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Chers aventuriers égarés, bienvenus dans mon royaume souterrain où le Chaos, les Ténèbres et la Folie sont les seuls maîtres à bord ...

16 Feb

" Year Zero " de Nine Inch Nails (2007)

Publié par Benedict Mitchell  - Catégories :  #Ambiances

" Year Zero " de Nine Inch Nails (2007)

On en revient encore au chiffre 6 : sixième album studio du projet Nine Inch Nails derrière lequel se cache le virtuose Trent Reznor. Ici Trent s'éloigne du métal industriel qui l'avait propulsé vers les sommets depuis une dizaine d'année pour nous proposer un album-concept étonnant aux fortes sonorités de rock-electro indus. Et comme le gars a une créativité bouillonnante et explosive, il s'accompagne (comme lors de chaque album de NIN) d'un album de remixes (fait par lui-même et sa garde rapprochée) qui comporte quelques magnifiques versions revisitées de " Year Zero ".

Cet album a une résonance particulière pour moi. En 2004 j'élabore, guidée par les énergies mystérieuses de l'Inspiration une certaine oeuvre littéraire. 3 ans plus tard, Trent Reznor nous sort cette petite merveille et je la découvre seulement 7 ans plus tard, en 2014. Pourquoi est-ce particulier pour moi ? Tout réside dans le concept de ce " halo 24 " (pour les non initiés il s'agit de l'autre nom officieux de l'album).

Reznor le dit lui-même : Year Zero est la bande originale d'un film qui n'existe pas (encore). Ou plutôt qu'un film dont nous sommes nous-même les héros bien malgré nous : celui d'un troupeau de moutons aveuglés par le système et ses dirigeants corrompus. Jusqu'au jour où il est trop tard ... Avant d'aller un peu plus jugez par vous-même de l'artwork de l'album ...

" Year Zero " de Nine Inch Nails (2007)" Year Zero " de Nine Inch Nails (2007)
" Year Zero " de Nine Inch Nails (2007)" Year Zero " de Nine Inch Nails (2007)

" Year Zero " c'est une catastrophe qui vient de se produire et sur laquelle Reznor se complait à déverser sa haine de notre système (et il a bien raison). Quelle catastrophe ? Les interprétations sont diverses : attaque extra-terrestre, explosion nucléaire, coup d'état d'un gouvernement totalitaire à forte mouvance religieuse ....

" Year Zero " de Nine Inch Nails (2007)

Il devient vite évident que le visage du monde dépeint par Reznor a changé ... ou plutôt faut-il le prendre comme un avertissement de ce qui nous pend au nez si nous ne nous réveillons pas pour remettre en question ce système inégalitaire, cupide et cruel dans lequel nous vivons.

Reznor a peut-être vieilli, s'est débarassé de ses anciennes addictions et vieux démons, est plus posé mais il n'a rien perdu de sa diatribe vindicative d'antan. Il ne faut pas oublier qu'en 2007, l'Amérique est dirigée par le puritain et belliqueux George W Bush, ce qui peut expliquer qu'une certaine mouvance artistique se soit insurgée de cette politique " mensongère " (on se souvient de Green Day, Metallica et j'en passe qui avait singé l'ancien président américain et ne s'étaient pas privés de lui lancer de sévères critiques).

Reznor évoque les dangers d'une nation-religion et de l'endoctrinement idéologique mais aussi la menace nucléaire qui plane au dessus de nos têtes comme une épée de Damoclès, l'inactivité et la zombification de masse opérée par nos dirigeants sur les populations etc ... des thèmes toujours d'actualité d'ailleurs !

Commençons donc le voyage à partir de l'année Zéro, un nouveau point de départ (ou l'année du renouveau / de la fin - la nôtre ?) :

Hyperpower, une intro énergétique rythmée et punchie sous fond de marche militaire. Le ton est donné : le peuple doit marcher ou crever, " ils " débarquent et sont prêts à nous soumettre. La réaction de Reznor : survivre !

The beginning of the End démarre sur les chapeaux de roue : véritable hymne du nouveau visage de NIN. C'est le début de la fin. Reznor rappelle que les signes étaient là mais que nous étions trop préoccupés par des futulités pour réagir. La cupidité de l'Homme, son nombrilisme, sa propention à se croire toujours supérieur, à exploiter les siens et ceux qu'il estime inférieur à lui, son obsession à en vouloir toujours plus ... jusqu'au jour où ça nous retombe sur le coin de la tronche et boilà que nous y sommes enfin arrivés .... Le maître de cérémonie se gausse de notre incrédulité et de notre misérable condition (et une fois encore il a bien raison). Alors maintenant, que faut-il faire selon le pape de l'indus ? Se battre .. ça serait déjà bien oui.

 

Survivalism, troisième piste : une vision plus moderne et synthétique du célèbre Wish de NIN qui avait envoyé Trent Reznor vers les sommets, 15 ans plus tôt (hé oui, déjà ...). Ici il y dénonce clairement les dérives d'un gouvernement totalitaire. On sent l'influence du célèbre " Big Brother is watching you ". La répression est là et Trent doit utiliser les armes qu'il a à sa disposition : ses poings, un plan ...

The Good Soldier va plus loin dans le tableau : c'est la guerre ! Reznor hallucine : comment tout cela peut-il être réel ? Il essaye de voir, de comprendre mais ça n'est pas l'endroit où il devrait être. Une magnifique chanson, mélodieuse mais énergique ! Reznor nous régale ...

