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Chers aventuriers égarés, bienvenus dans mon royaume souterrain où le Chaos, les Ténèbres et la Folie sont les seuls maîtres à bord ...

14 Feb

Une petite nouvelle pour la St Valentin, " Sois ma Valentine ! " de Benedict Mitchell

Publié par Benedict Mitchell  - Catégories :  #Les Maux

Une petite nouvelle pour la St Valentin, " Sois ma Valentine ! " de Benedict Mitchell

Et oui, actualité oblige, j'ai eu envie de fêter la St Valentin à ma manière ... Plutôt que de palabrer inutilement, je vous laisse juger par vous-même et n'hésitez pas à me donner votre avis (+ ou -, promis je ne vous censurerai pas bien que je fasse ce que je veux ici-bas ! ).

Avis aux amateurs de romantisme : passez votre chemin ! Ici c'est du trash, du sordide ... la vraie vie quoi (parfois) ! Bonne lecture !

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SOIS MA VALENTINE !

Dès l'instant où il l'avait vu pour la première fois, il l'avait désiré si fort qu'elle n'avait plus jamais quitté ses pensées. Rebecca – c'était son prénom – était une artiste qui excellait dans la création de véritables chefs-d'œuvre. Elle leur donnait vie par le biais de la souffrance qu'elle infligeait à ses clients au moyen de tout un assortiment d'aiguilles. Elle était tatoueuse professionnelle et dirigeait un salon très prisé et réputé. Simon fit sa connaissance, complètement par hasard, lorsqu'il passa devant cette boutique qu’il voyait pourtant quotidiennement car elle se trouvait sur la route de son travail. Il était documentaliste au centre d'archives de la ville. Ce jour-là, un froid mardi de Février, le hasard avait provoqué cette funeste rencontre. Au moment même où il arrivait au niveau de L'Encre Maligne, le salon de tatouage de Rebecca, il manqua de rentrer en collision avec une femme qu'il n'avait pas vu, trop occupé qu'il était à ruminer une énième rupture. Une fois encore, la gent féminine le fuyait, lui qui était pourtant si beau garçon avec son 1m85, ses 75 kilos de muscles, sa silhouette élancée et sportive, son visage qu'on remarquait tant il semblait être la copie d'un antique Apollon, ses cheveux mi-longs blonds aux boucles naturelles et ses yeux verts magnétiques. Simon était le genre de jeune homme qui, à l'aube de la trentaine, ne passait pas inaperçu et pourtant... Une fois passé le stade de la première impression, elles finissaient toutes par le fuir. Simon ignorait pour quelles raisons et avait mis ça sur le compte d'une espèce de malédiction. Son karma s'escrimait à faire avorter toute nouvelle relation amoureuse naissante. Mais ce matin-là, lorsqu'il manqua de renverser cette jeune femme si atypique et originale, il eût l'impression que le ciel s'ouvrait pour faire apparaître devant lui un ange. Un ange d'un genre assez particulier et peu orthodoxe en la présence de cette jeune femme pulpeuse à la chevelure orange. Elle semblait s'être coiffée à l'aide d'un pétard tant ses longues mèches bouclées partaient dans tous les sens. Mais ce qui interpella le plus Simon, ce fut les magnifiques yeux azurs de l'inconnue. Jamais il ne lui avait été donné de voir un tel regard. Elle était très belle avec son look complètement excentrique : elle portait un t-shirt aux grosses rayures noires et blanches horizontales très moulant et décolleté avec des manches 3/4 sur les ruines d'un jean, déchiré de partout et qui laissait entrevoir une couche de résilles violettes en dessous. Son look était très rock'n roll, à la limite du grunge et du gothique car elle portait d'énormes bottes de cuir noires à la semelle très épaisse. Simon avait déjà vu ce genre de godillots sur des gothiques par le passé, des New Rock. Celles-ci étaient particulièrement voyantes avec leurs grosses chaînes remplaçant les lacets, des clous pointus de plusieurs centimètres de longueur recouvraient la quasi totalité de la botte et c'était sans compter les énormes têtes de mort argentées sur la pointe de chaque pied. Simon se demanda comment on pouvait marcher avec de tels engins, la botte devait peser au moins 2 kilos avec tout l'attirail dont elle se composait. Mais sur cette femme cela rendait très bien. C'était son style, ça faisait partie de sa personnalité et les nombreux tatouages qui recouvraient le moindre centimètre carré de sa peau de porcelaine ne laissait aucun doute quand à la personnalité extravagante de la mystérieuse inconnue. C'était une vraie rousse. Simon en eût le souffle coupé et il ne put s'empêcher de sentir ses entrailles le dévorer de l'intérieur. Il voulait la posséder, à jamais. Plus encore que toutes les autres avant elle. Le moment de surprise passé, elle s'était aimablement excusée et avait semblé troublée par la plastique de mannequin de Simon. Timide qu'il était, il n'avait rien trouvé de mieux à faire que de lui sourire, ne sachant quoi lui dire. Puis la vie avait repris son cours et le jeune femme était rentrée dans sa boutique, laissant Simon seul avec lui-même sur le trottoir, l'air pantois. Durant les heures qui avaient suivies il n'avait pu se concentrer sur son travail. La mystérieuse et pulpeuse jeune femme hantait toutes ses pensées. Aussi, sur le chemin du retour il décida de prendre son courage à deux mains et d'entrer à l'intérieur de L'Encre Maligne. Il fut heureux d'y trouver celle qui hantait ses pensées, assise derrière un large comptoir et occupée à pianoter sur un MacBook Air. À peine la porte s'était-elle ouverte qu'un carillon se mit à résonner dans un tintement cristallin et aérien. La belle aux cheveux de feu releva la tête et lui adressa un sourire radieux. Elle l'avait reconnue.

