemande qui n'existe pas et n'a jamais existé. Et pourtant, le contexte historique lui, a bien existé, et tristement même (la guerre de Trente Ans, entre autre). Comme dans les Lames... nous sommes en présence d'un contexte historique uchronique teinté de fantastique dans le sens où il subsiste encore l'un des derniers grands dragons d'Occident. Le dragon veille sur Wielstadt dont il est le protecteur et grâce à qui jamais aucun siège de la cité n'a pu aboutir.

La Trilogie de Wielstadt, Pierre Pevel (réédition en 2011)

Sur fond d'enquête policière et d'investigation personnelle, nous découvrons le personnage fort singulier du chevalier Kantz, un énigmatique " hybride " doté de compétences occultes et accessoirement chasseur de créatures surnaturelles issues de l'Ombre. Et quand on voit qui compose sa " clique " on trépigne d'excitation : un faune aubergiste, Zaccharios (oui et même que les centaures font partis du guet), une fée mutine et espiègle, Chandelle.

Kantz, dès le début, est entouré de zones d'ombres : sa paume gauche est tatouée d'un étrange pentacle dont il semble tirer sa puissance en tant qu'exorciste. Et que dire de sa rapière surnaturelle ! Cependant, le personnage, dans sa façon froide, déterminée, maîtrisée de procéder (et même de s'exprimer) m'a tout de suite fait penser à Saint-Lucq, le sang-mêlé des Lames... , tous deux s'habillent aussi de noir par exemple. Les ressemblances s'arrêtent néanmoins là. Sans rentrer dans le détail de l'intrigue de chaque tome de la trilogie (car là encore il y a une progression naturelle), on constate que l'histoire du chevalier Kantz est très complexe, et son passif très lourd. Rassurez-vous, l'épilogue vous apportera toutes les réponses nécessaires (mais pas tout à fait). Kantz est néanmoins un homme d'honneur, qui a juré de combattre les forces maléfiques, et cela quoiqu'il lui en coûte. Même s'il peut agir un peu à sa guise dans certaines situations (et faire un peu ce qui lui chante, n'hésitant pas à mentir quand cela l'arrange) il reste néanmoins un amis fidèle très attaché à sa petite bande d'amis (le libraire, l'aubergiste, le poète) mais aussi à sa domesticité. N'hésitant pas à collaborer avec l'Ordre des Templiers (dont les Mousquetaires sont aussi des combattants de Dieu face aux hordes des ténèbres) il va au fil des pages se lier d'amitié avec l'inspecteur criminel du prévôt, ce qui peut amener certains avantages. Et il ne faut pas oublier le Roi-Misère (monarque de la Cour des Miracles de Wielstadt - les laissés pour compte en somme) !

Le Chevalier Kantz

Le Chevalier Kantz

Si les trois livres semblent avoir été pensés pour pouvoir être lus séparément, il n'en reste pas moins qu'à chaque fois l'auteur n'hésite pas à faire des rappels (ce qui peut devenir un peu lourd surtout avec cette réédition de 2011 où on enchaîne un peu les trois ouvrages à la suite).

Mais bon, à l'époque de leur première parution, les lecteurs ont du patienter entre la lecture de chaque tome et oui, je peux comprendre que certains détails ou évènements puissent avoir été oubliés.

Donc on a trois scénarios différents avec un fil rouge qui progresse et se développe tout au long des trois tomes cependant.

Dans Les Ombres..., des goules sèment la panique et certains morts semblent être revenus à la vie mais commandées par une mystérieuse ombre toute droit revenue des Limbes. L'occasion dans ce premier opus de présenter l'univers, les très nombreux personnages et certains intervenants que nous retrouveront plus tard, comme certaines sociétés secrètes dirons-nous pour ne point trop en dire malgré tout.

Les Masques... s'ouvre un peu plus, dans le sens où on sort enfin de la ville pour découvrir d'autres contrées, d'autres dangers, d'autres ennemis. Un complot semble se tramer contre Wielstadt à la tête duquel semble trôner un sombre démon violent et colérique mais peut-être n'est-il qu'un simple exécutant...

Enfin, Le Chevalier... poursuit le cliffangher final du second tome. Quelques années plus tard, la menace qui pèse contre Wielstadt semble de plus en plus réelle et précise tandis que la guerre fait toujours rage dans la région .Est-ce que le dragon et même la mystérieuse Dame en Rouge (qui n'apparaît que lorsque le paix de la cité semble menacée) y peuvent encore quelque chose face à l'autre conflit, plus insidieux, qui se trame dans l'ombre ? Sans oublier ce tueur en série, le voleur de visage, qui sévit inlassablement en semant la panique dans la ville et en échauffant les esprits de sa population. Dans ce dernier tome Kantz va connaître le courroux d'un ancien ennemi qu'il pensait oublié, perdu et qui va s'acharner à le faire souffrir par tous les moyens, sans en oublier de faire sombrer la ville une bonne fois pour toute.

 

< EXTRAITS >

 

" Presque invisible dans la tourmente hivernale, accroché à la falaise telle une gigantesque gargouille d'onyx dominant le vide et la nuit, le dragon veille.

