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Chers aventuriers égarés, bienvenus dans mon royaume souterrain où le Chaos, les Ténèbres et la Folie sont les seuls maîtres à bord ...

25 Jun

L'Alchimiste des Ombres, Pierre Pevel, 2009

Publié par Benedict Mitchell  - Catégories :  #Alcôves

Alessandra di Santi, dit L'Italienne ...

Alessandra di Santi, dit L'Italienne ...

4EME DE COUV' :

" A peine remis de leurs dernières aventures, La Fargue et ses Lames du Cardinal doivent une nouvelle fois reprendre du service. En effet, la très belle et très dangereuse Alessandra Di Santi, célèbre espionne connue sous le surnom de l'Italienne, les prévient d'un complot visant le trône de France et impliquant leur plus ancien adversaire : l'Alchimiste des Ombres, un dragon dont le seul but est de mettre à bas le royaume. Leur mission ne s'annonce donc pas de tout repos, d'autant qu'un danger bien plus grand semble menacer la France.

Deuxième tome d'une série qui rend brillamment hommage aux meilleurs romans de cape et d'épée, l'Alchimiste des Ombres est une oeuvre de fantasy historique remarquable, déjà traduite en dix langues. "

A peine terminé le premier tome des Lames du Cardinal qu'on entre dans l'action de ce second opus de plein fouet : une bataille étrange, auréolée de mysticisme, teintée d'étrange au fin fond d'une clairière quelque part en territoire ennemi ... qui sont ces défenseurs de Saint-Georges et que vont-ils aller combattre ? Après le tumulte du combat, nous reprenons le récit (presque) là où nous l'avions laissé lors de l'épilogue du précédent tome, heureux de retrouver nos fines lames : La Fargue, Agnès, Saint-Lucq, Leprat, Marciac, Almadès et même cette bonne vieille poivrasse de Ballardieu de même que le p'tit nouveau Laincourt, sans oublier le petit personnel de l'Hôtel Particulier de l'Epervier.

L'intrigue de L'Alchimiste des Ombres, de même que sa construction, diffèrent largement du premier tome qui nous présentait vraiment un univers à part et très riche en couleurs. Nous pénétrons plus profondément dans le Paris du 17ème siècle, de ses complots et intrigues, des composantes de la magie draconique, de ceux qui la combattent (et on apprend qu'ils existent quand même). De nouvelles créatures apparaissent, outre les vilaines syles (des espèces de salamandres particulièrement audacieuses et dangereuses), on découvre les tarasques, transfuge mi-bovin mi tricératops (si j'ai bien visualisé grâce à la description de Monsieur Pevel).

Une tarasque qui manoeuvre en plein Paris son très lourd chargement ça créé des embouteillages, hé oui ma bonne dame !!

Une tarasque qui manoeuvre en plein Paris son très lourd chargement ça créé des embouteillages, hé oui ma bonne dame !!

Alors que dans le tome précédent on découvrait les intrigues de la Comtesse de Malicorne qui oeuvrait sournoisement pour créer une loge française de la Griffe Noire (société secrète visant à rétablir la suprématie des Dragons en Europe) et qui échoua lamentablement, nous la découvrons à présente inoffensive, dans le même état physique que lorsque nous l'avions quitté, hâtivement sauvée par le borgne-ranceux Salveda, homme de main de la Griffe Noire.

Mais le danger semble venir d'ailleurs, un ancien ennemi redoutable, l'Alchimiste des Ombres (l'un de ses nombreux petits sobriquets) est déterminé à se venger ... en particulier d'un vieil ennemi, un certain capitaine qui, avec ses Lames d'élites, reçoit ses ordres du Cardinal ...

Outre la menace d'un complot qui viserait la couronne de France, le danger semble plus que certain et les Lames sont prestement priées d'enquêter, chacun utilisant ses compétences du mieux qu'il le peut tandis qu'une nouvelle intrigante fait son apparition, le divine Duchesse de Chevreuse qui traîne dans son sillage le très sombre Mauduit, son maître de Magie, mais qui ne semble pas être ce qu'il paraît être ...

Le pas très engageant Mauduit, maître de magie de la Chevreuse (et qui devait à l'origine être la couverture de ce second tome, choisie par le dessinateur Hervé Leblan, mais on lui préféra de très loin la très belle représentation de l'Italienne entourée de ses jumeaux dragonnets et de sa vyverne très courageuse et endurante ...)

Le pas très engageant Mauduit, maître de magie de la Chevreuse (et qui devait à l'origine être la couverture de ce second tome, choisie par le dessinateur Hervé Leblan, mais on lui préféra de très loin la très belle représentation de l'Italienne entourée de ses jumeaux dragonnets et de sa vyverne très courageuse et endurante ...)

Que dire donc concrètement de ce second tome ? Et bien qu'on ne s'ennuie évidemment pas une seule seconde et qu'on tremble très souvent pour nos fines lames. Néanmoins certains personnages prennent davantage d'ampleur ici, et sont même proches d'être de vrais dieux vivants (ou super héros), je pense au très charismatique Saint-Lucq, le sang-mêlé surhomme dont j'espère dans le dernier tome en apprendre plus sur ses origines et ses particularités.

Le passé de nos fines lames semblent aussi les rattraper : la rance de Leprat, le terrible secret de La Fargue et ce qu'a pu devenir sa fille cachée, le passé de la Baronne qui apparemment aurait dû être promise à un tout autre destin .... autant d'arcs narratifs qui seront développés à n'en pas douter dans le dernier tome (du moins je l'espère).