- Re ! lui lança-t-elle, le regard envoûteur.

- Bonsoir..., répondit-t-il, un peu trop timidement.

Simon avança vers elle avec maladresse. Les idées fusaient à toute vitesse dans son esprit. Il lui fallait trouver quelque chose. Un prétexte pour amorcer la conversation, pour la charmer, et pouvoir vite la posséder. Heureusement pour lui, la jeune femme était très à l'aise avec les gens.

- Je peux vous renseigner peut-être ? C'est pour un projet ?

- Heu... oui... c'est ça, acquiesça-t-il d'une voix suave.

Sa motivation et son irrépressible envie de la prendre étaient plus fortes que sa timidité maladive.

- OK ! lança-t-elle, enjouée. Vous avez une idée précise de votre projet ? Ou vous souhaitez peut-être consulter mes créations ?

- Non. Je sais précisément ce que je veux.

Son attitude avait sensiblement changé. Simon connaissait un regain de confiance et cela se ressentait dans l'intonation de sa voix. La jeune femme semblait sous le charme. Simon pouvait voir briller cette lueur lubrique au fond de son regard, du moins le pensait-il. La réalité était toute autre : la tatoueuse avait le sens des affaires, c'est tout.

- Vous avez dessiné quelque chose ?

- Pas besoin.

Décidément, elle commençait à être de plus en plus intriguée par cet étrange inconnu charismatique. Elle sortit une feuille blanche vierge d’un tiroir derrière le comptoir et la posa sur le plan de travail. Mais avant qu’elle ne lui demande s’il pouvait lui donner davantage de précisions, Simon s’empara du crayon qu’elle tenait dans sa main droite et griffonna rapidement quelque chose sur la feuille. Avec un sourire charmeur il lui tendit son crayon. La jeune femme jeta un œil en direction de la feuille de papier, surprise, s’attendant à y découvrir un croquis dessiné à la va-vite et ne sembla pas comprendre ce qu’elle voyait.

- Des numéros ? C’est votre portable ?

- Oui. Enregistrez-le précieusement, commanda-t-il, sûr de lui. Trop.

- Je vous demande pardon ? s’impatienta-t-elle.

- C’est mon numéro. J’aimerai vous inviter à dîner. Demain soir.

Elle était médusée. C’était bien la première fois qu’on venait la draguer aussi brutalement. Elle n’avait pas l’habitude de recevoir des ordres. C’était elle qui menait la danse en matière de drague et de plans cul d’un soir.

- Je ne suis pas dispo.

- Je pense que vous le serez. À demain… vous vous appelez comment au fait ?

- Euh… Rebecca… Mais n’insistez pas, je ne viendrai pas.

- Vous changerez d’avis Rebecca. À demain soir.

Sans plus de cérémonie il s’éclipsa aussi rapidement qu’il était entré dans la boutique et disparu à l’extérieur. Rebecca était toujours choquée par ce à quoi elle venait d’assister.

Il se prend pour qui ce trou du cul ? Non, personne ne lui avait jamais ordonné quoi que ce soit et ça n’était pas aujourd’hui que ça allait commencer. Mais demain était un autre jour, celui du 14 Février et de la Saint-Valentin. Tout était possible ce jour-là. Simon en était persuadé et il ne tarderait pas à le vérifier par lui-même.