Il est immobile, assis, les serres fichées dans la pierre. Les lourds flocons qui tombent en tourbillons furieux depuis le crépuscule le recouvrent presque tout entier, au point qu'il se confond maintenant avec la masse des rochers enneigés. Les clochers de la ville proche ont déjà sonné minuit, mais les heures qui ont passé sont pour le dragon des esquisses de secondes et le froid ne l'atteint pas.

Il semble attendre.

Il observe.

Car malgré la nuit, malgré la tempête, le dragon peut voir son territoire. C'est le terme d'un golfe étroit, démesurément étiré sur une centaine de lieues, envahi par des eaux froides et salées. Jadis, il y avait là une vallée qu'un grand fleuve - lequel n'était pas encore le Rhin - venait emprunter. Mais les forces de la nature, un jour, se déchaînèrent. Dans leur fureur, elles éventrèrent la vallée sur toute sa longueur tandis qu'au nord, des terres côtières trop basses étaient submergées par la mer. La masse des flots, déferlant librement, trouva ainsi le chemin de la vallée suppliciée et la noya à jamais. Cela arriva en des temps que les hommes disent immémoriaux, des temps qui pourtant n'ont pas quitté la mémoire du dragon.

Pour l'heure, par cette nuit glaciale et violente, le dernier des grands dragons d'Occident tient repliées sur ses flancs ses ailes de cuir. Il a ramené contre lui sa longue queue écailleuse. Un cou épais, parcouru d'une crête osseuse finissant sur l'échine, porte bien droite sa tête massive. Une collerette membraneuse que traversent et percent des cornes d'ivoire jauni par l'âge, orne ce crâne aux mâchoires brutales. De ses narines lentement animées par un souffle rauque, suintent de loin en loin des volutes de vapeurs rouges qui montent vers des paupières mi-closes. Derrière elles, on devine à gauche un globe aveugle et banchâtre, tandis que l'oeil droit brille d'un éclat vif, profond, à la fois sage et terrible, inhumain.

Hors le dragon ne sait plus rien du cataclysme qui engloutit la vallée. Au fil des siècles, les hommes ont oublié le grand Rhin et il leur semble que son cours, amputé depuis l'âge où Rome n'était qu'un hameau, rejoint de toute éternité ce long bras de mer glissé en terre allemande : la Rhein See. Et là où finit le fleuve et commencent les falaises schisteuses qui enserrent son estuaire, là se dresse Wielstadt, ville immense et prospère d'un Saint Empire romain germanique déjà dévoré par les premiers feux de la guerre de Trente Ans. À l'hiver 1620, cette guerre appelée à embraser l'Europe n'a encore meurtri que les régions orientales de l'Empire et beaucoup la pensent achevée. Elle a débuté deux ans plus tôt avec la révolte (...).

Mais de tout cela, le dragon n'a cure et, sur son piton rocheux, il s'anime enfin.

Ses lents et puissants mouvements de colosse engourdi font écrouler son manteau de neige quand il se redresse. Alors, comme triomphant, il écarte ses ailes restées criblées par un feu de couleuvrines essuyé naguère. Cou tendu, tête levée, poitrail en avant, il adresse au ciel un cri que les plaintes du vent peinent à étouffer. C'est un cri terrible, sauvage et rauque qui semble résonner depuis les profondeurs d'une caverne, le cri d'un vieux mâle hurlant au monde qu'il est maître de son domaine. Puis le dragon replie ses ailes et penche la tête vers cette ville qui l'indiffère mais lui appartient pourtant, parce qu'elle est sur son territoire. "

(...)

" (...) L'homme, en s'engageant dans la rue, avait fait fuir le corbeau. Le gros volatile n'était pourtant pas allé bien loin. Accroché à un rebord de toit, hors d'atteinte, il se refusait à s'éloigner plus de sa proie.

Intrigué par le manège du corbeau, l'homme s'approcha. Ganté, botté pour la monte, emmitoufflé dans une lourde cape noire que le fourreau de sa rapière soulevait par l'arrière, il était coiffé d'un chapeau sans panache et dont le large bord était redressé à droite par une broche d'argent. Il était grand, mince pour autant que l'obscurité et son manteau d'hiver permettaient d'en juger. Sa démarche était souple, assurée mais prudente : le tapis neigeux crissait à peine sous son pas.

Tandis qu'il avançait vers l'arche, il guettait du coin de l'oeil le corbeau qui l'observait de plus en plus nerveusement jusqu'à bientôt ne plus pouvoir contenir de frénétiques battements d'ailes.