L'Alchimiste des Ombres, Pierre Pevel, 2009
L'Alchimiste des Ombres, Pierre Pevel, 2009

< EXTRAITS >

" Une quinte de toux a réveillé l'Alchimiste. Recroquevillé sur sa paillasse, il tousse à s'écorcher les poumons. La crise est douloureuse, longue à passer avant qu'il puisse s'étendre sur le dos et, les bras en croix, le visage luisant de sueur, reprendre son souffle. L'Alchimiste - ce n'est pas son véritable nom, seulement celui sous lequel certains le désignent et le craignent - se sent usé. Il est un dragon et son corps humain le fait de plus en plus souffrir. Il peine à le dominer. Il sait qu'il est un monstre, un monstre tourmenté dans sa chair parce que sa nature profonde se révolte. Pour autant, retrouver sa " forme première " lui est presque devenu impossible. C'est chaque fois une épreuve, une lente torture qui menace de le tuer et lui laisse des séquelles.

Dehors l'aube pointe.

L'Alchimiste s'assoit sur sa couche en laissant la couverture glisser le long de sa poitrine osseuse. Il est grand et maigre, avec un visage émacié d'une pâleur morbide, des yeux d'un gris glacial et des lèvres presque absentes. Il s'est couché tout habillé dans la pièce qu'il s'est attribué depuis que ses mercenaires et lui font étape dans ce manoir abandonné. Voilà déjà deux jours et deux nuits qu'ils y campent et perdent un temps précieux. Par sa faute. Ou plutôt par celle de l'épuisement et des douleurs qui ne lui permettaient plus de chevaucher. Il va mieux, désormais. Ils reprendront la route aujourd'hui, seront demain en Lorraine, et bientôt en France où l'Alchimiste pourra poursuivre des affaires trop longtemps négligées. "

(...)

" Des trois dracs gris qui avaient suivi Saint-Lucq dès son arrivée sur l'île de Notre-Dame-aux-Ecailles, deux gisaient morts dans une boue que leur sang achevait d'assombrir, au fond d'une ruelle où ils avaient cru pouvoir faire facilement un sort à une victime armée, certes, mais solitaire et visiblement inconsciente des dangers qu'elle courait. Quand au troisième, il était tenu en respect par la pointe d'une rapière qui lui griffait la glotte, et il tentait de comprendre comment celui qu'ils suivaient avait pu les surprendre et les vaincre. Ils étaient tous les trois entrés l'épée au poing dans cette ruelle, leurs sens dracs fouillant les ténèbres et le silence, et soudainement la mort avait frappé par deux fois.

Dans l'obscurité nocturne, avec deux petits disques rouges en place des yeux, Saint-Lucq n'était qu'une silhouette brandissant à l'horizontale une rapière qui ne tremblait pas et dont la lame accrochait un rien de pâleur lunaire.

- D'abord, tu vas écouter, dit-il d'une voix calme. Ensuite, tu vas réfléchir. Et enfin, tu vas parler ... Ne parle pas avant d'avoir réfléchi et, surtout, ne parle pas avant d'avoir bien écouté. Est-ce entendu ? Tu peux répondre.

- Oui, fit le drac.

- Parfait. Voici venu le moment où tu écoutes. Sept dracs noirs. Des mercenaires. Il y a cinq jours qu'ils sont à Paris et cinq jours aussi que nul ne les a vus. Ce qui ne peut signifier qu'une chose : il y a cinq jours qu'ils se cachent aux Ecailles. Je veux les trouver et je compte que tu m'aides en cela. Pour autant, je n'espère pas que tu me conduises à eux. Je me satisferai d'un renseignement ou deux. Juste cela, mais rien de moins ... As-tu bien compris ce que je viens de dire ?

Le drac, toujours immobilisé par l'estoc qui menaçait de lui trouver la gorge, acquiesça.

- Bien, fit Saint-Lucq. C'est à présent le moment où tu réfléchis ... "

Saint-Lucq, toujours égal à lui-même ...

Saint-Lucq, toujours égal à lui-même ...

MA NOTE : 5/5

Une fois encore ce second tome de la trilogie des Lames du Cardinal est une véritable réussite. J'aurais même envie d'attribuer un 6/5 !!! Même si de nombreuses questions subsistent encore à la fin de ce roman (et encore un sacré cliffangher nom de dieu !) nul doute qu'elles trouveront leur épilogue dans Le Dragon des Arcanes, l'épilogue de cette magnifique trilogie.

De l'action, de l'épique, du mysticisme, des duels haletants, de l'humour, de la grandeur, du faste, de l'historique, du fantastique, de l'occultisme draconique, des ordres guerriers/magiques, des intrigues, des complots, des trahisons, de la vengeance, du suspens, de la politique royale ... tous les ingrédients sont ici réunis pour faire de ce livre un incontournable de la fantasy historique.

Je serais plus à même de fournir une chronique plus détaillée et complète lorsque j'aurai dévoré l'ultime tome de la trilogie bien évidemment. Mais pour l'heure je ne suis absolument pas déçue et j'ai même préféré l'Alchimiste des Ombres aux Lames du Cardinal, peut-être aussi parce qu'il n'y avait plus besoin de présenter le décor et d'introduire tout ce beau monde, on entre directement dans l'action et on peut explorer plus en profondeur cet univers particulier.

M'enfin ... j'ai quand même une question qui me brûle les lèvres : où peut-on se procurer l'un de ces adorables dragonnets ? Parce que bon, faut être honnête, ça a l'air quand même bien plus sympa qu'un chat ou un chien, non ? Bon, je vous accorde que c'est pas le familier qui reste sagement à vous attendre à la maison docilement couché dans sa cage, certes, mais quand même, ça en impose quand même sacrément beaucoup !!!

L'Italienne et ses deux dragonnets, les jumeaux Scylla & Charybde

L'Italienne et ses deux dragonnets, les jumeaux Scylla & Charybde

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