*

Simon arriva à L’Encre Maligne dix minutes avant la fermeture, le lendemain soir. La ponctualité était l’une de ses qualités. Il tenait une petite boîte rouge en forme de cœur sous le bras et était habillé avec élégance : un pantalon de tweed à petits carreaux en coupe slim, d’élégantes chaussures de ville en cuir noir finement travaillées et à bouts pointus, une chemise cintrée blanche et une veste de tailleur noire. Il portait une besace de cuir en bandoulière, laquelle semblait lourdement chargée. Rebecca avait oublié « l’incident » de la veille mais quand la porte de la boutique se referma sèchement à quelques minutes de l’heure de fermeture, la mémoire lui revint aussitôt. Oh merde ! V’là le boulet d’hier ! pensa-t-elle avec désespoir. Il s’agissait maintenant de s’en débarrasser aimablement. Qu’est-ce qu’elle détestait les mecs imbus d’eux-mêmes et trop sûrs de leur pouvoir de séduction. Lorsqu’elle le regarda elle ne put s’empêcher de constater qu’il était effectivement très canon et qu’elle se serait bien laissée tenter. Mais elle n’avait pas apprécié sa façon trop cavalière de la draguer la veille.

- Vous êtes venu pour rien, j’en ai bien peur, lui dit-elle en guise de salutation.

- Je ne crois pas, gente dame… lui répondit-il en lui adressant un clin d’œil.

Nan mais je rêve là ? Il se prend pour qui ce bouffon ?

Sans perdre sa contenance il avança d’un pas déterminé vers Rebecca et déposa avec un dédain faussement feint la boîte de chocolats en forme de cœur qu’il tenait sous le bras.

- Quelques douceurs à la merveille que vous êtes pour mes yeux…

Rebecca ne put s’empêcher d’éclater de rire. Un rire un peu trop moqueur au goût de Simon, mais il s’efforça de ne rien montrer de la rage et du désir qui le tenaillaient avec violence. Il s’était soulagé à plusieurs reprises durant la journée, histoire de réussir à se retenir le temps qu’il lui faudrait avant de pouvoir mettre son plan à exécution. Mais il sentait déjà qu’une puissante érection était imminente.

- Allez, susurra-t-il, vous allez bien vous laissez tenter par un chocolat ? Qu’est-ce que vous avez à perdre ? C’est la Saint-Valentin aujourd’hui ! Tout le monde aime le chocolat !

Rebecca fixait la boîte de chocolats, amusée. Ce mec n’était vraiment pas croyable. Il insistait lourdement, il n’avait aucun culot ni aucune peur du ridicule et pourtant, elle avait quand même envie de lui dire oui. Après tout, elle était célibataire et c’était bien la première fois qu’elle s’apprêtait à passer cette stupide fête commerciale toute seule. Un coup d’un soir ne pourrait pas lui faire de mal, bien au contraire…

- Vous alors… y’a pas à dire, vous savez y faire !

Rebecca souleva alors le couvercle et engloutit avec gourmandise un chocolat en forme de cœur.

- Comme c’est mignon, pouffa-t-elle de rire après l’avoir avalé.

- Si vous voulez je peux vous montrer quelque chose d’autre qui est mignon lui aussi… proposa-t-il, une lueur soudainement menaçante dans le regard.

La jeune artiste trembla lorsqu'elle croisa le regard vide du bellâtre fringuant qui la dévisageait placidement. Un air de défi brillait derrière ses iris verts. Elle se sentit soudainement mal. De plus en plus mal. La tête commençait à lui tourner affreusement et une désagréable sensation d’oppression remontait depuis son estomac. L’air était-il en train de subitement se raréfier dans la pièce ? Elle avait un mal fou à respirer. Sa vue se troublait de plus en plus, elle ne distinguait plus qu’une silhouette floue. Seule la voix de l’inconnu lui vrillait les tympans. Il riait, d’un rire mauvais et annonciateur de funestes présages.

- Tu crois vraiment que je vais te sortir le gros jeu et t’emmener au restaurant, pouffiasse ? Alors que j’ai juste à tendre la main pour prendre ce qui me donne envie… à savoir ton cul !

- Que… m’avez-vous…fait… sssss… sale… ordure…

- Le chocolat c’est pas bon pour la santé ! Tu devrais le savoir pourtant… pfff… si en plus de ça je dois refaire toute ton éducation on va en avoir pour toute la nuit

« Toute la nuit », ces trois mots plongèrent Rebecca dans une terreur sourde et inaudible. Qu’est-ce que ce malade comptait lui faire ? St Valentin de merde ! J’m’en souviendrai ! À peine en fit-elle l’amère constatation qu’elle se sentit aspirer par un gouffre sans fond. Les ténèbres l’enveloppèrent aussitôt. Elle ne se rendit pas compte qu’elle venait de s’effondrer lourdement sur le sol.