Vessel nous embarque vers d'étranges contrées sonores (" le vaisseau "). Une introduction inquiétante et presque malsaine. La propagande du régime totalitaire, de la nouvelle menace essaie de s'insinuer en lui pour le formater et en faire un être docile. Quel salut ? Se tourner vers Dieu ? " Oh my God ! I don't think I can last here ! "

Me I'm not nous ramène à la sombre réalité : tout cela est bien arrivé, non ce n'est pas un cauchemar. Le réveil est dur, n'est-ce pas ? Et peut-on arrêter tout ça ? Non, Trent ne le peut pas ... du moins pas tout seul.

Arrive ensuite une nouvelle pépite, Capital G, le pamphlet contre George W Bush :

" I pushed the button and elected him to office and a
He pushed the button and he dropped the bomb
You pushed the button and could watch it on the television
Those motherfuckers didn't last too long

I'm sick of hearing about the "have's" and "have not's"
Have some personal accountability
The biggest problem with the way that we've been doing things is
The more we let you have the less that I'll be keeping for me

Well I used to stand for something
Now I'm on my hands and knees
Trading in my god for this one
And he signs his name with a capital G
"

Mais on peut aussi y voir une critique de Dieu ... " God ". Musicalement on est une fois encore dans une parfaite réussite, une chanson entraînante dont on retient d'emblée la douce mélodie.

My violent heart nous plonge dans un brouhaha de bidouillages électroniques alternant passages murmurés par un toujours autant énigmatique Reznor et couplets énergiques. Reznor se montre manaçant : " you cannot stop us all ". La résistance s'organise comme elle peut ... à moins que ce ne soit l'implacable machine totalitaire qui continue à avancer en écrasant tout ce qui n'entre pas dans le moule ....

Une autre pépite, The Warning (et le remixe du même titre sur l'album de remixes) nous ramène à la triste réalité. Là on est tenté de croire à la version de l'attaque extraterrestre :

 " Certains disaient que c'était un avertissement, certains disaient que c'était un signe, Je me tenais juste là, quand c'est descendu du ciel, la façon dont ça nous a parlé, tu pouvais le ressentir de l'intérieur, ça nous a dit que c'était à nous de décider .... "

Le compte à rebours est lancé ...

Je passe sur God Given un peu trop orientée " dancefloor " néanmoins les paroles sont malgré tout intéressantes. Meet your Master, une réussite de plus à propos de l'art de la soumission (du peuple) ou d'un individu par un autre ... vous pouvez l'interpréter comme il vous plaira.

The Greater God est un semi-instrumental dans laquel on peut entendre Trent murmurer des termes bien précis : " Breathe ... us in ... slowly ... everything you do .... everything you go .... anything we want .... persuasion ... coercion ... submission .... assimilation ....  ". Le plus grand dieu est le système et il saura vous faire plier de la façon dont il le souhaite (pour vous, pour votre bien à tous, c'est bien connu !).

The Great Destroyer est une pure merveille (de même que son remixe sur l'autre album YEAR ZERO éponyme avec une version plus acoustique que l'originale); le plus grand destructeur c'est bien l'homme. Evidemment, qui d'autre sinon ? " j'espère qu'ils ne peuvent pas voir, le potentiel limité, qui vit à l'intérieur de moi, pour tout tuer, j'espère qu'ils ne voient pas, que je suis le plus grand destructeur ".

Another Version of the Truth, instrumental minimaliste, à la fois sombre et brillant d'une faible lueur d'espoir ...

LA plus belle chanson de l'album (selon moi) arrive enfin ... In this Twilight (et que dire du remixe ci-dessous) :

 

 

C'est le crépuscule ... celui de notre existence ? Peut-être, si nous ne sommes plus capables de distinguer la beauté de la vie, de ses représentants ... alors les ténèbres nous envahiront.

" Watch the sun,
As it crawls across a final time
And it feels like,
Like it was a friend.
It is watching us,
And the world we set on fire
Do you wonder,
If it feels the same?

And the sky is filled with light
Can you see it?
All the black is really white
If you believe it
As your time is running out
Let me take away your doubt
You can find a better a place
In this twilight

Dust to dust,
Ashes in your hair remind me
What it feels like
And I won't feel again
Night descends
Could I have been a better person
If I could only do it all again

And the sky is filled with light
Can you see it?
All the black is really white
If you believe it
And the longing that you feel
You know none of this is real
You will find a better a place
In this twilight
"

Enfin, l'épilogue arrive avec Zero Sum, un ovni sonore et musical qui n'est néanmoins pas dépourvu d'une belle mélodie au piano. La délivrance, la rédemption ?

" Shame on us, doomed from the start
May God have mercy on our dirty little hearts
Shame on us for all we have done
And all we ever were. Just zeroes and ones
".

 

Ma note : 9/10

Un album particulier dans la discographie de Trent Reznor mais qui reste très réussi et les paroles sont fortes et lourdes de significations. Encore aujourd'hui, je trouve que le massage porté par cette oeuvre est très important, faisait d'elle une oeuvre visionnaire et peut-être d'anticipation. De plus, lors de sa sortie en 2007, Trent est passé par un circuit non traditionnel avec le jeu de piste qu'il avait lancé sur le net à l'intention de ses fans, mettant en ligne gratuitement la plupart des morceaux grâce à une sorte de chasse au trésor des plus énigmatiques.

Musicalement, un album réussi qui fait toujours la belle à ce mix entre instruments classiques et bidouillages, innovations électroniques, ce qui est la marque de fabrique de Trent Reznor : toujours expérimenter et ouvrir les yeux des gens sur ce qui nous entoure ...

Décidément, un album qui compte beaucoup (et énormément pour moi car une vision artistique similaire à la mienne, sauf que chronologiquement, j'ai eu 3 ans d'avance sur lui mais je ne l'ai su que 10 ans plus tard).

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