(...) A la lumière de l'âtre, Hannelore découvrit un visage maigre, grave, marqué par la fatigue. Ses joues étaient râpeuses ; sa moustache et son bouc méritaient d'être raffraîchis. L'homme devait avoir dépassé la quarantaine. Ses tempes grisonnaient sous le masse de ses cheveux noirs assez longs pour caresser le col largement étalé de sa chemise mousquetaire. Il était plus grand que Jacob,  très mince, le corps sec. Mais ce n'était pas sa stature ni son allure qui frappaient l'imagination de la petite bonne. C'était le feu terrible et calme de ses yeux gris, c'était ce regard qui vous pénétrait l'être, tisonnait l'âme, et laissait dans la mémoire comme la marque incandescente d'une culpabilité étouffée jusqu'alors, infondée peut-être, mais désormais trop vivace pour rester ignorée. "

(...)

" (...) Kantz fit quelques pas prudents, tous les sens en éveil. Un fugitif reflet pourpre parcourut la lame nue de sa rapière, de la garde à la pointe. Ce qu'il ne voyait pas, le chevalier pouvait le deviner. Immobile, il balaya la pénombre du regard et marmonna quelques mots dans un idiome étrange qui pouvait être de l'hébreu, la langue sacrée de la kabbale. Un feulement rauque retentit alors. Kantz sourit : il ne s'était pas trompé.

" Montre-toi, dit-il à voix haute tandis que la paume de sa main gauche le picotait. Tu sais que je finirai par te débusquer... "

Un deuxième feulement lui répondit.

(...) Il fit un pas, deux pas, trois pas. Le pentacle tatoué sur sa paume le démangeait plus de seconde en seconde. (...)

Enfin la créature accepta l'inéluctable et, de l'autre bout du couloir, fit face à Kantz qui l'attendait, le regard sûr. Avec un hurlement de rage, elle courut vers lui, prit son élan, bondit. De profil, la rapière suivant la ligne de sa jambe droite en retrait, Kantz tendit le bras gauche. Il ouvrit la main, exhiba sa paume tatouée au démon terrifié. Le pentacle rougeoya comme une braise attisée.

" Meurs ", ordonna Kantz.

Le démon poussa un cri strident d'agonie.

Il n'était déjà plus que vapeur lorsqu'il arriva sur son bourreau. "

Pierre Pevel au Trolls & Légendes en 2011

Pierre Pevel au Trolls & Légendes en 2011

Ma NOTE : 5/5

Sans surprise j'ai vraiment adoré cet univers. Je ne saurais dire si j'ai plus aimé que Les Lames... on va dire que ces deux cycles sont forts différents même si pas mal de similitudes subsistent non pas sur le fond mais sur la forme. On a des archétypes de personnages communs aux deux univers mais bon, il est indéniable que la Trilogie de Wielstadt est bien plus sombre. Les descriptions sont particulièrement bien écœurantes (dans certaines situations) si bien que le côté " polar fantastico-historique " est plus que sympathique.

Pierre Pevel est vraiment sans conteste le maître de la fantasy historique et la qualité de sa plume n'a rien a envier à un certain Alexandre Dumas à qui il rend un hommage certain.

Bon on va pas aller jusqu'à dire qu'on a un côté George R.R. Martin mais bon, certains personnages " secondaires " s'en prennent vraiment plein la ..... et la violence de l'univers est palpable à chaque seconde. Même si la fée Chandelle pourrait amener ce petit côté de " fairy tale " non, vous n'êtes point du tout dans un conte de fée. La triste réalité de la guerre n'est rien comparé à la noirceur des forces de l'Ombre, à la bestialité des instincts humains vénaux, de la corruption, des tractations pour flatter des égos assoiffés de pouvoir & de richesses. Mais l'œuvre interroge aussi grandement sur la rédemption de son sombre héros. Kantz, un anti-héros ? Un chevalier noir héroïque ? Vu la façon dont se termine l'ultime chapitre, les questions subsistent et nous permettent d'espérer une prochaine suite... un jour... peut-être ? Enfin... je l'espère car selon moi il reste beaucoup de matière à cela.

Les anecdotes historiques, néanmoins, très nombreuses (au même titre que les rappels d'un tome à l'autre) pourraient passer pour " lourds " pour certains. Mais étant passionnée d'histoire, je n'en ai nullement souffert, au contraire même on est souvent poussé à aller vérifier soi-même histoire de voir si Monsieur Pevel est resté dans le "réel" historiquement parlant ou alors s'il a fortement dévié. Et c'est selon moi ce qui fait la force d'une œuvre de ce type : lorsque le lecteur est invité ou ressent le besoin d'aller plus loin, d'explorer par lui-même certains points soulevés par l'auteur et cherche à obtenir par lui-même des réponses.

En somme, les quelques critiques que je pourrai formuler me semblent bien dérisoires face à une (première) œuvre (ne l'oublions pas) d'une telle qualité aussi bien narrative, que fictionnelle ou encore rédactionnelle. Oui nous avons des personnages qui s'expriment comme l'on s'exprimait il y a 400 ans, l'immersion n'en est que plus facilitée. Et pour celles & ceux que cela pourrait gêner (oui le langage SMS est notre fléau moderne dirons-nous) je terminerai en leur disant que la culture c'est bon la santé, alors mangez-en car ça ne fait pas du tout grossir (ou plutôt si, ça fait grossir mais uniquement le cerveau et ce n'est pas plus mal ! ).

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