**

Combien de temps était-elle restée inconsciente ? Elle l’ignorait. Lentement, elle se sentait revenir d’un endroit qu’elle ne voulait surtout jamais retrouver. Mais à mesure qu’une faible clarté renaissait autour d’elle, une effroyable douleur lui cuisait l’entrejambe. Il ne lui fallut que quelques secondes pour réaliser où elle se trouvait et surtout, d’où venait cette brûlure nauséabonde, une femme étant très sensible à ce genre de changement concernant son intimité. Le fils de pute l’avait violé. Combien de fois ? Elle l’ignorait, mais à présent elle pouvait discerner une masse sombre à l’autre bout du débarras de sa boutique, bien à l’abri des regards et de la rue. Aucuns risques qu’on l’entende appeler à l’aide car elle était bâillonnée avec une cravate. Le comble du mauvais goût, se surprit-elle à penser.

- Enfin, t’es réveillée salope !

Elle se sentait toujours très nauséeuse. Elle se demanda avec quelle merde il l’avait drogué car c’était sacrément puissant. Néanmoins, sa volonté était intacte. Elle refusait de se faire malmener encore et encore, il lui fallait réagir. À mesure que sa vue retrouvait sa normalité, elle scanna la pièce furtivement, à la recherche du moindre détail susceptible de pouvoir l’aider à s’échapper de ce cauchemar éveillé. C’est à quelques centimètres d’elle, sur la gauche, qu’elle la vit : la fameuse boîte de chocolats empoisonnés. Il avait pensé à tout et à emporter la moindre preuve loin de l’accueil de sa boutique, histoire de ne pas attirer les regards depuis la rue. Dégoûtée, elle réalisa qu’elle ne pouvait pas bouger les bras, attachés par deux paires de menottes à un tuyau qui serpentait derrière elle le long du mur. Seules ses jambes étaient libres mais la douleur dans son bas ventre se réveillait à mesure qu’elle retrouvait ses esprits. Et que pourrait-elle bien faire d’une boîte de chocolats farcis de poison ? Se suicider ? C’était hors de question. Elle n’eut pas le temps de réfléchir à une autre piste qu’il se précipita sur elle, complètement nu et visiblement très désireux de la profaner de nouveau.

- Ah… tu n’imagines pas à quel point tu vas me rendre heureux ce soir ! J’ai un appétit insatiable… je n’ai encore trouvé aucune fille qui puisse tenir dans la durée et me satisfaire comme je le mérite… elles sont toutes parties

Rebecca frissonna : elle venait de comprendre ce qu’il voulait dire par « parties », elles n’étaient plus de ce monde, il avait dû les faire disparaître, à sa manière.

Putain ! Mais qu’est-ce que je vous ai fait pour mériter ça ? Rebecca, en cet instant, aurait tellement voulu recevoir un signe, une réponse, n’importe quoi. Mais alors que Simon se frottait contre elle, prêt à lancer un nouvel assaut d’un instant à l’autre, la providence se manifesta d’une manière surprenante et inattendue. Le visage de Simon se contracta en un affreux rictus de douleur. Il semblait vouloir hurler mais aucun son ne sortait de son larynx. Rebecca était terrifiée : qu’est-ce qui lui prenait ? Très vite, le corps entier de son tortionnaire fut parcouru d’horribles convulsions. Des spasmes irradiaient à travers tout son être et une fraction de seconde plus tard, il s’écroula, inerte, sur elle. Mort. Terrassé par un mal mystérieux. Quelque chose de chaud et de pâteux commença à couler de la bouche de Simon pour se déverser sur la poitrine de Rebecca. Elle voulait hurler de terreur mais elle ne pouvait que gémir silencieusement. Elle comprit alors de quoi il s’agissait : du chocolat liquide ! Ce con avait visiblement bouffé son chocolat fourré de saloperies ! Très certainement par inadvertance, alors qu'il était plongé dans un état second, la transe du violeur psychopathe, peut-être. Rebecca fut prise d’un horrible fou rire en pensant à l’ironie de la situation. Elle secoua et remua son corps de toute ses forces et parvint, au prix d’efforts physiques surhumains et très douloureux, à faire glisser la dépouille encore chaude hors d’elle. C’était au moins ça. Combien de temps allait-elle devoir rester dans cette posture, jusqu’à ce quelqu’un ne la retrouve ? Jusqu’au lendemain. Toute une nuit à passer dans ce réduit avec le cadavre d’un pervers-psychopathe-violeur et probablement assassin - voir tueur en série - à ses côtés. Rebecca était au bord de la crise de nerfs. Non, elle n’allait pas pouvoir le supporter. Alors, son attention fut captée par la boîte de chocolats au sol, à même pas 30 centimètres d’elle. Et l’ironie de la situation lui sauta aux yeux : elle ne pouvait même pas en finir. Elle repensa alors à ce vieux roman qu’elle avait lu lorsqu’elle était ado, Jessie de Stephen King. Elle allait subir la même chose… la réalité était parfois bien pire que la fiction ! Mais au moins la porte était fermée et elle n’avait pas de chien. C’était déjà ça…

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